[LVD #65] "Sans mon projet, je ne serais jamais devenu entrepreneur !" - Nicolas fondateur de Nayego

La Vraie Dose 65 : “sans mon projet, je ne serais jamais devenu entrepreneur !” avec Nicolas fondateur de Nayego

La Vraie Dose 65 : “sans mon projet, je ne serais jamais devenu entrepreneur !” avec Nicolas fondateur de Nayego

“Comme l’entrepreneuriat, mes enfants m’ont appris la persévérance, la résilience. Il faut toujours être là, toujours être debout même quand t’as envie de tout balancer, d’être énervé. Il faut être positif, présent. C’est super facile à dire et super difficile à faire”

Ma rencontre avec Nicolas (oui du coup l’entrepreneur de la vraie vie invité cette semaine dans LVD s’appelle Nicolas) a commencé par un classique mais efficace : “faut trop que tu rencontres la fille de La Vraie Dose, elle fait des blagues sur l’entrepreneuriat sur insta” (pas peu fière de mon CV je dois l’admettre). On prend doucement contact avec Nicolas mais j’avoue qu’au début j’ai un petit à priori (Quoi sassou la béniouioui de l’humano-entrepreneurial a des préjugés bien débiles ? Spoiler alert : oui parce que du coup je suis humaine entrepreneure donc humaine). Je me dis que ça pourrait toujours être chouette de le rencontrer mais son petit côté “startüüüüp” me laisse un peu dans le doute, je n’ai pas spécialement l’impression que ça va être LVD family compatible tout ça. Je viens de ce milieu là et même si je m’y suis dans un sens épanouie (je le pense vraiment - je suis suffisamment à l’aise ici pour te dire ce que je pense. Néanmoins, dans la LVD family, on est très sur l’humano-entrepreneurial : l’humain en 1er puis le projet (ça se ressent jusque dans le schéma narratif des newsletters). À startupland, il y a beaucoup d’entrepreneurial et un chouilla d’humano… mais vraiment pour faire beau. Comme il me restait quand même un neurone de bienveillance branché quelque part, je rencontre Nicolas. Et là, je me rends compte de ma formidable crétinitude. Je rencontre un humain entrepreneur avec surtout beaucoup d’humain dedans, un papa, un mari avec une émotivité qui respire fort la fierté pour la vie personnelle qu’il a su construire. Et dans la foulée, je réalise que lui aussi c’est un passionné de storytelling tout comme moi. Pas le storytelling qui sent “House of cards ou comment utiliser le storytelling pour manipuler les peuples” mais le storytelling qui sent bon, celui qui aide chaque projet (et son marionnettiste : l’entrepreneur) à raconter la vraie histoire, la vraie vision derrière la création d’une entreprise parce qu’on attire pas des clients avec du “comment que ça marche” mais plutôt avec du “voilà pourquoi ce projet vient de mes tripes, ça résonne chez toi ?”. (Et oui, mon autre vie en dehors de la création de contenus humoristiques-pleurnichards sur la vraie vie entrepreneuriale, c’est d’aider les entrepreneurs de la LVD family à raconter l’histoire de leur projet via l’accompagnement LVD “J’incarne et je Fédère” #TapePlacementDePRoduitAu81212). Alors cet humain entrepreneur qui n’entreprend surtout pas pour jouer à la startüüüp, j’ai eu envie de te le présenter !

Je vais donc ranger au placard mon non esprit de synthèse et laisser la parole à Nicolas pour que vos âmes d’entrepreneurs puissent se rencontrer à lui et toi. “En tant que personne humaine, je dirais que je suis un peu relou, un peu maladroit au niveau relationnel. J’aime l’autodérision, je vanne beaucoup donc parfois ça craint un peu”. Voilà donc là ça y est, t’es au parfum : face à la LVD family, Nicolas n’est pas là pour en faire des caisses mais pour être vrai. “Je suis positif, j’aime l’humour. Alors finalement, une fois la glace brisée, je m’entends bien avec les gens. Je mets un point d’honneur à faire une singerie dans les 5 premières secondes, autant faire un truc original pour marquer les esprit”. Et là en discutant avec Nicolas, je me souviens de cette façon si particulière qu’il a de se présenter, notamment face à un groupe (je l’ai finalement revu plusieurs fois, je t’expliquerai plus bas) “J’aime bien me présenter en faisant le salut asiatique, les deux mains jointes en maintenant le regard. Ça marque une forme de respect. Ça n’a rien à voir avec une religion. Je suis allée une fois en Asie et j’ai été marqué par ce respect, cette zénitude. La communication est en grande partie non verbale et on a tendance à l’oublier. Tu peux faire cette courbette ou sinon faire une longue phrase qui va signifier la même chose donc je préfère un tout petit salut en avant”. J’ai déjà adoré ce début de conversation et n’aurais pu mener l’entretien que sur ça : la force d’une communication par les gestes, par le regard, par la posture, par la tenue. D’ailleurs ça aussi, ça fait partie du storytelling, de la façon de raconter son histoire. C’est précieux car on fait circuler un ressenti, une idée, un vécu en emballant pas les choses derrière des mots mais en transmettant une énergie sincère et 1000 fois plus éloquente.

Alors, à ce moment de là de la conversation, j’ai envie de comprendre encore plus fort d’où vient cette énergie sincère que Nicolas transmet. Je lui demande de m’en dire plus sur ce qui a forgé sa personnalité. Il me répond la voix très émue “Mes enfants ont beaucoup changé ma vie. Je n’imaginais pas à quel point. J’apprends beaucoup d’eux. Ce sont des personnes tierces donc on ne les contrôle pas. Mais, quand ils ont 3 et 6 ans… qu’est ce que l’on apprend d’eux, c’est incroyable. On apprend de leur environnement, de leur évolution. C’est une partie de nous, on leur lègue un ADN que l’on ne peut pas retirer, une partie de ce que l’on peut contrôler au quotidien”. Là, un souvenir me frappe : je me souviens de la raison pour laquelle j’ai voulu que Nicolas soit l’un des invités de LVD. J’ai envie de te raconter ça “rapidement” (tu sais bien que c’est mon fort). Après notre 1er café, Nicolas m’explique qu’il anime des ateliers sur le storytelling et me propose de me joindre à l’un d’entre eux. Une fois la crise passée de “arghhh nan je vais devoir parler à des inconnus”, j’accepte l’invitation. Alors que j’imaginais quelque chose de très méthodologique, je comprends là encore que Nicolas est en phase avec moi sur cette histoire de raconter l’histoire de son projet non pas dans la méthode mais dans l’émotion. Il choisit d’ailleurs de démarrer l’atelier en racontant non pas l’histoire de son projet mais son histoire à lui (spoiler alert : c’est parce qu’il y a là une résonance assourdissante). Il démarre en parlant de ses enfants et se laisse submerger par l’émotion. Ça m’a touchée car au loin, dans le regard de cet humain entrepreneur que je ne connais pas tant que ça finalement j’ai vu un mélange de “oh il faut que je me contienne” et de “oh puis purée ça fait partie de moi, mon histoire elle est dans cette émotion là”.

 “Comme l’entrepreneuriat, mes enfants m’ont appris la persévérance, la résilience. Il faut toujours être là, toujours être debout même quand t’as envie de tout balancer, d’être énervé. Il faut être positif, présent. C’est super facile à dire et super difficile à faire”. Je trouve cet écho entre parentalité et entrepreneuriat très joli. Surtout, j’ai l’impression d’avoir entendu cela dans le coeur de pas mal de parents-entrepreneurs de la LVD family. “Dans une famille, que tu sois Parent solo, parents à deux, t’es patron, founder ou co-founder de la famille. Sauf que qui commande ? Les gamins ! Il ne faut jamais l’oublier ! Il faut faire avec, un employé, un gamin, ce n’est pas quelqu’un de corvéable à qui tu dis quoi faire et qui va exécuter derrière. Moi j’ai une théorie : mes gamins feront ce qu’ils auront envie de faire. Une fois que je l’ai dit hum hum hum hum on verra comment ça va se passer [rires] !”.

Nicolas est le fondateur de l’entreprise Nayego, service de messagerie instantanée d’équipe !

Nicolas est le fondateur de l’entreprise Nayego, service de messagerie instantanée d’équipe !

“En début de carrière, je me suis posé la question de l’entrepreneuriat. J’ai assisté à des présentations et ce n’était pas très encourageant à l’époque. Par erreur, je me suis donc dit que l’entrepreneuriat, ce n’était pas pour moi. Je me suis laissé dissuader doucement”

Assez naturellement, on en vient donc aux vies entrepreneuriales de Nicolas. “J’ai été freelance, j’ai été intrapreneur [ndlr : entreprendre un projet pour le compte d’une entreprise ou d’une organisation en bénéficiant de ses ressources]”. Pourtant malgré ses expériences, Nicolas n’est pas vraiment sûr d’avoir cette étiquette d’entrepreneur. “Moi j’ai longtemps hésité : est-ce que je suis entrepreneur ou pas ? Dans mes racines, mes parents n’ont jamais été entrepreneurs, ils ont toujours été employés. Je me suis aperçu que mon frère et moi, on a été très investis dans l’associatif. C’est déjà une démarche personnelle d’audace. C’étaient des projets passionnants. Puis ça donne le goût d’aller à l’aventure, de ne pas rester dans un nid douillet. Mon milieu n’a pas favorisé l’entrepreneuriat mais j’ai osé explorer. Je n’étais pas prédestiné à ça, je vois beaucoup de mes potes entrepreneurs dont les parents étaient entrepreneurs”. On embrasse bien fort les clichés de l’entrepreneur fait pour ça depuis l’âge de 7 ans et l’ouverture de sa 4ème franchise de stand de limonade à sa rentrée en 6ème. 

“En début de carrière, je me suis posé la question de l’entrepreneuriat. J’ai assisté à des présentations et ce n’était pas très encourageant à l’époque. Par erreur, je me suis donc dit que l’entrepreneuriat, ce n’était pas pour moi. Je n’ai pas multiplié les témoignages d’entrepreneurs et je pense que c’est une erreur de ma part. Je me suis laissé dissuader doucement. Jusqu’à tomber dans le freelancing”. J’aime déjà la façon dont Nicolas aborde son cheminement entrepreneurial : en commençant par oser dire qu’il n’a pas toujours eu l’envie ou la confiance d’entreprendre. Comme une majorité d’entrepreneurs finalement. Ce syndrome du “je veux bien entreprendre mais passez devant puis vous me direz”, on est nombreux à l’avoir eu. Rien de honteux là dedans, ça fait partie du périple et ça prouve au contraire à quel point il a fallu aller chercher sévèrement la fougue entrepreneuriale pour bâtir son projet. “Ma carrière a évolué doucement. Je me suis laissé porter par les flots, j’ai écouté les opportunités tour à tour. Ce n’est pas moi qui ai forcé ma carrière. Je n’ai rien planifié, je n’étais pas carriériste. Il y a donc plusieurs choses qui ont changé ma vie : le freelancing et le fait d’être parent”. Finalement, comme beaucoup d’histoires professionnelles, ce déclic entrepreneurial est un mélange de cheminements pros et persos qui se croisent.

“Concernant le freelancing, un jour je sortais de chez un client pour lequel l’entreprise où je travaillais était prestataire. Le client me rappelle pour gérer le dossier, en freelance, il ne voulait que du freelance. J’ai été un peu forcé à devenir freelance (dans le domaine informatique en tant que product owner ou en français ‘chef de produit’). En tant que product owner, t’es un peu entrepreneur finalement car tu fais le lien entre la production, le marketing et le commercial. C’est toi qui crée le produit, la feuille de route, qui a toutes les informations. Ça m’a donné le pied à l'étrier : le double fait d’être freelance et de créer un produit”. C’est finalement la carrière de Nicolas qui lui a donné la confiance de se sentir entrepreneur. Un peu par hasard (la LVD family croit-elle encore au hasard ?), sa carrière l’amène à s’essayer en tant qu’entrepreneur. Après… il est certain que l’on embrasse les opportunités qui nous inspirent donc c’est peut-être la voie choisie inconsciemment par Nicolas pour se laisser devenir entrepreneur en douceur. “Ensuite la mission suivante, j’ai été product owner à la tête d’une équipe de 20 personnes. Mon CEO [ndlr : PDG] donc la personne de laquelle je dépendais et son investisseur, m’ont dit : trouve un nouveau modèle économique car il faut s’assurer de la continuité de notre entreprise. Il faut trouver des choses qui nous éclatent plus, qui sont plus rentables. J’ai trouvé un modèle économique sauf qu’il fallait transformer toute l’entreprise pour ça donc en gros tout le monde m’a dit non mais pour de vraies raisons. Donc je ne l’ai pas fait en interne, j’ai quitté cette boîte et je me suis dit : mais pourquoi ne pas lancer ce business ?”. Tatatatammm le grand déclic entrepreneurial que Nicolas a décidé d’écouter est arrivé !

Ce business c’est du team chat ou de la messagerie instantanée d’équipe dans un cadre professionnel / d’entreprise. C’est mon 3ème bébé”. C’est en gros un whatsapp mais pour les pros. Ce projet que Nicolas a fondé dans le but de rendre la communication plus douce et fluide en entreprise, c’est Nayego. Ce n’est pas le projet le plus insta-choupi de la LVD family mais j’ai envie de donner la parole à tous les entrepreneurs et donc à tous les projets, y compris ceux qui s’adressent aux entreprises, ceux qui sont plus techniques, tout en pédagogie. Alors, accroche-toi, on va apprendre des trucs et surtout on va réaliser à quel point ce projet non insta-choupi est porteur de sens “J’ai découvert internet dans les années 90, le logiciel libre ou open source [ndlr : des logiciels dont l’intégralité du code est consultable en ligne permettant à tous ceux qui veulent s’en inspirer pour créer leur propre logiciel similaire, de le faire gratuitement et facilement]. Ça a été une révélation gigantesque, un élément fondateur de ma vie”. Derrière plein de mots compliqués, il y a finalement une philosophie très simple qui a passionné Nicolas bien des années avant de lancer son projet (la bise au couplet LVD à retrouver dans chaque newsletter et qui dit que l’on plante les graines de nos projets parfois des années avant d’entreprendre) : l’internet collaboratif, l’internet transparent, l’internet qui s’entraide en rendant les infos accessibles. Ça, c’est tellement aligné avec l’état d’esprit de Nicolas. “Qu'autant de gens puissent participer à une communauté mondiale altruiste, partager tout sans concession, c’était incroyable. Je n’ai jamais quitté internet depuis [ndlr : sous entendu, du point de vue de sa carrière]. J’ai trouvé ça hyperpuissant. Par exemple, j’ai découvert la messagerie instantanée, j’ai trouvé ça hyperpuissant que l’on puisse communiquer / rigoler à travers du texte interactif et en temps réel ! Petit à petit, ma carrière a convergé de plus en plus vers la messagerie”. Finalement son projet a fait convergé 3 choses qui tiennent au coeur de Nicolas : l’univers du logiciel libre, la messagerie instannée et l’entrepreneuriat. 

“Au fil du temps, j’ai commencé à parler de mon projet aux gens. Je dis que je veux créer une messagerie instantanée d’équipe en entreprise mais en logiciel libre… et là on me dit ‘bon courage’. Ça voulait tout dire pour moi : super les gens sont d’accord. Et en même temps, le ‘bon courage’ veut dire que les gens n’y croient pas, que ce n’est pas gagné. Donc j’ai travaillé beaucoup, j’ai rencontré énormément de gens pour les écouter. Je ne suis pas écouté moi, mes opinions, mes biais, etc. J’ai fait 200 interviews utilisateurs et j’ai trouvé les points de douleur de la messagerie instantanée en entreprise”. C’est drôle car en écrivant ces lignes, ça fait tellement écho avec toute une pensée que j’ai eu cette semaine. J’étais embourbée pour mes idées pour le futur de LVD avec toujours cette impression de chercher de l’oxygène la tête dans un sac en papier. Et c’est finalement en osant en discuter avec des entrepreneurs de la LVD family que j’ai trouvé la voie et la confiance. Au détour de tout notre papotage, Nicolas donne une sacrée leçon d’humilité entrepreneuriale : personne n’y croit.. Et beh allons voir la cible et voyons là où ça fait mal. Pas les opinions de tonton Jean-Mi ou collègue Jean-Eude qui se rêve entrepreneur à la machine à café “mais bon y’a quand même les vacances annuelles à la Baule” tu comprends”, nan les clients ont la réponse.

Grâce à ces interviews Nicolas comprend qu’il y a 3 points de douleur avec la messagerie instantanée en entreprise : “les silos, l'interruption et le chaos”. En d’autres termes, il y a 3 soucis : la messagerie ne connecte pas avec l’écosystème de l’entreprise puisqu’elle reste dans sa bulle (dans cette messagerie, il n’y a que les collègues mais aucun client ni partenaire par exemple), les notifications qui viennent interrompre le travail en permanence à tel point que l’on passe plus de temps à répondre aux message qu’à travailler sur les projets et le fait que tout le monde se parle en même temps sur une messagerie créant un brouhaha qui ne s’écoute pas. Du côté des entreprises, Nayego, l’entreprise fondée par Nicolas a l’ambition de protéger les données échangées sur la messagerie, autant te dire que c’est un défi critique pour les entreprises. Et pour orchestrer tout cela, au coeur de son projet, devine comment Nicolas a pensé son logiciel ? Comme un logiciel libre avec son code source complètement ouvert, exactement pour intégrer la vision de son entreprise au coeur de cet internet collaboratif qu’il aime tant “Je pense que le code source partagé c’est une des très grandes réussites de l’humanité". 

Nicolas est l’entrepreneur invité cette semaine dans La Vraie Dose

Nicolas est l’entrepreneur invité cette semaine dans La Vraie Dose

“On a tous envie de léguer quelque chose au monde, là je crois que ce projet c’est ma mission. On empreinte le monde à nos enfants donc j’ai envie de l’améliorer un tout petit peu”.

À ce moment, ma curiosité de “Jeanne-Micheline l’entrepreneuriat qui vient des tripes” hurle : j’ai envie de comprendre pourquoi Nicolas s’est lancé dans ce projet qui lui tant à coeur. Et c’est là que l’on en vient à la deuxième partie de la newsletter, ce moment où l’on met les pieds joints dans une thématique de la vraie vie entrepreneuriale choisie par l’invité de la semaine. “Sans mon projet je ne serais jamais devenu entrepreneur. J’ai choisi ce sujet car maintenant que je suis engagé dans mon projet, je réalise à quel point c’est vrai. Notamment, j’ai trouvé mon pourquoi, j’ai travaillé avec quelqu’un qui m’a aidé à le trouver”. Ce que je trouve assez criant de vérité encore une fois dans le cheminement entrepreneurial de Nicolas, c’est que même si nos projets viennent de nos tripes, il nous fait des mois pour comprendre l’évidence. Parfois, c’est en revenant aux sources du projet, au pourquoi tu t’es lancé que tu identifies la suite de l’histoire. “Ce pourquoi il vient d’une convergence : le monde dans lequel on vit.. Et mes enfants !”.

Allez on creuse ? “Aujourd’hui, si tu achètes un téléphone, quelqu’il soit, tu ne vas pas te poser de question : tu te connecteras à internet et il sera compatible. De la même manière, la même histoire se produit sur le mail : tu crées un compte sur Gmail, Yahoo, Outlook et toutes les adresses emails sont interopérables entre elles, tu ne vas pas créer un système de mail privé. Pourquoi dans le domaine de la messagerie ce n’est pas comme ça ? Pourquoi les applis de messagerie ne sont pas compatibles entre elles ?” En effet quand on y pense, la messagerie est le seul domaine d'incompatibilité totale : pourquoi tu dois utiliser whatsapp si tu reçois whatsapp, Facebook messenger si tu reçois un message sur Facebook Messenger ? Pourquoi tu ne peux pas utiliser whatsapp pour répondre à un message privé sur Instagram ? “Je n’ai pas envie de léguer ce monde à mes enfants, ce monde où l’on a trop d’applications, ce monde où l’on est forcé  d'utiliser quelque chose. C’est une situation anormale que l’on va corriger alors autant en être acteur et partisan. On a tous envie de léguer quelque chose au monde, là je crois que ce projet c’est ma mission. On empreinte le monde à nos enfants donc j’ai envie de l’améliorer un tout petit peu”. 

Derrière le projet de Nicolas qui peut sembler très “entreprise” ou très “technique”, il y a un pur engagement sociétal que tu ressens sûrement aussi. “La pollution numérique est une vraie forme de pollution. Recréer une nouvelle application, à chaque fois ce sont des serveurs qui consomment de la bande passante, de l’énergie, qui créent de nouvelles données qu’il va falloir encore héberger quelque part”. C’est un sujet qui me tient à coeur et que l’on peut aborder grâce à Nicolas : la pollution numérique. Là encore c’est une vraie forme de pollution qui consomme de l’énergie, crée des déchets, là aussi nos entreprises peuvent s’engager. Typiquement, une newsletter est quelque chose de 100% numérique, que l’on n’imprime pas, que l’on n’envoie pas par voie aérienne ou ferroviaire. Pourtant cela crée aussi une forme de pollution du fait de l’hébergement des emails. On nous parle de “nuage”, c’est joliment dit mais en fait nos données sont abritées sur de jolis ordinateurs dans le monde qui créent de la chaleur et des déchets très concrets. C’est en ayant ça en tête que j’ai modifié le processus d’inscription à LVD et que je fais souvent le tri sur ma base de données. Je suis concernée par la pollution comme n’importe quelle entreprise qui enverrait des colis par exemple. Et j’ai encore du chemin à faire !  “Si tu réduis 5 applications à 1 ou 2, tu consommes moins de batterie donc moins de recharge en électricité, moins de données".

Avec la pollution numérique, il y a aussi l’ambition de réduire cette surcharge cognitive, la structurer, aller vers la gestion de cette infobésité”. Là encore, c’est un vrai sujet, un sujet qui fait aussi vibrer son coeur de papa dont les enfants vont grandir dans un monde de plus en plus numérique. La pluie de notifications constante, les informations plus ou moins vraies qui tombent en cascade, les sollicitations virtuelles qui sont réellement permanentes… Là encore, créer une messagerie instantanée d’équipe qui ne surcharge pas d’informations les collaborateurs, c’est un peu la façon avec laquelle Nicolas arrive à penser l’entreprise de demain, celle dans laquelle ses enfants vont travailler.

Nicolas a voulu revenir aux sources de son aventure entrepreneuriale avec la LVD family et pourquoi il a décidé de devenir entrepreneur

Nicolas a voulu revenir aux sources de son aventure entrepreneuriale avec la LVD family et pourquoi il a décidé de devenir entrepreneur

“Rien, je ne me sens toujours pas prêt. Mais ouais, c’est mon projet qui est venu me chercher. Il y en a pour qui l’entrepreneuriat est quelque chose de super fluide, limpide, ils ne se posent pas de question. Moi, je ne sais pas ce que me réserve mon avenir, si je vais y arriver, abandonner, continuer, si je vais réussir à persévérer. Toutes ces questions là sont en suspens”

C’est à ce moment que je comprends à quel point derrière un projet business, il y a comme je te le disais un humain qui parle. Ce pourquoi, cette vision de la société qu’il défend au travers de son entreprise, c’est ce qui l’a fait devenir entrepreneur. “Il y a plein d’autres business qui auraient pu m’intéresser mais je ne trouvais pas le pourquoi”. À ce moment là, notre conversation dérive sur les autres vies entrepreneuriales que Nicolas aurait pu avoir. Il a par exemple créé de toute pièce le “Lean Storytelling”, une méthodologie pour vraiment construire autour d’un projet. Seulement, il n’y a que son aventure Nayego qui lui a donné le goût de l’aventure entrepreneuriale : “Je pense que j’ai un rôle à jouer dans ce monde. J’ai suffisamment oeuvré dans son monde du logiciel libre et de la messagerie instantanée pour me rendre compte des points de douleur au niveau planétaire”. À ce moment là, je me pose une question : et si Nicolas était devenu entrepreneur parce qu’il le fallait bien ? Parce qu’il avait découvert une problématique et que donc il devait la résoudre ? “Il y a peut-être de ça. C’est sans doute une forme d’intellectualisation de ma part et une justification mais j’y crois quand même”. À ce moment là, je me demande si finalement Nicolas n’aurait pas pu par exemple concrétiser cet engagement autrement que par l’entrepreneuriat. “Au niveau associatif, il aurait fallu décupler l’énergie en fait”. Il y dans l’aventure de Nicolas comme dans beaucoup de vies entrepreneuriales de la LVD family, quelque chose de presque politique.

On retrouve ici le côté presque animé de l’entrepreneur qui défend plus une conviction qu’une envie d’entreprendre. Je repense alors au début de notre conversation où Nicolas me disait que plus jeune, il ne se voyait pas être fait pour entreprendre. “Quand tu es entrepreneur tu dois presque tout savoir faire dans ton entreprise ou au moins en savoir suffisamment pour déléguer, collaborer. Ça nécessitait une culture que je n’avais pas : la vision d’ensemble de l’entreprise. Soit t’as envie de tout découvrir, de tout faire, soit tu es sélectif comme je l’ai toujours été. Aujourd’hui en tant qu’entrepreneur, je ne peux plus être sélectif. Par exemple : la compta me soule mais il faut s’y connaître un minimum même si tu délégues”. Et cela va plus loin qu’un souci de compétences : Nicolas a longtemps pensé qu’il n’avait juste pas les épaules pour entreprendre. “L’entrepreneuriat me donnait l’impression de quelque chose de trop dur avec trop de choses à savoir”. 

Ce qui a changé aujourd’hui ? “Rien, je ne me sens toujours pas prêt. Mais ouais, c’est mon projet qui est venu me chercher. Il y en a pour qui l’entrepreneuriat est quelque chose de super fluide, limpide, ils ne se posent pas de question. Moi, je ne sais pas ce que me réserve mon avenir, si je vais y arriver, abandonner, continuer, si je vais réussir à persévérer. Toutes ces questions là sont en suspens”. J’ai eu envie de comprendre pourquoi Nicolas avait ce sentiment d’un entrepreneuriat pas fluide alors même qu’il entreprend pour défendre des valeurs qui viennent de ses tripes. “Je pense que j’ai une résistance, des blocages. Il y a la peur, l’inconnu. J’essaie tout simplement de passer outre. Il y a un truc chez l’entrepreneur : la résilience. Comme quand t’es parent, dès que tu as une entreprise, tu dois toujours être là. T’es le 1er dans la bâteau, t’es le dernier dans la bâteau”.

Là encore, on revient à cette paternité qui a donné les clés à Nicolas pour entreprendre, à la fois sur le fond de ce qu’il défend et dans la forme de son quotidien d’entrepreneur. “Quand tu es à 2, finalement tu es comme 2 personnes solos. Tu as quelques contraintes sociales et légales mais tu es libre. Avec des enfants nan, il faut être régulier”. Au delà de son projet, je crois que finalement c’est un peu son parcours de vie qui a globalement rendu Nicolas entrepreneur. “Je me suis un peu toujours posé cette question, je me la pose toujours. Je veux me persuader que je suis fait pour entreprendre aujourd’hui tant que je suis dans cette aventure”. Nicolas essaie alors de se nourrir comme sa vie a nourri son entrepreneuriat jusque là. Il s’intéresse par exemple au Lean Startup (créer son modèle en économique en testant les choses hypothèses par hypothèses et en apprenant), Design Thinking (placer l’utilisateur au coeur de ton projet, ce que Nicolas a fait en allant interroger plein d’utilisateurs potentiels au lieu d’écouter ses opinions) ou à la gestion de projet agile (apprendre à travailler en équipe de façon horizontale avec écoute et décontraction). En mots plus simples, son projet a fait de Nicolas, quelqu’un qui aime apprendre, est empathique et débrouillard. 

Mon projet m’a fait changer humainement, sur l’empathie notamment. Dans ma façon de travailler aussi, c’est après des années à subir en entreprise des projets qui foirent que j’ai voulu apprendre à développer un projet autrement”. Finalement, par et pour son projet, Nicolas apprend à se développer personnellement. “Je pense que je vais encore devoir me développer plus que ça. Par exemple sur le côté interactions avec les gens. Je peux facilement communiquer avec des profils techniques, c’est mon style. Là où je vais devoir plus travailler c’est par exemple d’apprendre à parler avec ces fameux décideurs en costume. J’ai quitté ce monde et j’en suis heureux. Pourtant il va falloir que j’aille le rencontrer à nouveau pour non seulement le convaincre et qu’il achète.” Nicolas apprend encore à devenir l’entrepreneur de son projet. 

Pour conclure cet échange, Nicolas a eu envie de revenir sur l’importance du pourquoi. “Je pense qu’il ne faut pas avoir peur de se faire aider sur la recherche de la raison pour laquelle on entreprend et la façon de la raconter. J’ai lu cette phrase, on l’a attribuée à Barack Obama, je ne sais pas si c’est vrai mais la voici ‘Pour une conférence de 3 minutes donnez-moi 3 mois, pour une conférence de 30 minutes, donnez-moi 3 semaines. Pour une conférence de 3 heures, je suis prêt’. Tout le défi est de résumer”. Pour Nicolas, le défi a été de comprendre pourquoi il se devait de défendre ce projet afin de réaliser comment il pouvait devenir son entrepreneur. Il y a un doux mélange entre la mission de ton projet et ta propre mission de vie très personnelle. La leçon que l’on a tiré de nos histoires croisées est qu’il faut des mois pour comprendre pourquoi on a décidé d’entreprendre un projet qui nous a peut-être traversé l’esprit le temps d’une seconde. J’ai adoré te raconter le parcours si naturel, si réaliste de Nicolas. Il est comme beaucoup d’entrepreneurs, non pas convaincu par l’entrepreneuriat mais par son projet. L’entrepreneuriat devient un étrange outil dont on doit s’emparer un peu plus que chaque jour. Je voulais remercier Nicolas d’avoir osé aborder ce sujet humblement, d’avoir dévoilé à quel point ses aventures personnelles ont forgé sa carrière d’entrepreneur. Pour envoyer un mot doux à Nicolas ou papoter davantage avec lui, tu peux le retrouver sur le site internet de Nayego, sur son compte Twitter @GetNayego et sur instagram @GetNayego.

🔥LE CHALLENGE DE LA SEMAINE PROPOSÉ PAR NICOLAS : "revenir au pourquoi de ton projet entrepreneurial" 🔥


“Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu t’animes comme ça ? D’où vient cette énergie qui te fait persévérer même quand tu es au bout du rouleau ?”. C’est drôle car le challenge que Nicolas te propose, c’est exactement celui 
que je te proposais dans la toute première newsletter de La Vraie Dose. Je t’invitais à rédiger ton manifeste pour mieux scander ton pourquoi. Nicolas t’invite à te faire accompagner sur le sujet ou à participer à des ateliers.

💖 LA VRAIE PÉPITE DE LA SEMAINE 💖

La Vraie Pépite de Nicolas, qui a changé son aventure entrepreneuriale, c'est une conférence Tedx Lessons from a life / Guy Kawasaki

Pourquoi cette pépite ? 

C’est une conférence qui a fasciné Nicolas notamment sur la vision de la concurrence. Il y a ceux qui regardent constamment ce que font les autres et ceux qui suivent leur vision. Quelle est la voie à suivre ? Il y a ceux qui sont dans le court termisme et le comment versus ceux qui sont dans le long termisme et le pourquoi !

Alors, maintenant, est-ce que tu n’aurais pas envie de recevoir les prochaines newsletters directement dans ta boite mail chaque lundi matin à 7h ?
Spoiler alert : ça parle vraie vie entrepreneuriale sans tabou et tu vas y faire la rencontre d’humains entrepreneurs aux parcours aussi singuliers qu’inspirants ! 🔽


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Sarah François