[LVD 63] "Un retour au salariat pendant mon aventure entrepreneuriale ? C'est ok !" - Lauriane - Instants Spectacles

La Vraie Dose 62 : “L’entrepreneuriat a changé mon rapport à l’argent” avec Lisa fondatrice d’IIWAB Studio

La Vraie Dose 62 : “L’entrepreneuriat a changé mon rapport à l’argent” avec Lisa fondatrice d’IIWAB Studio

“Je me suis beaucoup cherchée. Ma vie est une vie de déclics” 

Allez, cette semaine, on attaque un nouveau “gros sujet des entrepreneuriat qui fait peur” : le retour au salariat. Ayé tout le monde est mal à l’aise, bienvenue dans ton lundi matin ! Alors oui aujourd’hui on est sur du pieds dans le plat, on est sur du tabou, on est bien dans La Vraie Dose là. Et pour y aller avec recul et volupté, j’ai fait confiance à une entrepreneure de la LVD family, une vraie fidèle parmi les fidèles : Lauriane. Lauriane est abonnée à La Vraie Dose depuis quasiment les toutes premières newsletters. Je sais à quel point certaines newsletters ont vibré très fort en elle alors j’avais bien trop hâte de te la présenter ici (crois-moi que je n’y suis pas allée de main morte pour réussir à l’embarquer dans cette affaire). Lauriane est vraiment l’une des premières personnes rencontrées pendant mon aventure entrepreneuriale. On a déjà parlé de mille sujets ensemble, je connais son franc parler, sa sincérité. On avait notamment partagé une jolie discussion sur le théâtre et l’entrepreneuriat que tu peux revivre ici. En une année de papotages, j’ai vu ses projets grandir, ses convictions humano-entrepreneuriales s’affirmer. Je sais à quel point, m’accorder cette newsletter, parler à la LVD family de son parcours et de son dernier choix de vie entrepreneuriale est un nouveau cap franchi. Allez, on se dit tout ?

Comme d’habitude, commençons par comprendre quelle est donc l’humaine qui ne se cache pas trop derrière le projet de Lauriane. Elle a commencé par une punchline qui sent bon la LVD family, histoire de se mettre en jambe : “Je me suis beaucoup cherchée. Ma vie est une vie de déclics”. Avant son projet, Lauriane c’est l’histoire d’une humaine qui apprend à grandir, à jouer l’équilibre entre s’accepter elle-même et bousculer un peu qui elle est pour devenir qui elle veut. “Au départ, j’étais vraiment  très timide. Timide à un point où je rougissais dès que je devais parler à quelqu’un de nouveau. C’était difficile”. Dès le départ, cette timide qui refuse de s’enfermer décide de s’orienter dans l’évènementiel-tourisme après l’organisation du mariage d’une proche. Elle aime orchestrer, créer un moment, une émotion. Ce master qu’elle finit par valider pose les premières briques de ce métier si émotionnel qu’elle va découvrir plus tard.

“En 2011, je suis partie en Namibie et je suis tombée amoureuse de ce pays. 2 semaines plus tard, je pleurais pour ne pas repartir. J’ai adoré l’ambiance, la population. Je me suis alors mise à chercher des boulots en Afrique du Sud, j’ai voulu m’installer là bas”. Elle vit un 1er déclic, elle a envie de le suivre. Elle cherche déjà à s’imprégner d’une ambiance, d’une émotion. Elle travaille au Mc Café, veut mettre de l’argent de côté pour réaliser son rêve. Mais le destin avait prévu autre chose au programme. D’importants soucis de santé dans sa famille s’en mêlent, elle revoit ses plans. Mais dans ce 1er déclic avorté va en réalité se cacher un nouveau déclic. “Un soir on est tous assis devant la télé avec ma famille et on tombe sur une émission sur la 2 : on ne demande qu’à en rire. Le principe de l’émission est que de jeunes talents humoristes écrivent un sketch par semaine et ensuite ils passent devant un public. À ce moment là dans ma famille, c’était difficile. Le soir on se réunissaient devant la télé et tout le monde riait aux éclats, y compris ceux qui étaient malades… je me suis dit que c’était génial”. Dans ce moment difficile, Lauriane fait une belle découverte : le rire est un outil d’apaisement ultime. Voilà un nouveau déclic émotionnel qui va façonner sa carrière.

Lauriane suit sa fougue et décidé d’aller voir ce nouveau monde d’un peu plus près en allant assister à l’émission. Chaque lundi et mardi, ses jours de congés, elle se rend sur le tournage et elle commence à se créer une nouvelle vie “J’ai rencontré plein de gens, tu vis vachement de découvertes, il y a une vraie famille qui se crée”. Lauriane découvre dans la foulée l’esprit de troupe. C’est grâce à cette émission qu’elle va finalement prendre goût au théâtre. L’humoriste auquel elle va offrir son 1er soir de spectacle, c’est Florent Peyre car c’est notamment en visionnant l’un de ses sketchs dans l’émission qu’elle a partagé l’un des fous rires les plus libérateurs avec toute sa famille et c’est peut-être aussi ce sketch qui lui a donné l’envie d’aller pour de vrai au théâtre. “Je vais voir de plus en plus d’humoristes en spectacle. À un moment ils annonçaient tous qu’ils allaient jouer leur pièce au festival d’Avignon. Là je me dis que ce serait marrant si j’y allais.” Et pendant le festival, Lauriane fait une rencontre : “Je ne sais pas trop comment mais je me retrouve à faire la rencontre de la chargée de diffusion de Florent Peyre”. Et là, j’ai eu très envie de m’arrêter sur le fameux “je ne sais pas trop comment” (tu les connais hein ces humains entrepreneurs qui provoquent les rencontres qui changent tout “sans faire exprès”). En fait, cette chargée de diffusion était en train de tracter pour le prochain spectacle de Florent Peyre et Lauriane a décidé de l’aborder.”Sûrement très maladroitement car je ne connaissais pas encore bien le milieu, je suis allée lui dire que je cherchais un stage si jamais ils avaient besoin de quelqu’un. Je ne sais plus trop comment j’ai fait ça. Elle m’a donné sa carte et j’ai fini par travailler avec eux”.

L’année suivante, Lauriane trouve finalement un stage qui se transforme en job en tant que chargée de billetterie dans un théâtre. Elle sent à nouveau ses ailes se déployer. “À un moment, j’ai appris que la titulaire devait partir. Alors, je suis allée voir la chef et je me suis proposée”. Le théâtre ou l’univers dans lequel Lauriane range sa timidité au placard pour réaliser ses rêves. Clairement, j’ai donc titillé Lauriane là dessus, sur cette personnalité bien affirmée qui ose se montrer et j’ai eu envie de comprendre pourquoi tous ces chocapics se font dans sa tête dès qu’il s’agit de théâtre. “En fait, j’ai découvert le rire et j’ai eu envie d’offrir ce bonheur aux gens. En guichet par exemple, j’adore parler des spectacles aux gens, leur expliquer quelle émotion va leur procurer tel ou tel spectacle”. Lauriane m’a beaucoup confié lors de notre conversation que ce moment de sa vie si difficile qu’elle a pu affronter grâce au théâtre lui a fait comprendre toute la magie du spectacle vivant. “Le théâtre ça désinhibe tout. Ça fait du bien, tu ris, ça décomplexe. Par exemple, le jour où je suis allée voir le spectacle de Florent Peyre dans un petit théâtre, j’ai été placée au premier rang car j’étais dans les premiers arrivants. À un moment donné, Florent Peyre était juste en face de moi et il m’a fait une grimace. J’ai pleuré de rire, je crois que je n’ai jamais autant ri. Son spectacle a été un vrai déclic d’ailleurs”.

Sauf que Lauriane n’est pas restée d’un seul côté de la scène et elle a décidé de se lancer le nouveau défi de devenir comédienne en amateur puis semi-pro. “Fin 2015, j’ai fait un burn out. j’ai réalisé que je devais agir. C’est une mission freelance que j’ai faite pour un groupe et qui a tout changé. Je les aidés sur la partie promo de leur spectacle et relations presse. Au bout d’un an, je me suis reconstruite grâce à ça. L’un des membres du groupe est un magicien et il m’a complètement reboostée, il m’a dit que tout ce que je faisais était génial. C’est mon magicien”. Là, dans la tête de Lauriane, tout se croise : cette rencontre, cet amour grandissant du théâtre, sa personnalité, cette envie de nouveaux challenges. “J'ai réalisé que quelque chose n’allait pas : je ne pouvais pas aborder quelqu’un sans rougir. Je me suis inscrite à un cours de théâtre pour tester. Dès le 1er cours j’ai ressenti la bienveillance des gens. Ce 1er cours a été radical, ça a été une bouffée d'oxygène. Je suis retournée au deuxième, ils m’ont fait faire une impro alors que je m’en sentais incapable. Les gens t’applaudissent et ne te jugent pas.” Petit à petit, Lauriane passe de spectatrice à actrice. Elle se découvre elle-même, elle découvre l’adrénaline d’être sur scène. Elle est même allée jusqu’à écrire et interpréter son propre sketch en abordant ce sujet si précieux qu’est sa timidité.

Lauriane, fondatrice d’Instants Spectacles, est l’entrepreneure de la vraie vie de La Vraie Dose 63

Lauriane, fondatrice d’Instants Spectacles, est l’entrepreneure de la vraie vie de La Vraie Dose 63

“Ce qui m’a poussée à faire d’Instants Spectacles un projet, c’est d’expliquer comment le théâtre a réussi à me faire dépasser ma timidité, à me faire me sentir bien”

Ce moment où Lauriane passe de spectatrice à actrice de sa passion et même de sa vie est une jolie transition vers son projet entrepreneurial qu’elle va te présenter. “Mon projet s’appelle Instants Spectacles. Au départ, ça s’appelait ma boîte à spectacle car quand j’ai commencé à aller voir des spectacles, je gardais plein de flyers. Et je trouvais ça sympa cette idée de boîte. Puis sur les réseaux sociaux, comme c’était trop long alors j’ai écrit instants théâtre. Les attachés de presse ont un peu tout mélangé et disaient tout le temps Instants Spectacles. Du coup c’est resté !”. La symbolique de la boîte est précieuse car elle exprime toute l’envie de Lauriane d’embarquer les gens au théâtre, de parler du spectacle vivant à tous. “Sur les sites de réservation, tu peux mettre des critiques mais je trouvais les avis peu développés. Alors, j’ai décidé d’étoffer les choses et de créer mon propre blogue de critique. Dès les 1ères critiques, j’ai commencé à être contactée par les attachés de presse. Quand tu reçois ton 1er appel d’attaché de presse, tu te dis wah... mais t’es contente quand même”. À ce moment là, en 2013, Lauriane était employée de billetterie comme elle t’en parlait plus haut. Comme tout entrepreneur qui se respecte, elle n’avait absolument pas l’idée que ce blog allait devenir un vrai projet, elle se laissait simplement guidée par son envie de faire découvrir le théâtre, d’aiguiller les gens vers un spectacle un peu dans l’idée de leur faire vivre une vraie expérience émotionnelle.

“J’avais un point clé : ne jamais descendre un spectacle. Tout simplement car je n’avais pas envie de dégouter les gens du théâtre. Même quand un spectacle ne me plaisait pas vraiment, je me rendais compte que ça plaisait à d’autres gens autour de moi. Alors, par empathie, j’essayais de capter ce qui plaisait aux gens pour chaque spectacle et de le partager”. Lauriane a envie d’offrir ce bonheur à tous qu’elle a vécu en découvrant le théâtre. “Le théâtre est une vraie façon d’échapper à ses soucis, de se libérer, de vivre des expériences”. Lauriane raconte notamment sur son bloc tout son cheminement, ce qui l’a amenée vers le théâtre et surtout à quel moment, elle est passée de l’autre côté de la semaine. Elle raconte sa propre expérience mais dans l’altérité pour que chacun puisse enfin vivre sa propre expérience théâtrale.

Ce qui m’a poussée à faire d’instants spectacles un projet, c’est d’expliquer comment le théâtre a réussi à me faire dépasser ma timidité, à me faire me sentir bien. À un moment donné, j’en ai eu marre de faire des critiques, il y avait des blogs de critiques qui pullulaient partout sur internet. J’ai voulu faire autre chose, montrer aux gens que le théâtre n’était pas qu’un truc qui avait l’air de coûter cher mais véritablement une expérience qui t’apporte énormément personnellement”. Naturellement, en écoutant son intuition, Lauriane fait grandir son blog par la force des choses et développe ses ambitions entrepreneuriales. “J’ai l’ambition de créer une communauté autour du théâtre pour permettre aux gens de se rencontrer, par exemple en sortant au théâtre ensemble. Les gens pourraient aussi se trouver des points communs grâce au théâtre”. C’est notamment une rencontre qui a fait comprendre à Lauriane qu’elle était en train de changer de posture, de devenir l’entrepreneure de son projet : sa rencontre avec Élise. Tu connais peut-être déjà Élise car elle a été également l’entrepreneure de la vraie vie invitée dans LVD le temps de la newsletter LVD 58 où elle était venue te parler d’hypersensibilité. Lauriane rencontre Élise à un évènement et l’entend dire cette phrase : si tu te demandes quel est le projet entrepreneurial que tu dois construire, demande toi une chose ‘pourquoi mes amis m’appellent ?’. Pour Lauriane, c’est un vrai déclic, elle va même verser sa larmichette ; “Là ça a fait tilt dans ma tête, j’ai réalisé que c’était tout le temps moi la personne que l’on appelait lorsque l’on voulait aller au théâtre. Quand on cherche un spectacle, une émotion, c’est à moi que l’on demande. Quand Élise a prononcé cette phrase, je me suis dit que c’était vraiment ça : je veux trouver le bon spectacle pour chaque spectateur. Lui offrir l’émotion qu’il recherche”.

Alors, Lauriane est actuellement en train d’offrir une nouvelle étape de vie à Instants Spectacles. “Il y a plein de sites qui répertorient les spectacles. Mais il n’y a pas un site qui répertorie les spectacles par programmation, par thématique, par lieu, par émotion ressentie. La prochaine étape est de construire un site qui permette à chacun de trouver le bon spectacle en fonction de ses envies. J’espère que cela sera lancé à l’automne prochain.” Toujours dans le prolongement de son envie ‘d’amener tout le monde au théâtre’ (une expression chère à son coeur d’entrepreneure du spectacle), Lauriane veut créer “le guide du routard du spectateur”. “J’ai envie d’en faire la référence des spectacles à Paris et c’est ça qui me booste en fait”. Elle a encore plein d’idées, de questionnements qui se bousculent pour cette nouvelle étape de son projet mais l’ambition est déjà là.

Lauriane passionnée par le spectacle vivant a créé le webzine “Instants Spectacles”

Lauriane passionnée par le spectacle vivant a créé le webzine “Instants Spectacles”

“J’ai réalisé que j’avais besoin de m’éloigner de ce milieu pour mieux y revenir. J’avais besoin d’un boulot pour m’évader pour quand ma passion me soule. Ce projet j’ai envie de m’éclater dedans. Je ne veux pas forcément que l’entrepreneuriat me paie mon loyer mais vraiment me permette de m’épanouir”

Et c’est en parlant de cette ambition que nous allons tout droit vers le sujet que Lauriane a décidé d’aborder avec la LVD family après avoir raconté son parcours humano-entrepreneurial. Le sujet que j’ai choisi est “J’ai du prendre un job salarié en parallèle de mon aventure entrepreneuriale en parallèle de mon projet...et c’est ok”. Beaucoup de choses se sont croisées dans la tête de Lauriane, il y a eu cette envie de développer son projet encore plus loin, plus haut, plus fort. Et puis il y a peut-être une envie de changement aussi. Sans parler du fait que le quotidien entrepreneurial pèse un peu trop. “En 2019, je me suis beaucoup questionnée. J’ai cherché ce qu’il me manquait dans ma vie, quelles étaient mes frustrations. J’ai réalisé qu’en étant freelance, j’avais une vie très précaire. Or, j’ai besoin de quelque chose de stable pour avoir une vie à côté du spectacle. Puis, sincèrement, je commençais à être fatiguée du théâtre : je vais au théâtre, je prends des cours de théâtres, je suis freelance dans le milieu du théâtre et je suis également salariée dans l’univers du spectacle. J’ai vraiment eu peur de finir par être dégoûtée du théâtre”. Loin des clichés sur l’entrepreneuriat “qu”il est tout beau ouh qu’il est tout beau parce qu’on vit de notre passion alors c’est génial tu comprends”,

Lauriane met là le doigts sur deux sujets un peu tabou de l’entrepreneuriat : les sous-sous (dont on se parlait justement dans la dernière newsletter, décidément c’est la saison des sujets qui font peur) et le côté un peu trop monomaniaque de l’aventure entrepreneuriale (“je vis mon projet, je dors mon projet, je mange mon projet, je suis mon projet… puisqu’il m’a un peu bouffé d’ailleurs mais chut, faut pas le dire parce que ce n’est pas poli sur les instagrams de l’entrepreneuriat rose poudré). Je ne sais pas si tu faisais déjà partie de la LVD family mais il y a quelques newsletters en arrière, Marion était venue nous parler d’entrepreneuriat passion et de ce que ça pouvait avoir comme limites. Notamment le fait que tu pouvais parfois risquer de ne plus pouvoir voir ta passion en peintures quand il s’agissait de lui dédier le plus clair de ton temps et de faire ton possible pour en vivre. “Pendant 1 an et demi, je ne suis plus allée voir de spectacles. Je prenais des cours de théâtre mais je n’avais plus de plaisir à aller au théâtre”.

J’ai réalisé que j’avais besoin de m’éloigner de ce milieu pour mieux y revenir. J’avais besoin d’un boulot pour m’évader de quand ma passion me soulerait. Ce projet j’ai envie de m’éclater dedans. Je ne veux pas forcément que l’entrepreneuriat me paie mon loyer mais vraiment me permette de m’épanouir”. Et là, à nouveau, j’aime le fait que Lauriane clame haut et fort cette philosophie à contre-courant. Et si j’avais le droit de ne pas travailler sur mon projet à plein temps ? Et si j’avais le droit d’avoir plusieurs projets et mêmes plusieurs vies ? Et même, encore plus avant-gardiste : et si j’avais le droit de ne pas avoir envie de gagner ma vie avec mon projet ? “Je veux vraiment pouvoir tester des choses constamment, me lancer des défis. Créer des choses plus ponctuellement mais avoir les moyens de mes envies”. Lauriane a fondamentalement des envies pour cette nouvelle étape de vie d’Instants Spectacles. Elle préfère ne pas devoir vivre de son projet pour pouvoir le laisser vivre. Si on met vraiment les pieds dans le plat pour de vrai, devoir vivre rapidement de son projet, c’est forcément devoir faire quelques concessions sur ses envies. Et Lauriane n’a pas envie de faire ces concessions là, pas à ce stade de sa vie entrepreneuriale.

Alors, j’ai voulu savoir quand Lauriane s’était autorisée cet entrepreneuriat libéré. Au delà d’avoir les moyens de son projet de rêve, elle a aussi réalisé que son entrepreneuriat était un morceau de sa vie (et non pas sa vie). Or ce morceau de vie s’articule lui-même avec d’autres besoins, d’autres aspirations qui se ont crié de plus en plus fort. “Cette année, lorsque j’étais freelance pour une grosse boîte de production. J’étais un peu assistante de tout, j’étais vraiment sous-payée”. Il faut aussi admettre que les 2 casquettes d’entrepreneure de Lauriane (freelance et créatrice d’un site sur le spectacle vivant) se dandinent dans un secteur qui n’est économiquement pas simple. “Il faut le dire, je vis dans un tout petit appartement de 16 mètres carrés, je n’ai pas une vraie cuisine ni une vraie chambre. J’arrive à un moment de ma vie où j’ai besoin de prendre soin de moi”. J’ai tellement remercié intérieurement et extérieurement Lauriane pour ses mots. Ces mots que beaucoup d’entrepreneurs pensent très haut dans leur tête mais n’arrive pas à dire, même tout bas. Parce que tout à coup, quand tu deviens entrepreneur, que tu vis de ta passion, il y a comme on le disait la semaine passée, ce mythe de l’entrepreneur qui galère. Et ce mythe est entretenu savamment encore et encore. Tu ne peux être un vrai entrepreneur que si tu ne vis que d’amour et d’eau fraîche. Sauf qu’en toile de fond d’une vie entrepreneuriale, il y a souvent une vie d’humain qui a besoin de s’exprimer, de voir loin elle aussi. “L’entrepreneuriat ne doit pas te bouffer. Il ne doit bouffer ton compte en banque, ta santé non plus. Ça doit rester une expérience qui te permet de t’épanouir toi personnellement. J’ai aussi envie de refaire des voyages, d’avoir une vie saine et un peu plus tard de fonder une famille”.

IIWAB studio, l’entreprise fondée par Lisa, studio de webdesign et coaching pour entrepreneurs

IIWAB studio, l’entreprise fondée par Lisa, studio de webdesign et coaching pour entrepreneurs

“Découvrir un nouveau secteur ne fait pas peur tant que je suis dans un univers bienveillant. Il y a d’ailleurs une phrase de Nelson Mandela que j’aime beaucoup : ‘soit j’aime, soit j’apprends’. Or une vie de salariée en parallèle de l’entrepreneuriat, ça permet aussi d’aimer, d’apprendre. D’aimer apprendre.”

Alors, Lauriane s’est lancée en quête d’un nouveau job salarié, un job qui n’avait pas de lien de théâtre, un job qui disait autre chose d’elle. Contrairement à pas mal de clichés que l’on pourrait avoir, Lauriane est redevenue salariée au coeur de son aventure entrepreneuriale par choix et elle aime ça. “Là le challenge était de sortir de ce milieu où j’étais constamment, le théâtre. La boîte dans laquelle je bosse est dans un univers hyper stimulant, en évolution constante puisqu’il s’agit du développement durable. Je ne viens pas du tout de ce milieu, il n’a pas grand lien avec le théâtre. Or, c’est aussi ça que j’ai découvert : je n’aime pas être cantonnée à un seul milieu. J’ai ce besoin de découvrir tout le temps de nouvelles choses. Par exemple, j’ai beaucoup aimé les dernières newsletters de LVD avec Thibault et Victor sur le fait d’apprendre constamment, de se lancer des défis. Découvrir un nouveau secteur ne fait pas peur tant que je suis dans un univers bienveillant. Il y a d’ailleurs une phrase de Nelson Mandela que j’aime beaucoup : ‘soit j’aime, soit j’apprends’. Or une vie de salariée en parallèle de l’entrepreneuriat, ça permet aussi d’aimer, d’apprendre. D’aimer apprendre.”

“Pendant mon entretien d’embauche, on a beaucoup parlé d’entrepreneuriat. Je leur ai parlé d’instants spectacles, de mon nouveau projet tout en les rassurant sur le fait que ça n’empiéterait pas sur mon travail”. Et ce profil entrepreneurial, ce côté double casquette parle de plus en plus aux entreprises. “Pendant tous les processus de recrutement que j’ai passés, il y a quelques entreprises qui avait bel et bien ce profil ‘entrepreneur’ en tête. C’est un profil qui est recherché maintenant. De plus, en plus les recrutements sont basés sur la personnalité”. Et on est d’accord que l’entrepreneuriat, en terme de développement de la personnalité, d’affirmation de nos forces et de chouchouteries de nos faiblesses, on est pas mal. Justement pour le poste salarié occupé par Lauriane, il fallait un tempérament un peu sur tous les fronts, quelqu’un qui aime changer de sujet (spoiler alert : l’entrepreneur est surentraîné pour le JO du nombre de métiers différents exercés en une journée). “J’avais justement dit en entretien que je n’aimais pas m’ennuyer, que mon côté entrepreneur faisait que j’avais besoin de faire beaucoup de choses différentes en une journée”.

Enfin, au delà de se libérer de plein de contingences financières et passionnelles, cette vie de salariée offre à Lauriane encore autre chose de très précieux : l’inspiration. “En travaillant aux côtés d’entrepreneurs, je m’inspire beaucoup d’eux. De leur stratégie commerciale, de leur façon de faire. Mon poste est très commercial, j’ai un peu le rôle de voix de l’entreprise. C’est un vrai challenge surtout pour moi”. Au delà d’apporter une bouffée d’oxygène au niveau financier, un job salarié offre aussi une vraie bouffée d’oxygène professionnelle. Lorsqu’on entreprend, on doit bien sûr se bousculer. Mais en étant son propre patron, on se fixe aussi ses propres règles. Or parfois nos propres règles manquent d’un regard extérieur, d’une dynamique extérieure, nous enferment un peu. En étant propulsée en tant que commerciale dans un secteur qu’elle découvre, Lauriane vit de nouvelles choses et elle est stimulée pour se dépasser, aller se chercher. Et ça, ça va forcément venir nourrir son projet. C'est sur ces mots que je voudrais remercier Lauriane à l'infini de s'être emparée de ce sujet un peu tabou avec tant de recul et de sincérité. Le retour au salariat désacralisé par une entrepreneure qui apprendre ce qu'elle veut dans la vie, de loin un précieux sujet. Alors si tu veux suivre les aventures entrepreneuriales de Lauriane ou lui écrire un mot doux, tu peux aller visiter le site internet Instants Spectacles et la page Facebook associée.

🔥LE CHALLENGE DE LA SEMAINE PROPOSÉ PAR LAURIANE : “Faire la liste des éléments pour rendre ma vie d’entrepreneure plus saine”. 🔥

 

Dans la démarche de Lauriane dans sa quête d’un job salarié, il y avait le besoin de se construire une vie qui lui permettait de prendre PLUS soin d’elle y compris en s’en donnant financièrement les moyens. De même, en s’autorisant ce job salarié, elle a pu s’offrir la vie entrepreneuriale à laquelle elle aspirait, aller vers une nouvelle étape de son projet dont elle rêvait sans devoir faire des concessions.

 

En faisant le point sur ce qu’elle attendait de l’entrepreneuriat et ce qu’elle avait besoin d’aller chercher ailleurs, Lauriane a compris qu’elle devait reprendre un job salarié. Ton histoire sera forcément différente. Mais en me posant sincèrement sur les mots de Lauriane, je me dis que se reconnecter vraiment au rôle que l’on veut donner à son projet nous emmène forcément vers un entrepreneuriat plus épanouissant.

💖 LA VRAIE PÉPITE DE LA SEMAINE 💖

La Vraie Pépite de Lauriane, qui a changé son aventure entrepreneuriale, c'est un livre : "Les 4 accords Toltèques" de Miguel Ruiz

Pourquoi cette pépite ? 

Ce livre m’a beaucoup aidée à réaliser que je prenais parfois les choses trop personnellement, trop à coeur. Dans ma vie d’entrepreneure, quand j’ai l’impression que tout va de travers, que je me pose trop de questions, je me reconnecte à ces 4 accords. Je fais le point, je vois si j’ai bien agit. Ce livre a impacté mon entrepreneuriat mais aussi ma vie.

Alors, maintenant, est-ce que tu n’aurais pas envie de recevoir les prochaines newsletters directement dans ta boite mail chaque lundi matin à 7h ?
Spoiler alert : ça parle vraie vie entrepreneuriale sans tabou et tu vas y faire la rencontre d’humains entrepreneurs aux parcours aussi singuliers qu’inspirants ! 🔽


💞SOUTENIR LA VRAIE DOSE !💞


La Vraie Dose est désormais le média des débuts de l'entrepreneuriat co-financé par des partenaires de choix... et par sa communauté
 ! Le principe ? Chaque mois, les lecteurs de La Vraie Dose qui le souhaitent, contribuent à son financement, pour le montant de leur choix à partir de 1€/mois. En échange, ils accèdent à de nouveaux contenus / avantages LVD !

Quels sont ces contenus / avantages réservés aux contributeurs mensuels ?
🌟La Vraie Dose de Papotage : la communauté en ligne entre copains entrepreneurs mégas solidaires où tu pourras trouver des bons plans, célébrer tes jolies victoires, recevoir du soutien, pleurnicher sans être jugé-e. Et surtout, trouver des entrepreneur-e-s proches de chez toi pour savourer un café entrepreneur-e-s bien sûr !
🌟Journal d'une entrepreneure bien trop sensible : la deuxième newsletter de La Vraie Dose, cette fois envoyée le vendredi à 7h ! Dedans je te glisse chaque semaine un vrai gros chapitre de mon journal de bord entrepreneurial. Je t’y partage mes joies, mes peines, mes certitudes, mes hésitations… L'ambiance y est plus chronologique et plus intimiste que dans la news du lundi !

---

Alors si tu veux contribuer mensuellement à La Vraie Dose et accéder à ces contenus exclusifs pour encore plus de #LoveEntrepreneurial :
👉viens donc sur la page du financement participatif de La Vraie Dose !👈

Sarah François