[LVD #64 : "L'entrepreneuriat & le couple : lettre à mon co-fondateur de l'ombre"] - Célia - @Celia.Mosaic

La Vraie Dose 64 : l’entrepreneuriat et le couple - lettre à mon co-fondateur de l’ombre avec Célia, Mosaïste

La Vraie Dose 64 : l’entrepreneuriat et le couple - lettre à mon co-fondateur de l’ombre avec Célia, Mosaïste

“Une fois, quand j’étais petite, je voulais justement m’inscrire à un cours d’art plastique et il n’y avait plus de place. Du haut de mes 5 ans, j’ai regardé la dame (c’est ma mère qui raconte toujours cette histoire) en lui disant ‘mais c’est pas possible, il ne peut pas y avoir plus de place, vous comprenez je veux être artiste’ ”

Aujourd’hui, je te propose de faire la rencontre de Célia, une entrepreneure devenue un vrai pilier de la LVD family en quelques semaines (surnommée d’ailleurs la fayotte par certains pour sa participation à à peu près tout ce qui fait La Vraie Dose : financement participatif mensuel, la boum d’anniversaire, l’intégralité des 3 premiers bons gros cafés - autant te dire qu’elle fait fondre mon coeur parce que j’ai cru comprendre qu’elle trouvait au sein de la LVD family un réconfort humano-entrepreneurial délirant). Notre toute 1ère rencontre, c’était justement lors du 1er bon gros café LVD sur l’entrepreneuriat et la timidité (oui j’aime bien t’expliquer à chaque fois pourquoi je ne te présente pas de nouveaux humanoïdes entrepreneuriaux par hasard). Pendant ma ronde de papotage avec tout le monde, je me souviens lui avoir dit “donc toi tu es céramiste c’est ça ?” et là elle m’a répondu de façon lapidaire “ah non non je ne suis pas céramiste, non je suis mosaïste” avec un ton ferme dont seuls les entrepreneurs qui en ont marre qu’on utilise pile poil le mot à côté pour définir leur projet ont le secret. Ça m’a fait bien marrer, j’ai aimé cette franchise naturelle. Je me suis dit que c’était son équivalent à elle du “nan mais les gens ne lisent pas, pourquoi tu ne ferais un podcast plutôt, ça t’éviterait de finir dans les spams [tentative d’humour]” par *Jean-Michel je refais ton business plan sur un coin de table parce que tu comprends il a forcément une meilleure vision au bout de 1mn que toi au bout d’un an*. Alors quelques semaines plus tard, on s’est revues autour d’un café et là encore j’ai reçu ma vraie dose de franc parler. J’ai découvert son parcours (t’inquiète je ne spoile pas mais ça sent bon tu verras) et en la voyant je me suis dit “alerte rouge : ceci est une humaine parfaite pour être l’entrepreneure de la vraie vie invitée dans LVD ! Elle a à la fois des questionnements et de l’ambition, elle a vécu cette merveilleuse croisade du “ah bon mais donc je suis entrepreneure du coup, nan parce que je me voyais artisane moi. Ah mais du coup dans l’artisanat y’a de l’entrepreneuriat, ah bon bon d’accord” (d’ailleurs pendant notre café, elle a quand même prononcé cette phrase “c’est en Lisant LVD que j’ai compris que j’étais entrepreneure" - ayé #LifeGoal je peux crasher mon projet en paix). Elle a le ton naturel, elle a un beau métier entrepreneurial et artisanal que je n’ai pas encore eu le bonheur de mettre en lumière ici et évidemment, elle a choisi un sujet qui met les pieds dans le plat parce qu’elle a tout sauf peur de ça !

Allez, après l’introduction enguimauvée, on continue nos petits rituels : faisons connaissance avec Célia en tant qu’humaine pour comprendre comment elle en est arrivée à son projet. “Célia, 22 ans, je suis entrepreneure, ce qui semble plutôt logique dans la LVD family, jusque là tout se tient” (définition de soi comme entrepreneur dès la 1ère phrase + sentiment d’appartenance à la LVD family = fonte de ma personne mais ce n’est donc pas le débat). “Je fais de l’art depuis toujours. Une fois, quand j’étais petite, je voulais justement m’inscrire à un cours d’art plastique et il n’y avait plus de place. Du haut de mes 5 ans, j’ai regardé la dame (c’est ma mère qui raconte toujours cette histoire) en lui disant ‘mais c’est pas possible, il ne peut pas y avoir plus de place, vous comprenez je veux être artiste’. Je répétais tout le temps que je voulais être artiste. Artiste de quoi je n’en savais rien mais je voulais être artiste !”. Là elle me raconte son CV de petite fille créative qui s’invente un style vestimentaire singulier, qui aime faire avec ses mains depuis l’enfance, ses semaines chargées d’apprentie dessinatrice-potière, sa vie de fan d’expositions artistiques très alternatives. “Je vis pour cette créativité. Tous les jours c’est autre chose, tous les choses c’est différent. C’est ça mon petit bonheur, ça remonte à l’enfance”.

“Quand je suis arrivée au lycée, c’était hypra naturel : j’ai choisi la filière littéraire option Arts Plastiques. Je savais vraiment ce que je voulais faire, j’en avais un peu rien à faire de savoir dans quelle voie les copains allaient”. Là, j’ai eu envie de creuser et de savoir comment ce projet professionnel bien engagé est compris par sa famille. Parce que la petite fille de 5 ans qui se rêve artiste, tout le monde trouve ça craquant. Mais l’ado de 16 ans qui affirme des ambitions d’études artistiques dans une société ambiance “Bac-général-spécialité-S-parce-que-c-est-la-voie-royale-tu-comprends”, il/elle a plus de mal à se faire entendre. Là elle me parle de ce grand-père prof en dessin industriel, de sa mère iconographe, de cet oncle chirurgien (attends ça va venir) qui avait dû apprendre la couture et le crochet (pour les opérations) et qui l’a toujours soutenue dans cette envie de métier manuel. Après la disparition de son oncle, le soutien s’est fait un peu plus rare mais elle ne s’arrête pas à ça. “Le soutien n’est pas toujours là mais ce n’est pas grave, je sais ce que je veux, je sais où je vais, que cette voie me correspondait”. C’est drôle car Célia se définit souvent comme quelqu’un de timide ou hésitant mais dès qu’il s’agit de l’art, elle a clairement en elle un feu sacré qui lui donne des forces et convictions décuplées.

Malgré tout, Célia va se confronter au petit moment de vie joyeux où tu te dis que t’as assez écouté la passion et qu’il faut maintenant jouer la sécurité (la fameuse orientation dite sécurisée qui ressemble finalement à un grand saut dans le vide sans point de chute) : “au moment du bac, la petite fille qui se rêvait artiste redevient réaliste. On m’a dit qu’il fallait faire une prépa. Alors vu qu’on m’a dit… ‘on’ on ne sait pas trop qui c’était hein”. Le fameux “on-ma-dit”, cet odieux personnage dont l’aspirant-e entrepreneur-e apprend à se détacher pour au moins porter son projet jusqu’au point 0.1. “Bon, je me retrouve à devoir passer l’été à lire à la recherche du temps perdu. Je pense qu’il faut avoir un certain style de vie pour comprendre Marcel Proust ça me semble compliqué”. Tu sens la future étudiante galvanisée ? “Arrivée en Hypokhâgne [classe préparatoire littéraire], c’est vrai que le retour à la réalité a été un peu difficile. Moi qui n’ai jamais voulu rentrer dans une case, je réalise que là on a essayé de bien me tasser dans un petit coin case. Il n’y avait plus rien d’artistique en fait. Sans l’art, j’ai tenu 6 mois”. Une goutte d’eau de type ‘débat sans débat avec un prof de philo qui n’aimait pas spécialement les remises en question de Célia’ plus tard, elle décide de quitter la prépa (le fameux déclic qu’elle a choisi d’écouter). Là commence ce délicieux moment pré-entrepreneurial : la grosse phase d’introspection de quelques mois où le sujet est “ok, comment je repense ma vie entièrement ?”

“Et là, souffrance, tu t’arrêtes, tu n’as rien derrière. On te dit de tenter telle ou telle école, toi t’es complètement paumée, tu ne sais pas quoi faire. Tu passes des concours à la *mords-moi le noeud* [ndlr : oui c’était une grosse découverte orthographique pour moi aussi], ta famille te supporte à la maison dans la théorie du canapé (tu te lèves aux horaires de tout le monde mais une fois qu’ils sont partis, tu ne fais rien)”. Pendant 6 mois, elle se cherche, elle essaie plein de choses, elle veut savoir comment sa vie va avancer. “Pendant ce temps, j’étais en couple. Mon copain était parti à l’étranger puis il est finalement revenu entre temps. On discutait artisanat, apprentissage, manière d’apprendre. Ce qui m’a dégoutée aussi en Hypokhâgne, c’est la manière dont on apprenait les choses en poussant les gens à emmagasiner de la culture sans intérêt. L’idée c’était de lire, lire, lire sans gagner en connaissances. En parallèle de ça, mon copain me parlait de son apprentissage pour devenir artisan chocolatier. Il m’expliquait que l’idée d’apprentissage, c’était d’apprendre quelque chose grâce à quelqu’un qui te le transmet. Moi c’est un type d’enseignement qui me correspond plus. Cette idée de transmission me plaisait vraiment”. Elle aime tellement la transmission qu’elle s’est laissée transmettre ce goût de l’artisanat, d’un apprentissage différent, ses ambitions entrepreneuriales naissent.

Célia, artisane mosaïste est l’entrepreneure invitée de La Vraie Dose 64 : l’entrepreneuriat et le couple : lettre à mon co-fondateur de l’ombre

Célia, artisane mosaïste est l’entrepreneure invitée de La Vraie Dose 64 : l’entrepreneuriat et le couple : lettre à mon co-fondateur de l’ombre

“Le truc avec la mosaïque c’est que depuis que j’ai commencé, je suis vraiment en amour de ce matériaux, des ces matières. Pouvoir mettre mes mains dans ce bocal, c’est une dinguerie… Ma patronne avait des bocaux de matériaux, un peu comme des bocaux à bonbons.”

Les racines étant posées, il est temps de rencontrer la vie entrepreneuriale de Célia. Dans son cas à elle, il ne s’agit pas d’un projet mais d’un vrai choix de vie : l’artisanat en tant que mosaïste. “La mosaïque, je ne sais pas trop d’où c’est venu. En fait, pendant cette période où je disais que je ne faisais rien, finalement je faisais des trucs hyper créatifs. Je faisais des robes en cravates, je faisais des chaises en mosaïques”. À ce moment là Célia ne sait pas vraiment qu’elle est en train de se chercher et donc de se trouver. “T’as l’impression que tu t’es perdue à fond alors que ce n’est rien du tout. Puis, à un moment où il y a eu le déclic, j’ai réalisé que je voulais devenir apprentie. Je voulais apprendre avec quelqu’un qui avait un savoir faire et la générosité de le transmettre”.

Son goût de la mosaïque, Célia le laisse donc un peu au hasard. Pourtant un entrepreneur ne vit jamais vraiment les choses par hasard : coucou à tout le couplet présent dans l’intégralité des newsletters de LVD qui dit qu’une aventure entrepreneuriale, c’est avant tout un bout de valeurs, de personnalité, de vécu transformés en une entreprise. “En fait dans la mosaïque, il y a un côté bâtiment que j’aime bien, j’avais envie de me démarquer des autres, de ne pas forcément aller vers là où l’on attend une femme par rapport à d’autres milieux artistiques. Quand on me dit que si la mosaïque ne fonctionne pas, j’irai vers un autre artisanat, je réponds oui, la ferronnerie, qui est aussi vu comme un artisanat de garçon”. Tu vois, en insistant lourdement, j’ai réussi à comprendre ce qu’elle aimait tant de la mosaïque être là où l’on ne l’attend pas. “Et puis en mosaïque, je peux faire ce que je veux, si demain j’ai envie de faire une mosaïque en bois, je fais une mosaïque en bois”. En me rappelant de notre 1er café, je sais à quel point Célia aime aussi la mosaïque pour son côté ancré, post mortem : elle laisse une trace dans chaque bâtiment, rue où elle pose l’un des ses travaux.

Je m’oriente donc vers la mosaïque, je cherche plein de formations. Sachant que je voulais faire de l’apprentissage, une seule s’offre à moi : le CAP carrelage. J’avais vraiment envie d’avoir les pieds dedans, quitte à me prendre une claque”. Dans la foulée, elle trouve une entreprise de mosaïque dans laquelle effectuer son apprentissage, en y allant à la force de l’insistance. Elle alterne donc les semaines entre le CAP carrelage et une entreprise de mosaïque pendant 2 ans et demi. “L’atelier de mosaïque, c’était fou. J’ai travaillé sur des projets dingues. J’ai adoré. L’apprentissage à l’école, c’était dur, il faut le caractère honnêtement. J’ai toujours pensé avoir un caractère complètement lambda, un peu timide, un peu hypersensible, gentille, prête, à se faire un peu marcher sur les pieds. C’est un peu le cas mais finalement j’ai tenu le coup.Au début, j’ai pas mal fui, j’ai appris le carrelage en mode traditionnel, c’était très physique. Puis techniquement, c’était dur aussi car eux les autres élèves faisaient ça au quotidien dans leur entreprise alors que moi j’apprenais 2 métiers différents en parallèle. C’était chaud mais j’étais prête à en découdre”. Ces fameux moments de vie sponsorisés par la résilience où tu te trouves des ressources insoupçonnées parce que tes ambitions sont plus fortes. “Le truc avec la mosaïque c’est que depuis que j’ai commencé, je suis vraiment en amour de ce matériaux, des ces matières. Pouvoir mettre mes mains dans ce bocal, c’est une dinguerie… Ma patronne avait des bocaux de matériaux, un peu comme des bocaux à bonbons. Je m’étais mes bras entiers quand elle n’était pas là, ça faisait glingling. Voir tout ce que l’on peut faire avec la matière, c’est une folie. J’étais donc prête à tout pour savoir faire les choses”.

Une fois son diplôme obtenu, Célia part à Londres. Elle sent qu’elle a besoin d’apprendre l’anglais mais aussi de quitter sa 1ère patronne car une relation mêlant transmission, humain et art ne peut pas forcément tenir sur la durée. “Je crois qu’il faut croire en sa bonne étoile : au moment où j’arrive à Londres, ils ouvrent une école de mosaïque. J’y vais et je me propose en tant que bénévole. Ils sont forcément ravis. Je commence à bosser pour eux, d’abord avec les enfants puis pour les plus grands. J’ai même fait le logo de l’école. Ils l’ont posé quand je suis partie, je sais qu’il y a mon travail quelque part”. Voilà, la dernière expérience pré entrepreneuriale qui aura donné énormément de force à Célia avant de se lancer. Une première mosaïque posée, des mois à passer à transmettre son métier exactement comme elle voit la transmission. “En rentrant de cette expérience folle, je me suis dit que ça y est, c’était le moment de monter mon entreprise. Je commence dans l’entrée de chez ma mère, je m’installe un bureau, je poste quelques échantillons sur Instagram. Je n’avais pas de boulot mais c’était top car je pouvais créer comme je voulais”. Entre des grands questionnements qui savent si bien habiller un début d’aventure entrepreneuriale, Célia signe ses premiers contrats pour des particuliers et des entreprises (tu peux retrouver ses merveilles sur Instagram @Celia.Mosaic ou sur son site internet). 

Et si Célia fait la route entrepreneuriale accompagnée de quelques doutes, il y a quelqu’un qui a ses côtés ne doute pas… et c’est de “ce quelqu’un” dont elle voulait te parler aujourd’hui. Après avoir découvert son parcours humano-entrepreneuriale, plongeons dans la thématique choisie par Célia !

Célia a créé son entreprise de Mosaïques @Celia.Mosaic

Célia a créé son entreprise de Mosaïques @Celia.Mosaic

“Le sujet que j’ai choisi d’aborder avec la LVD family, c’est entreprendre en étant en couple. Il supporte ma tristesse, mes moments de joie, mes moments de doutes, mes moments de peine. Lui, contrairement à moi, ne doute pas de mon travail et ça c’est merveilleux”.

Chaque semaine, l’entrepreneur-e de la vraie vie invité-e vient te parler de son cheminement sans chichi (l’autopromo c’est la 1ère porte à gauche). Puis ensuite, il ou elle met des mots sur un sujet de coeur qui fait partie de son aventure entrepreneuriale. Et pour le thème choisi par Célia, on n’est pas mal niveau coeur : “Le sujet que j’ai choisi d’aborder avec la LVD family, c’est entreprendre en étant en couple. Pas en couple dans le sens où l’on monte une entreprise ensemble mais plutôt que moi, dans ma manière d’entreprendre, j’ai quelqu’un qui me supporte au quotidien. Il supporte ma tristesse, mes moments de joie, mes moments de doutes, mes moments de peine. Lui, contrairement à moi, ne doute pas de mon travail et ça c’est merveilleux. Au delà du couple, avoir dans ton entourage quelqu’un qui ne doute pas toi dans ton entrepreneuriat, c’est juste essentiel”. Alors tu connais LVD, l’idée n’est bien sûr là pas de te raconter la vie privée de Célia (je tiens fort fort fort à ma vie privée même si je passe ma vie à conter mes pleurnicheries alors t’imagines à quel point je chéris, celle de mes invités) mais plutôt de mettre en lumière un vrai sujet pour pas mal d’entrepreneur. Ici bien sûr ce sera la lecture de Célia et ça appelle forcément d’autres newsletters en résonance car chaque histoire est différente (il y a aussi des couples qui sont fort chatouillés par l’aventure entrepreneuriale, des binômes où ça fonctionne moins bien). Je crois pourtant que la vision abordée par Célia est ici précieuse car on entreprend rarement vraiment tout seul et pour de douces raisons développés plus bas, on ose pas toujours le dire !

C’est comme si l’on avait quelqu’un qui nous poussait tout le temps. Je n’aurais pas entrepris ou pas pareil ou pas aussi vite si lui n’avait pas été derrière moi”. Après tonton Jean-Mi, il s’agit là du deuxième personnage le plus connu de la LVD family : le co-fondateur / la co-fondatrice psychologique (celui-celle qui n’entreprend pas ton projet avec toi mais comme il-elle fait partie de ta vie… bah en fait un petit peu quand même). “On s’est rencontrés quand j’avais 17 ans, je n’avais pas du tout l’idée de devenir entrepreneure. Sauf que, lorsque je suis arrivée en apprentissage, le 1er mois, j’ai compris que je ne serais pas salariée. Dès le 1er mois je lui ai dit ‘tu sais mon coeur, je n’aurais pas de boulot en sortant, il faudra que je monte ma boîte’. Et lui il a dit ok, sans se poser plus de questions que ça”. Dans la fiche de poste du co-fondateur psychologique, sa 1ère mission est en effet de garder la pêche quand toi tu ne l’as plu (sachant que dans sa tête c’est parfois Hiroshima aussi mais ça ne se dit pas à un entrepreneur en pleurs pour risques probables d’explosion d’un projet qu’il faudrait quand même essayer de faire grandir 2 secondes).

Au delà du couple, il faut juste quelqu’un qui te soutient, qui est là pour t’encourager, qui croit en toi, en ton projet car toi tu ne peux pas tout faire, tu n’as pas cette énergie là. Ce qu’il faut c’est avoir cette personne qui croit en ce que tu fais, pense que tu es une personne courageuse de bout en bout. Ce n’est pas forcément la personne avec laquelle tu vis. Couple cela veut dire juste 2 personnes, ça peut-être ta mère, ton père, ton meilleur ami. Juste une personne qui croit toujours en toi même le jour où tu déposes le bilan et que ton idée d’entreprise était la meilleure”. Alors oui, posons bien les choses Célia et moi, on est pour l’apologie du “chacun fait ce qu’il veut” et surtout pas pour l’apologie du couple (on a déjà bien assez d’injonctions à chérir pour nos carrières d’entrepreneurs parfaits qui respectent les codes poliment, n’en rajoutons pas). Ici, ce que l’on voulait vraiment aborder, c’est ce compagnon de route qui est là pour te donner de la force là où tu n’en as pas. D’autres entrepreneurs de la LVD family offriront forcément une autre lecture.

Ce qui est assez drôle d’ailleurs c’est que comme je te le disais plus haut, le co-fondateur psychologique de Célia est donc artisan lui aussi. Pourtant il ne se voit pas spécialement devenir entrepreneur. “Je parle pour lui mais je pense que l’entrepreneuriat ne l’intéresse pas. Lui il pense toujours esprit d’équipe, or l’entrepreneur commence très souvent tout seul”. Et là, je trouve son soutien et son empathie pour Célia d’autant plus fascinant “Je pense justement qu’il me soutient car ce n’est pas son truc. On lui a toujours dit que comme il était artisan chocolatier, il allait forcément monter sa boîte. En fait, je pense que cette pression fait qu’il n’a justement jamais eu envie de monter sa boîte. Ce qui fait que quand moi je me suis dit il m’a dit ‘mais oui il le faut, vas-y file !’. Dans le fond, je pense qu’il voyait que j’en avais envie alors que moi je ne le voyais pas du tout”. Nouvelle compétence du co-fondateur psychologique : il sait déloger un syndrome de l’imposteur un peu trop prépondérant ou une humilité mal placée pour donner ce petit coup de pouce qui dit vas-y. “Ton projet, t’as beau avoir mis tes tripes dedans, l’avoir monté de toute pièce, il y a des jours où tu n’y crois pas du tout. Ces jours là, je lui dis que je n’y crois plus. Lui tout simplement il y croit”. On embrasse d’ailleurs bien fort son copain sans qui cette newsletter avec Célia n’aurait pas vu le jour pour raisons tout à fait commodes de “nan mais t’es sûre, nan mais est-ce que j’ai des trucs intéressants à dire moi ?” (je pense que toi et moi on doit pas mal de newsletters de LVD aux co-fondateurs psychologiques des entrepreneurs de la LVD family).

Le co-fondateur psychologique est aussi là pour calmer les ardeurs monomaniaques de l’entrepreneur (“mon projet c’est ma vie mon temps mon sangggg”, enfin tu vois ce que je veux dire quoi). “Je suis mon projet. Je suis Célia Ruellan Mosaïste. Mosaïste c’est un peu mon 2ème nom de famille donc décrocher c’est super dur ! Ce décrochage c’est lui qui me l’apporte. Être face à quelqu’un qui par ses réactions, te permet de comprendre qu’il faut parler d’autre chose, ça permet aussi de souffler”. La rumeur dit également que les co-fondateurs psychologiques miniatures aussi appelés *enfants* peuvent également opérer ce rôle à la perfection avec la petite option “je vais occuper 100% de ta bande passante pendant les prochaines heures kikou”, efficacité largement prouvée par tous les parents entrepreneurs de la LVD family !

Célia est une artisane convaincue et créative, elle est venue raconter son cheminement dans La Vraie Dose 64

Célia est une artisane convaincue et créative, elle est venue raconter son cheminement dans La Vraie Dose 64

“Il y en a un que l’on oublie toujours, le partenaire qui te pousse. Il faut lui rendre un peu hommage, que l’on arrête de se mentir. La startup nation, je veux bien, mais sans conjoints laisse tomber ! On ne tient pas mentalement, on ne bouffe pas, il n’y en a pas de startup nation”

Et il y encore une autre forme de soutien apportée par le co-fondateur psychologique, celle dont on ne parle jamais aux afterworks d’entrepreneuriat roses poudrés (et pourtant je suis certaine que si quelqu’un embrayait sur le sujet, après tout le monde s’engouffrerait dans la brèche : le soutien matériel. “Clairement, je ne pourrais pas faire ce que je fais s’il ne m’apportait pas une vraie stabilité y compris matérielle et financière. Parlons fric, c’est là aussi une vraie réalité de l’entrepreneuriat, il me soutient là dessus aussi.. C’est précieux et elle va avec la stabilité mentale”. Si tu savais comme j’étais heureuse que Célia mette les pieds dans le plat là dedans, sans que je n’ai besoin d’en parler. Parce qu’au delà de protéger sa vie privée, je pense qu’il y a aussi souvent un tabou voire une honte à avoir un soutien qui partage sa vie, à ne pas être l’entrepreneur qui se fait tout seul (dans tous les sens du terme). Les remerciements vers les conjoints sont finalement rares et tardifs et je crois que c’est à ce moment là de la conversation que l’on a compris quel axe on voulait donner à cette newsletter : mettre en lumière ces entrepreneurs malgré eux.

Typiquement si on reste toujours sur la dimension matérielle : “En tant que femme, tu ne peux pas dire que tu es épaulée financièrement car il y a le côté femme entretenue. En tant qu’homme tu ne peux pas dire ça non plus car il y a le côté fierté. Tout ça passe à la trappe car comme on ne veut pas être entretenus, on ne parle pas de la personne qui partage notre vie. Moi je ne peux pas me payer un appart. J’ai cette chance de partager la vie de quelqu’un qui s’est acheté un appart. Point. Il m’offre cette chance de vivre mon aventure entrepreneuriale”. Si l’on veut démystifier les choses deux minutes, derrière bon nombre d’aventures entrepreneuriales, se cache les allocations chômage, un co-fondateur psychologique ou les deux. Même les business les plus prolifiques permettent rarement de se rémunérer confortablement alors il y a forcément une bonne fée autour de ça. Dans le cas de Célia, ils ont par exemple fixé une limite de temps avant laquelle Célia est libre de s’épanouir à temps plein dans son projet. “Quand je fais mes crises existentielles en disant que je vais reprendre un job salarié, c’est lui qui me rassure, qui me rappelle que je me suis fixée 2 ans et qu’en attendant, je dois poursuivre mon projet parce que je l’ai dans le sang”.

J’ai souvent pensé à dédier une newsletter de La Vraie Dose à ces fameux co-fondateurs psychologiques, même de confier ma plume à l’un d’entre eux. “Quand tu m’as proposé d’être invitée d’une newsletter et que tu m’as aussi envoyé les propositions de sujets, il y a plein de thématiques sur lesquelles j’aurais pu m’exprimer. Mais, il y en a un que l’on oublie toujours, le partenaire qui te pousse. Il faut lui rendre un peu hommage, que l’on arrête de se mentir. La startup nation je veux bien mais sans conjoints laisse tomber, on ne tient pas mentalement, on ne bouffe pas, il n’y en a pas de startup nation”. Derrière ce tabou du co-fondateur psychologique pour les crises existentielles, le confort et le réconfort, il y a beaucoup de mythes liés à l’entrepreneuriat qui perdure : l’entrepreneur est plus solide mentalement qu’un robot, on gagne notre vie dès les 1ères minutes (mais oui tu sais bien même qu’après ça tu peux partir en vacances quand tu veux, qu’il suffit d’un petit humain pour permettre à un projet très loin. “Ce que l’on oublie toujours, c’est qu’un projet entrepreneurial c’est quelque chose de très lourd, tu ne peux pas porter tout seul. Je ne connais pas de gens qui soient capables de porter leur projet seuls, tu puises forcément ta force quelque part. En tout cas moi je n’y arrive pas, c’est un fait. Ce sont des oubliés qui souffrent un peu car en plus il y a toutes les difficultés qui se mêlent à ça !

“C’est lui mon moteur, c’est lui qui me fait devenir entrepreneure. Sans lui, peut-être que je serais devenue entrepreneure dans 10 ans, qu’on se serait rencontrées pour la 1000ème newsletter de La Vraie Dose”. Célia m’a dit à quel point cette aventure entrepreneuriale, un fait inévitable, le parcours de vie qu’elle devait vivre. Mais elle est lucide aussi sur le fait qu’elle aurait peut-être mis plus de temps ou pris des chemins détournés si son co-fondateur psychologique n’avait pas été là. “Je suis désolée les entrepreneurs mais je crois que c’est la newsletter pour les conjoints en fait, en couple, en famille ou en amitié. Je dis merci à tous les compagnons de route de nous faire vivre, de nous donner ces phrases, ces choses que l’on ne pourra jamais vous donner en retour juste pour nous permettre d’avancer. Allons rencontrer l’entrepreneur derrière l’entrepreneur, qui est finalement tout autant entrepreneur. Ce sont des entrepreneurs de l’ombre, ces Dark Vador cette histoire”.

Tu sais que j’ai coutume de terminer les newsletters en disant un énorme merci à l’entrepreneure invitée (sombre histoire de karma). D’ailleurs, Célia, je t’envoie un gros bravo pour la beauté de ton travail (à retrouver ici @Celia.Mosaic ou sur son site internet) - si t’as une mosaïque à faire faire, c’est le moment de faire marcher la LVD economy ! Mais aujourd’hui, j’ai surtout envie de dire un merci un peu particulier à Célia : merci Célia de m’avoir permise de rédiger les prochaines lignes, merci de m’avoir permise de remercier quelqu’un de si important pour La Vraie Dose et moi. Cette personne, c’est mon co-fondateur psychologique, la personne qui partage ma vie. Je reste très discrète sur ma vie hors LVD (tu auras constaté mes petites courbettes de type “un habitant de ma vie personnelle” pour ne pas trop raconter ma vie non plus) car je veux me garder une bulle, étant donné que je livre déjà beaucoup de moi (c’est que sur Instagram, entre la bienveillance et l’intrusion, c’est la porte à côté. Or comme j'adore les conseils non sollicités sur des sujets privés... Puis, alors que j’aime d’amour le storytelling, je crois que l’on est vraiment pas obligé de packager toute sa vie perso en filtres instagram pour fédérer autour de la vision de son entreprise même si je prends un plaisir à fou à l’incarner avec sincérité. 

Crois-moi qu’en discutant avec Célia, j’ai compris qu’il n’y avait pas que ça. Je crois que moi aussi je n’ai pas forcément assumé que je n’avais pas construit La Vraie Dose toute seule. Parce que je me sentais déjà bien assez fragile comme ça. Parce que j’ai mis un wagon de temps à assumer mon hypersensibilité et qu’il va me falloir maintenant à peu près 10 wagons pour assumer le rôle de mon coach de vie non entrepreneur et son impact sur ma vie entrepreneuriale. Parce que j’aurais adoré me la jouer mère courage des entrepreneuriats je pense. Parce que clairement mon co-fondateur psychologique est aussi un peu un associé ultra majoritaire de LVD tellement il m’a soutenue matériellement depuis le début de l’aventure. Moi aussi j’ai eu peur du mythe de la femme entretenue, peur que les gens ne comprennent pas (déjà que je passe ma vie à boire des cafés, t’imagines si en plus je ne suis pas foutue de m’assumer financièrement à 100%). Alors, je voulais dire merci à mon co-fondateur psychologique (oui c’est parce que je suis en train de rédiger ce paragraphe que tu me vois en train de chouiner au dessus mon clavier), merci pour tous ces dimanches soirs à attendre que je termine cette fichue newsletter, merci pour ces crises de panique quotidiennes épongées, merci d’avoir supporté ces 112000 virages de mon projet sans trop comprendre, merci de ne pas (trop) m’en vouloir pour ces vacances / cette vie est un peu plus cool que l’on ne peut pas encore s’offrir (et que l’on mériterait purée), merci d’avoir attendu 64 newsletters pour que je mette ma pudeur au placard et que je trouve la bonne façon d’enfin t’accorder la reconnaissance que tu mérites sans casser ma / notre bulle. Je ne sais pas pourquoi j’écris ça, là aujourd’hui. Je me dis que je ne dois pas être la seule à ne pas trouver les bons mots mais savoir dans ma tête comment un-e compagnon-e de route peut tout changer. Je crois que j’ai choisi d’écouter un déclic, celui de ma conversation avec Célia. “Hasard” de la vie, elle a en plus rencontré mon fameux cofondateur psychologique lors de la boum d’anniversaire de LVD. Il lui a dit que son projet était génial alors qu’elle était en train de danser la lambada avec l’effroi. Il a fait ça avec plusieurs entrepreneurs de la LVD family… Un co-fondateur psychologique qui envoie du love entrepreneurial : le meilleur associé possible nan ?

🔥LE CHALLENGE DE LA SEMAINE PROPOSÉ PAR CÉLIA : passer une journée pleine avec son co-fondateur psychologique sans parler de son entreprise et en le soutenant à notre tour" 🔥

 

En guise d’hommage à nos chers co-fondateurs psychologiques, souvent plus là pour soutenir et faire office de kleenex que pour recevoir de la reconnaissance en cascade, on te propose un challenge un peu spéciale ! L’été approchant, le soleil (fort présent) scintillant, c’est peut-être le moment de se créer une journée pour inverser un peu la tendance et devenir le co-fondateur psychologique...de son co-fondateur psychologique ! Le thème de la journée : prendre le temps de vraiment les encourager à leur tour dans leur projet (spoiler alert : le “je suis fier-ère de toi, lâché de bon matin avec le portable dans une main et la chaussure qui se met mal dans l’autre, manque peut-être un peu de solennité !)

💖 LA VRAIE PÉPITE DE LA SEMAINE 💖

La Vraie Pépite de Célia, qui a changé son aventure entrepreneuriale, c'est un sport : Le Bloc (l'escalade en salle)

Pourquoi cette pépite ? 

“Avant d’entreprendre je faisais pas mal de sport. Puis comme tous les entrepreneurs, j’ai beaucoup mangé et ça s’est soldé par ‘va falloir se remettre au sport. Alors on s’est remis au bloc et ça purée… qu’est ce que c’est remotivant ! L’entrepreneuriat, c’est gravir des sommets, tu passes ta vie à tomber. Le bloc c’est pareil ! Alors t’y retournes avec l’idée de te dépasser mentalement et de travailler sur toi !

Alors, maintenant, est-ce que tu n’aurais pas envie de recevoir les prochaines newsletters directement dans ta boite mail chaque lundi matin à 7h ?
Spoiler alert : ça parle vraie vie entrepreneuriale sans tabou et tu vas y faire la rencontre d’humains entrepreneurs aux parcours aussi singuliers qu’inspirants ! 🔽


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Sarah François