[LVD #67] "Entreprendre pour trouver ma place quand aucune case ne me correspond !" - Hannah - GoodBye Salariat

La Vraie Dose 67 : “Entreprendre pour trouver ma place quand aucune case ne me correspond”

La Vraie Dose 67 : “Entreprendre pour trouver ma place quand aucune case ne me correspond”

“Je ne me définis pas par ma profession et je ne saurais pas me définir en 3 mots. Être maman, c’est quelque chose que tout le monde identifie assez facilement. J’ai tendance à me définir par mes filles même si… je suis femme avant d’être maman malgré tout”

Quelque part à l’automne dernier, je fais la rencontre par écrans interposés d’une certaine Hannah. À ce moment là, je commence tout juste à rencontrer des humains entrepreneurs avec une tasse de café sous le petit doigt. Petit à petit, je m’autorise des discussions de fond, un peu plus sincères, je pose les questions que j’ai envie de poser, je commence à comprendre que je vais raconter pas mal d’histoires entrepreneuriales singulières alors j’ai le besoin de m’imprégner. Et je croise donc le cheminement d’Hannah. Je comprends qu’elle a décidé de se mettre à son compte alors qu’elle était enceinte jusqu’aux dents (de là née mon admiration éternelle), qu’elle a embrassé l’entrepreneuriat alors qu’elle est (se pense être ?) un brin réservée (de là née une vraie complicité psychologique), qu’elle en train de se construire une vie qui lui plait après avoir vu cette dernière défiler depuis un bout de strapontin de trains transiliens pendant bien trop d’années (de là reviennent de longs souvenirs de RER D). Clairement, j’accroche avec son côté nature peinture pas spécialement camouflé derrière un sourire pourtant apaisé. Alors, on continue la route entrepreneuriale ensemble. Je la vois avancer sur son projet étape par étape. Elle me soutient bec et ongle dans l’aventure LVD, elle est toujours là pour un mot doux, un pique nique avec la LVD family ou une contribution au financement participatif mensuel. C’est finalement lors de la boum d’anniversaire de La Vraie Dose que l’on se rencontrera enfin en vrai de vrai. Hannah la fougueuse a décidé de prendre son courage à deux mains et s’est jetée dans un train, avec sous le bras son flip en règle de l’entrepreneure qui n’aime pas trop les afterworks mais qui a envie de rencontrer des humains. Spoiler alert : ce n’était pas un afterwork, c’était une espèce d’apéros entre copains entrepreneurs et elle s’y est sentie fort bien, fort elle, fort singulière au beau milieux d’autres entrepreneurs aux chemins tout aussi singuliers. Alors je l’ai sentie tellement en phase avec tout ça, que je me suis dit qu’il était tant que je te la présente tout simplement car son histoire bien à elle risque d’une façon ou d’une autre de résonner bien en toi ! On est repartis sur une nouvelle newsletter qui dira encore une fois que l’entrepreneuriat, ça se passera comme toi tu le voudras.

C’est drôle parce qu’aujourd’hui je m’étais promise de tenter un paragraphe d’introduction un peu plus court mais… du coup ce sera peut-être pour le format de rentrée ? En attendant, je laisse la parole à Hannah qui va donc se présenter à toi en tant que personne humaine tout simplement. Mais alors Hannah, qui est-tu en tant que personne humaine ? “Je suis quoi ? Je suis qui ? J’aurais déjà tendance à me définir comme une maman de 2 petites poulettes, 7 ans et 1 an”. Et là tu te dis mais dis-donc pourquoi la madame choisit de parler de sa maternité en premier (et en même temps si on rentrait dans l’air du “je ne suis pas mon travail, je peux raconter d’autres trucs pertinents pour me raconter”, ce serait peut-être un peu plus douillet) ? “Je ne me définis pas par ma profession et je ne saurais pas me définir en 3 mots. Être maman, c’est quelque chose que tout le monde identifie assez facilement. J’ai tendance à me définir par mes filles même si… je suis femme avant d’être maman malgré tout”.

Évidemment en bonne psychologue de comptoir, j’ai donc envie d’aller creuser ce choix de présentation, comprendre ce que cette vie de maman mise en avant de façon choisie... dit d’Hannah. C’est que bon, on commence à le savoir dans la LVD family, une fois qu’on a compris la personnalité et le vécu de l’entrepreneur invité, on pige le sens même du projet qu’il ou elle a créé ! “Indirectement, je me suis construite au travers de mes filles. Ma première fille, c’est celle qui a fait de moi une maman. C’est aussi celle qui m’a fait grandir puissance 10 000 en fait. J’étais relativement jeune, j’ai vraiment sauté dans le grand bain des adultes avec une énorme responsabilité à savoir : un enfant”. Les papas et mamans de la LVD family nous ont souvent confié ici comment le fait de devenir parent avait en toute sobriété changé leur lecture de la vie, et ceci rarement en ne parlant que du rose bonbon licorne et des paillettes de joie, Hannah ne déroge pas à la tradition. “Ça te tombe un peu sur le coin du nez, j’ai beaucoup déchanté en devenant maman. C’était quelque chose que je voulais très très très fort et ce n’était finalement pas du tout ce à quoi je m’attendais. Ça m’a complètement vrillé le cerveau, entre ce que je pensais que la vie était et ce que la vie était réellement. Quand tu es plus jeune, la vie d’adulte est un vague concept. Quand tu as un enfant, tu deviens responsable tant de la vie humaine que tu viens de créer, que de tout ce qu’il y autour. Et du coup, ça te confronte, ça te forme, ça te change”. Et donc ça, ce n’était que le 1er enfant. Mais il marque l’entrée d’Hannah dans cet endroit si délicieux : la vie d’adulte. “Pour ma 2ème poulette, et bien elle, c’est celle qui a fait l’entrepreneure que je suis aujourd’hui”. Un enfant conçu = un chamboulement introspectif offert !

Alors, nous revoilà sur ce cocktail étrange (#OùEstLaPouleOùEstLOeuf) : parentalité et entrepreneuriat. “Je me suis lancée et j’étais enceinte à peu près jusqu’aux os [ndlr : je n’avais pas menti]. Je n’en pouvais plus, j’étais au bout de ma vie. Et en fait, je me suis dit que je n’avais pas vu la 1ère grandir car je passais ma vie au boulot (je bossais sur Paris avec beaucoup de trajets à la clé). En clair, elle était à la garderie de 6h45 le matin jusqu’à 19h le soir. Je la récupérais et je la mettais au lit car de toute façon… il n’y avait plus que ça à faire....Tout ceci pour un job que je n’aimais pas. Je ne voulais pas recommencer ça avec ma petite dernière. Je savais déjà que je ne voulais que deux enfants (pas envie de réitérer l’exploit 50 000 fois) alors vraiment je me suis dit que je voulais la voir grandir. Je ne voulais pas découvrir toute sa vie à travers des coups de fil de la nourrice qui te dit ‘ah mais elle a fait ça aujourd’hui’...”. Donc à ce moment là, tu sens que Hannah est sur le point de ne surtout pas se priver de prendre la grande décision de sa vie pour une sombre histoire de grossesse bien avancée, nope nope nope c’est pas le genre de la maison.

Hannah est l’entrepreneure invitée de La Vraie 67 sur le fait d’entreprendre pour enfin trouver sa place

Hannah est l’entrepreneure invitée de La Vraie 67 sur le fait d’entreprendre pour enfin trouver sa place

“J’en étais déjà arrivée à la conclusion que je ne parvenais pas à trouver ma place dans une entreprise. À partir du moment où je ne suis pas décisionnaire du début à la fin, ça ne me convient pas. À un moment ou à un autre, t’es forcément bridée, que ce soit dans ton salaire, dans tes choix, dans tes aspirations, dans à peu près tout finalement”

“Du coup, j’en ai profité pour me former à de la rédaction web. À la fin de mon congé maternité, au lieu de prendre un congé parental, j’ai pris une dispo et j’ai monté mon entreprise. Je me suis advienne que pourra, j’ai quelques mois devant moi où je suis à la maison. J’ai un peu de temps pour monter mon truc. Une chose en entraînant une autre, j’ai fini par donner ma démission à la fin de ma dispo”. À ce moment là de la conversation, celui où l’on commence à faire coucou de loin à la phase entrepreneuriale, j’ai envie de comprendre : pourquoi Hannah choisit de se tourner justement vers l’entrerepreneuriat ? Elle aurait pu aussi faire d’autres choix mais ces derniers ne résonnaient pas. “Le congés parental n’était pas une option pour moi déjà financièrement car tu gagnes vraiment 4 cacahuètes et accessoirement car je ne me voyais ne passer mes journées que pour m’occuper de ma fille. Je n’ai pas une fibre maternelle très prononcée, je ne me voyais pas passer mes journées à faire des ateliers Montessori avec ma fille même si je trouve ça merveilleux, ce n’est juste pas mon truc”. Là j’ai vraiment aimé cette franchise, elle touche déjà du doigt ce que l’on abordera plus bas : le stéréotype merveilleux de l’entrepreneure qui monte super bien sa boîte tout en étant dévouée mentalement à ses enfants à chaque instant parce que dormir ou s’épanouir pour soi c’est so 2018. Ce style de maman qui détonne (elle a toujours voulu être mère, elle a repensé sa vie pour voir grandir ses enfants mais elle veut en même temps s’épanouir pour elle même), ça dit déjà beaucoup de la façon dont Hannah entreprend. Elle entreprend son projet comme elle entreprend sa vie : en sortant de là où on l’attend.

Au delà du congé parental, l’autre piste aurait pu être pour Hannah de s’emparer d’un nouveau job. “En prenant un autre job j’avais encore 9 chances sur 10 que ce soit sur Paris donc toujours ce même problème de transport. Et puis, de toute façon, bien en amont de tout ça, j’en étais déjà arrivée à la conclusion que je ne parvenais pas à trouver ma place dans une entreprise. J’en ai fait pas mal dans le privé. Ensuite, je suis rentrée dans une grosse boîte assimilée fonctionnaire, j’y suis restée 12 ans quand même. Mais ce n’est pas ma place non plus. À partir du moment où je ne suis pas décisionnaire du début à la fin, ça ne me convient pas. À un moment ou à un autre, t’es forcément bridée, que ce soit dans ton salaire, dans tes choix, dans tes aspirations, dans à peu près tout finalement. Par nature, c’est logique car tu travailles pour quelqu’un. Je ne le reproche à personne mais moi finalement, ça m’a menée à un burn out”.

Finalement, on réalise que ce déclic de maman était un déclic tout simplement humain qui sommeillait en elle depuis bien plus longtemps. “Après avoir tourné les choses dans tous les sens, j’en étais venue à la conclusion qu’il fallait que je crée mon propre projet”. Et en réalité Hannah avait déjà avancé quelques pions pour commencer à s’ouvrir à une aventure entrepreneuriale. “Avant d’être enceinte, j’avais fait une formation de sophrologue en parallèle de mon emploi salarié pendant 1 an. J’ai fait mon burn out en 2016 et j’ai démarré ma formation en 2017. C’est un domaine qui m’a passionnée dans la notion d’accompagnement de la personne. En revanche, l’aspect thérapeutique, je l’ai mal vécu”.

Et là, on recroise une première route bien connu des cheminements entrepreneuriaux (oui le cheminement entrepreneurial est une personne) : ce 1er projet qui semble nous attirer et qui pourtant n’est pas forcément le bon. Il ne dit pas de nous que nous ne sommes pas faits pour entreprendre mais simplement que nous ne sommes pas faits pour entreprendre ce projet là. “J’ai fait des stages pour valider ma formation. Le truc qui me gênait à chaque fois est que la personne venait à la base pour un problème assez léger mais on en venait forcément à des confidences, des vécus, où mon empathie me désert. Est-ce que c’est moi qui attire ça ? Est-ce que c’est le rôle de thérapeute qui fait ça ? Je ne sais pas. Je me prenais tout dans la figure et je n’arrivais pas à me murer dans ma posture de thérapeute. C’était dur de voir en face de moi quelqu’un en larme au dernier degré. J’avais juste envie de la câliner sauf que bon tu ne fais pas ça. Je me suis dit que je n’allais pas pouvoir passer mes journées comme ça”. À la fin de sa formation, Hannah ne se dit pas vraiment qu’elle ne prendra pas cette direction entrepreneuriale là, elle laisse juste le reste de sa vie reprendre le dessus : mariage, grossesse et déménagement (le genre de choses qui te font un peu perdre la concentration entrepreneuriale). “Je me disais que j’allais voir ça plus tard. De plus tard en plus tard, tu te rends compte que finalement ça ne se fera probablement jamais. J’ai perdu le lien avec ça doucement tout en gardant quand même l’idée d’exploiter tout ce que j’ai pu apprendre mais dans un autre contexte, notamment tout ce qui est suivi pour la confiance en soi. Aujourd’hui j’y pense, notamment pour les freelances débutants. Dans mes accompagnements, c’est quelque chose que j’ai envie d’intégrer pour les personnes qui y seront sensibles. Quand je vois autour de moi le nombre de personnes qui ne se lancent par manque de confiance, je me dis que je ne peux pas laisser faire ça. Mon manque de confiance à moi ne m’empêche plus de faire ce que je veux et j’ai envie de transmettre ça”. La boucle est bouclée : le 1er projet qui n’est pas forcément le bon mais qui sème déjà des graines bien utile dans le baluchon d’entrepreneur.

Justement, revenons à ce baluchon : pourquoi Hannah décide d’aller vers la rédaction web, pourquoi est-ce sa bonne histoire ? “Enceinte, toujours en recherche de ce que j’allais bien pouvoir faire pour gagner ma vie, je me suis rendue compte que l’on pouvait être rémunéré pour blogguer [tenir un blog / faire de rédaction]. Les blogs j’en fait depuis que ça existe, j’ai toujours aimé écrire mais pour moi écrire ne pouvait donc pas être un boulot. Quand j’ai découvert que ça pouvait en être un, surtout sur le web, j’étais trop heureuse”. Hannah démarre alors cette fameuse formation où elle découvre ce tout nouveau champ des possibles qu’est la conception rédaction pour le web, elle se passionne et comprend aussi qu’elle pourra exercer de la maison, donc voir grandir sa fille. “Aujourd’hui, je fais toujours de la rédaction web. J’ai appris à savoir ce que j’aimais de ce que je n’aimais pas. Je n’aime pas écrire juste pour faire du bourrage de mots clés sur les moteurs de recherche. J’aime écrire pour être lue, pour transmettre quelque chose. Faire du contenu pour faire du contenu, ça ne m’intéresse pas. Ça ne veut pas dire que je ne le fais pas toujours car on a tous une réalité alimentaire mais ce n’est pas là où je suis meilleure. J’ai notamment découvert le copywritting où là l’idée est d’écrire dans un but particulier, pour convaincre, dans un style agréable pour le lecture. Le contenu devient vivant, agréable à lire pour qu’il amène de la conversion”.

Quelques mois d’aventures entrepreneuriales plus tard, Hannah a eu un nouveau déclic, une aventure dans l’aventure. “C’est pour tout ça que j’en suis venue à monter GoodByeSalariat donc avec mon choix de dire non au salariat comme son nom l’indique. Là je reviens à mes premières amours en accompagnant les gens à s’accomplir. L’idée est d’accompagner les freelances à gagner leur vie en freelance, de monter une vraie activité en réfléchissant aux tenants et aboutissants, en construisant une véritable offre. On en revient à ce qui me tient à coeur au tout départ : la notion de transmission, le fait de servir à quelque chose pour quelqu’un”. La conviction au coeur de l’accompagnement construit par Hannah est très profonde : aider des aspirants entrepreneurs à se trouver, à s’engager avec le travail et l’ambition pour bâtir le projet qui va les épanouir.. Mais surtout la vie qui va leur permettre de s’épanouir en étant eux-mêmes. Ça, c’est juste l’histoire d’Hannah, le pourquoi de son aventure entrepreneuriale, ce sur quoi elle voulait bavarder intensément avec toi aujourd’hui. 

Hannah est la fondatrice de GoodByeSalariat un accompagnement et du contenu spécialement designés pour ceux qui veulent quitter le Freelancing

Hannah est la fondatrice de GoodByeSalariat un accompagnement et du contenu spécialement designés pour ceux qui veulent quitter le Freelancing

“Je pense que l’entrepreneuriat te permet de faire bouger cette case, ce carré en permanence. Tu choisis ce que tu fais de ce que tu ne fais pas. T’as toujours cette notion de choix et de responsabilités complètes que tu n’aurais jamais dans quelconque autre métier finalement”

Nous rentrons donc dans le vif du sujet fil rouge de l’aventure entrepreneuriale d’Hannah, son sujet de coeur sur lequel elle avait envie de s’attarder avec la LVD family : “Le sujet dont je voulais vraiment parler était l’idée de créer son job, sa case lorsque l’on réalise que l’on ne rentre dans rien. Quand tu chemines dans ta vie, il y a forcément des moments de prises de conscience. Moi, je me suis rendue compte qu’à chaque fois, je ne rentrais dans rien. En classe, je ne faisais pas partie du groupe des intellos, pas du groupe des populaires, de ceux qui levaient tout le temps la main ou encore de ceux qui ne travaillaient pas. Tu te dis bon, c’est l’école, ce n’est pas grave, ça passera. Après t’es étudiante… et tu te rends compte que c’est un peu pareil. Après tu es dans le milieu professionnel… c’est encore pareil. Tu te rends compte que tu n’es bien dans aucune case. Au début, tu t’acharnes mais ça ne marche pas du tout. Et encore une fois, le fait de devenir maman avec ma grande, je me disais ‘oh cool, je vais rentrer dans la case des mamans… mais je ne rentre pas dedans non plus. Oui techniquement je suis maman mais je ne rentre pas dans le schéma ‘ma fille c’est la plus belle du monde’ (même si évidemment je trouve que c’est la plus belle du monde). Mais je ne suis pas non plus dans le schéma de la business woman qui laisse ses enfants sur le côté”. 

Et là tu comprends un peu mieux pourquoi au début de la newsletter, Hannah a choisi de se présenter ainsi. Elle avait l’impression que cette case de maman était peut-être la plus compréhensible chez elle… et encore ! Peut-être qu’il y a ce problème presque générationnel où tu dois représenter ce parent qui sent bon la tarte pomme (parce que je rappelle que la société a dit que tu devais forcément vouloir des enfants) mais qui sent bon le carriérisme. Sauf que si tu es dans l’entre deux, pas simple de trouver la voie d’insertion vers l’autoroute de la vie.“Ce que je cherche à faire aujourd’hui, c’est finalement de créer mon propre modèle qui me correspond à moi grâce à l’entrepreneuriat. Par définition, le salariat te demande de rentrer dans un moule. C’est quelque chose que j’avais vraiment du mal à concevoir. Je ne pouvais pas comprendre que l’on me dise ‘tu as 5 semaines donc congés par an, puis bah si t’es plus fatiguée… c’est dommage et si t’as plus la patate... c’est encore dommage’. Tu dois être présent de 9h à 17h même si tu passes les 2 dernières heures à flâner sur les réseaux sociaux car tu as fini ton travail depuis longtemps. Dans mon dernier poste, j’avais demandé le télétravail car j’habitais loin et on m’a expliqué que c’était réservé à la direction. Je n’étais encore pas dans la case direction. Je demandais des formations en méthodes agiles car je trouve ça passionnant. On me disait que c’était réservé à tel qualification. Tu as vraiment cette notion d’être enfermée dans ta case, dans mon cas de technicienne informatique. Tu dois rentrer dans ce petit carré que l’on t’a formaté et tu ne peux pas en dépasser”. 

C’est lors de cette ultime expérience casanière qu’a été le salariat que Hannah a compris qu’elle allait devoir dessiner cette prochaine case professionnelle, sans limite trop tracée ni angle droit trop strict. “Je pense que l’entrepreneuriat te permet de faire bouger cette case, ce carré en permanence. Tu choisis ce que tu fais de ce que tu ne fais pas. Le fait de n’avoir personne au dessus de toi qui te dit quoi faire, ça implique que tu es maître de tes décisions. Du coup le carré peut devenir rectangle, losange, rond, ce que tu veux finalement. Si à un moment donné, tu te rends compte que ce que tu fais ne te convient pas, tu as le choix : tu effaces tout et recommences ou tu migres un peu le truc pour que ça te convienne. T’as toujours cette notion de choix et de responsabilités complètes que tu n’aurais jamais dans quelconque autre métier finalement”. À ce moment là, dans ma tête, se croisent bien des épisodes de La Vraie Dose. Je me souviens de ces fois où l’on a parlé du fait que l’entrepreneur a souvent été le vilain petit canard devenu l’adulte accoutumé à la résilience, celle qui dès le début de sa vie professionnelle ne supportait pas les lourdeurs hiérarchiques et l’embrigadement, celui qui avait besoin d’une vie professionnelle qui s’adapte à ses aspirations personnelles et non l’inverse ou encore celle pour qui l’entrepreneuriat est une renaissance libertaire après une première vie professionnelle bien élevée en apnée. L’entrepreneuriat pour beaucoup d’entrepreneurs devient un terrain de jeu sans limite… et tout ce qu’il y a de plus de sérieux. Un terrain de vie que l’on peut modeler à notre rythme.

“Je trouve ça tellement plus reposant de ne pas devoir mettre un masque social et dire ce qu’il faut quand il faut. Quand tu construis un business quelqu’il soit, quelque part tu as besoin de créer ta normalité, tes standards à toi. Puis… ben qui m’aime me suive !”

Même si je rejoins tellement fort ce que dit Hannah (toute ressemblance avec mon propre cheminement humano-entrepreneurial est complètement fortuite), je me fais malgré tout une réflexion : dans l’entrepreneuriat, il peut encore y avoir ce phénomène de case, de moule, de stéréotypes de l’entrepreneur dont il faudrait se parer. Alors, j’ai envie de comprendre : comment Hannah fait pour à nouveau éviter ces clichés dans lesquels les obscures dieux de l’entrepreneuriat auraient adoré attendre et qui aurait pu totalement mettre en péril son envie de liberté. On est revenues ensemble sur quelques unes de ces cases entrepreneuriales que Hannah a choisi d’éviter parce que dans l’entrepreneuriat, cette fois, elle ne veut plus ça. Et là, elle n’aura plus mal à coeur de ne pas s’y trémousser, elle en sera fière.

La mampreneure :

“Là je me suis présentée à toi comme une maman mais moi je ne communique pas dessus. Je ne présente pas du tout comme une maman, comme une mampreneure. Je ne dis pas que j’ai monté mon activité pour m’occuper de mes filles même s’il y a une part de réalité là dedans. Je ne veux pas être enfermée dans cette case des mampreneures pour lesquelles le choix de l’entrepreneuriat n’était ni plus ni moins que le seul choix pour s’occuper de mes enfants. Moi ce n’était pas que pour m’occuper de mes enfants, c’était surtout pour m’épanouir professionnellement”. Sa maternité a sans doute offert à Hannah l’ultime clé pour s’autoriser l’entrepreneuriat. Pourtant, elle ne veut pas sombrer dans les conclusions trop brutes, trop simples, dans une espèce de lecture partielle et mielleuse d’un cheminement entrepreneurial faits d’aspérités et de singularités.

L’entrepreneuriat Rose Poudré

“Moi j’appelle ça l’entrepreneuriat bienveillant, je le dis un peu sur un ton ironique car ce sont ces entrepreneurs là qui parlent justement de bienveillance, je trouve ça ennuyeux à mourir. Il y a quelque chose de fake. On t’enjoint à être bisounours, à ne pas jamais dire ce que tu penses, à ne pas faire de vagues et à rester dans ton petit coin. Sincèrement, si j’avais su la charge de travail que ça impliquait d’être jeune maman et entrepreneure, je ne sais pas si je l’aurais fait. J’en ai bavé. Tu ne dors pas la nuit, ton conjoint qui fait comme il peut pour rentrer à 19h, ton activité qui décolle vite… mais dans quel monde c’est simple ? Dans quel monde tu te reposes ? J’étais à bout de nerfs, je ne voyais pas grand monde. À la rentrée, j’ai trouvé un mode de garde et je n’ai pas honte de le dire : amen. Ne pas être interrompu par le petit pot de midi, les pleurs, etc. Oui je l’ai vue grandir mais je ne sais pas si j’en ai profité. Je n’ai pas de regret car c’est ce qui m’a permis de gagner mon indépendance mais rien n’est jamais parfait. Or, c’est ça que l’entrepreneuriat rose poudré ou bienveillant ne veut pas entreprendre : l’entrepreneuriat ne sera jamais simple, jamais parfait. L’entrepreneuriat ce n’est pas toujours une partie de plaisir et ce n’est pas grave de le dire”. Pour Hannah, l’entrepreneuriat est une vraie chance qu’elle s’est elle même offerte. Pour autant, même si elle s’y sent enfin elle-même, elle n’a pas peur de dire que ce n’est pas toujours simple. Sa case qui n’en est pas une, c’est celle qui s’éloigne des clichés et qui ose les remises en question.

L’entrepreneuriat requin

“Là je parle du côté business is business, si tu veux avoir tant de clients, il faut que tu le fasses ça. Ça ne te correspond pas mais c’est pas grave… vas-y quand même. Non en fait, juste non. Là j’ai adopté une stratégie d’envoi de newsletters quotidiennes. Forcément en envoyant maintenant une newsletter par jour, j’ai peut-être perdu 30% de ma liste… Et en fait, je m’en fiche ! Je pars du principe que je fais ce que je fais ce que je veux quand je veux où je veux. C’est ton entreprise : à quel moment tu laisses les gens décider à ta place de ce que tu dois faire ? En fait, je crée avec mon entreprise ce que j’aimerais avoir en tant que cliente. Est-ce que c’est bien en terme de marketing ? Non, je ne crois pas mais j’en ai conscience. C’est un vrai choix encore une fois, c’est mon modèle à moi ! De la même manière, je n’ai pas mis sur mon site une fenêtre en mode pop-up pour forcer les gens à s’inscrire à ma newsletter tout simplement car en tant qu’internaute, j’ai horreur de ça. Je ne fais pas comme tout le monde, je crée ma case. Ce que je fais n’est pas inédit mais je fais surtout ce qui me correspond. Tout ça me fatigue comme les “crée ta formation et tu vas devenir riche”. À un moment donné il faut travailler et travailler surtout pour gagner sa vie en faisant quelque chose qui nous passionne vraiment”.

Alors comment faire pour ne pas à nouveau tomber dans le piège des cases entrepreneuriales ? “J’essaie juste d’être moi, je sais que c’est facile à dire mais c’est vrai. Plutôt que de m’acharner, autant être moi, assumer mes propos décalés, porter mes idées farfelues qui ne sont pas si idiotes que ça si on y réfléchit bien. Je trouve ça tellement plus reposant de ne pas devoir mettre un masque social et dire ce qu’il faut quand il faut. Quand tu construis un business quelqu’il soit, quelque part tu as besoin de créer ta normalité, tes standards à toi. Puis… ben qui m’aime me suive !”. Notre conversation s’est achevée avec Hannah sur cette phrase qui conclut si bien tout le cheminement vécu par Hannah. Je voudrais simplement lui dire un doux merci pour sa confiance, ses mots francs, son envie de raconter sa vraie histoire entrepreneuriale dans le but de porter un vrai message : celui de l’entrepreneuriat qui permet de sortir du moule, un moule parfois douloureux. L’entrepreneuriat c’est souvent beaucoup plus qu’une idée sur un coin de table, c’est un vrai voyage vécu par l’entrepreneur avec lui-même dans lequel il va se chercher, se dépasser, s’accepter. Alors si toi aussi tu veux remercier Hannah ou retrouver ses mots si authentiques, tu peux aller lui faire coucou sur son site web ou la suivre sur sa page Instagram !

Hannah est venue raconter son cheminement entrepreneurial auprès de la LVD family

Hannah est venue raconter son cheminement entrepreneurial auprès de la LVD family

🔥LE CHALLENGE DE LA SEMAINE PROPOSÉ PAR HANNAH : “Te lancer sur un défi entrepreneurial qui te semble complètement à 1000 lieues de ce qu’il faut faire en terme de business mais qui à toi à titre personnel te fait juste rêver” 🔥

 

Le dernier challenge business en date que Hannah s’est donnée, on en parlait plus haut, c’est un envoi de newsletters quotidien. Là encore, on est sur un choix entrepreneurial audacieux aux antipodes de la bien pensance business des entrepreneuriats roses poudrés. Pourtant c’est un fabuleux terrain d’épanouissement humano-entrepreneurial pour Hannah : elle parfait sa plume chaque jour, elle crée un lien privilégié avec ses lecteurs, elle éloigne ceux qui la suivaient un peu de loin et attire encore plus fort ceux qui veulent la lire toujours plus, etc.


Alors, en nous inspirant de ce choix clivant mais inspirant, avec Hannah on a eu envie de te proposer quelque chose : te lancer sur un défi entrepreneurial qui te semble complètement à 1000 lieues de ce qu’il faut faire en terme de business mais qui toi à titre personnel te fait juste rêver. L’idée ? Que tu te souviennes que tu entreprends aussi et avant pour te faire plaisir, pour construire l’entreprise qui fait de toi quelqu’un d'épanoui personnellement et professionnellement. Alors, lance-toi, va flirter avec ce challenge qui déjoue les lois du bon marketing, cette envie de virage commercial à 180 degré etc. Tout simplement car même si ton entreprise n’est pas à toi (moi aussi je ne veux pas trouver ces ciseaux pour couper ce foutu cordon), elle vient de toi donc tu as forcément des/tes bonnes réponses au moins sur quelques sujets ! ;)

💖 LA VRAIE PÉPITE DE LA SEMAINE 💖

La Vraie Pépite de Hannah, qui a changé son aventure entrepreneuriale, c'est : la sophrologie

Pourquoi cette pépite ? 

“Déjà, la sophrologie m’a permise d’envisager l’entrepreneuriat car le sophrologue est bien souvent indépendant. Ça m’a permise d’apprendre à me détendre ce qui n’est pas gagné d’avance. Surtout, ça m’a permise de gagner en confiance en moi par les outils sophrologique mais aussi en vivant ces stages durant lesquels j’ai à mon tour aidé d’autres personnes à prendre confiance en elle. C’est vraiment une belle piste à explorer si tu trouves la bonne personne, le bon sophrologue avec laquelle tu vas créer un lien de confiance”.

Alors, maintenant, est-ce que tu n’aurais pas envie de recevoir les prochaines newsletters directement dans ta boite mail chaque lundi matin à 7h ?
Spoiler alert : ça parle vraie vie entrepreneuriale sans tabou et tu vas y faire la rencontre d’humains entrepreneurs aux parcours aussi singuliers qu’inspirants ! 🔽


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Sarah François