[LVD 62] "L'entrepreneuriat a changé mon rapport à l'argent" - Lisa - IIWAB Studio

La Vraie Dose 62 : “L’entrepreneuriat a changé mon rapport à l’argent” avec Lisa fondatrice d’IIWAB Studio

La Vraie Dose 62 : “L’entrepreneuriat a changé mon rapport à l’argent” avec Lisa fondatrice d’IIWAB Studio

“J’ai eu 30 ans, j’ai ressenti cette maturité. J’ai connu des échecs, des réussites qui te forgent” 

Bon, aujourd’hui, on va mettre sérieusement les pieds dans le plat (pour changer tu me diras). Et pour ça, j’avais besoin d’une alliée de papotage et de parler vrai entrepreneurial de choix : Lisa ! On se connait avec Lisa depuis la rentrée de septembre (à l’échelle d’une vie, ça n’est pas une longue connaissance mais à l’échelle entrepreneuriale, c’est carrément toute une enfance / adolescence vécue ensemble). Avec Lisa, on a partagé pas mal de cafés et autres breuvages jusqu’à donner vie au tout 1er partenariat historique de LVD (bon les partenariats LVD sont actuellement au nombre de deux mais tu vois du coup à quel point Lisa est une bonne fée de la LVD family). On se fait confiance, on s’entraide, on travaille même ensemble : autant te dire qu’il me tardait sérieusement de te la présenter. Au delà d’être une membre de la LVD family sérieusement engagée, je savais que quelque soit le sujet choisi par Lisa, son vécu humano-entrepreneurial qu’elle raconte toujours sans détour ainsi que sa vision décomplexée mais terre à terre de la vraie réussite entrepreneuriale (pas celle romancée des instagrams)... tout ça allait te parler fort fort fort. Allez, j’arrête de trépigner et je te présente Lisa, encore une humaine entrepreneure qui va t’inspirer là où ça fait du bien !

Il est donc temps de laisser à Lisa le soin de te présenter sa folle aventure de vie, histoire d’aller farfouiner dans ses racines humano-entrepreneuriales. “J’ai commencé par des études en commerce, en communication. Puis pas de travail dans ce secteur alors j’ai démarré un job alimentaire en tant que vendeuse dans l’habillement. Quand j’étais petite, je rêvais d’être styliste, je crois que c’est pour ça que je suis partie vers la mode. Ce secteur m’a vraiment plu notamment car j’ai vu qu’il n’y avait pas besoin de 12 diplômes pour évoluer”. Lisa passe 10 ans dans ce secteur, elle a de l'ambition, prend vite de belles responsabilités notamment à des postes de manager. Au début, la petite fille qui se rêvait styliste s’éclate : un métier créatif, relationnel, en constant mouvement dans lequel elle progresse vite. Puis petit à petit, elle sent ce secteur changer avec les les marques de Fast Fashion “Le but du jeu est devenu d’ouvrir un maximum de boutiques en un minimum de temps. Les budgets ne suivent pas donc on finit par licencier, il faut faire toujours plus”. La prise de recul sur son métier commence à gagner Lisa et elle va aller vite de pair avec un épuisement professionnel. “La notion de productivité a pris le pas sur la notion de mode, de shopping plaisir sur le client même. Les clients devenaient des portefeuilles. Je pense que c’est surtout ça qui a fait que je ne me suis plus reconnue, vendre toujours plus, de la mauvaise qualité, à toujours moins cher. Ce n’était plus du tout mes valeurs. Je me suis sentie désemparée avec en prime beaucoup de fatigue et un burnout”. (Il y a là une vraie résonance avec La Vraie Dose 60 "Entreprendre pour construire l'entreprise qui répond à mes valeurs" avec Asefeh en Rockstar humano-entrepreneurial). Lisa revient avec beaucoup de sincérité sur ce burn out, ses racines et la façon dont elle a pu avancer dans un épisode de son podcast juste ici.

J’ai arrêté ce job en me disant que je voulais monter ma boîte mais sans savoir ce que j’allais faire, ni comment, ni pourquoi. Je savais que je voulais mon indépendance et je m’en sentais capable (chose que je n’aurais jamais pensé à 20 ans soyons clairs)”. La question que je me suis posée à ce moment là c’est : d’où il est venu ce déclic ? Ce moment de vie où en croisant les données, Lisa se dit ‘je pars pour autre chose et je veux faire ça’ ? “C’est tout bête, ça n’a rien à voir mais je me suis dit que j’avais brassé des millions en magasin et des grosses équipes donc je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison que je n’y arrive pas. Je me suis dit que je savais comment on créait une marque. Puis de voir toutes les erreurs qu’ils peuvent faire même à ce niveau, tu te déculpabilises. Bon il se trouve que ce n’est pas le même métier et que ce n’est pas si simple que ça mais ça m’a donnée de l’élan”. Il y a cette vie de salariée qui a permis à Lisa de trouver la légitimité qu’elle ne s’accordait pas plus jeune. Puis il y a eu son évolution personnelle qui a eu un vrai impact aussi. “J’ai eu 30 ans, j’ai ressenti cette maturité. J’ai connu des échecs, des réussites qui te forgent”. Pour retrouver le couplet sur le fait qu’une aventure entrepreneuriale, c’est avant tout la concrétisation du parcours, de la personnalité, des valeurs d’un entrepreneur en un projet… tu peux lire l’intégralité des newsletters de La Vraie Dose !

Lisa, fondatrice d’IIWAB studio est l’entrepreneure de la vraie vie invitée de cette vraie dose 62

Lisa, fondatrice d’IIWAB studio est l’entrepreneure de la vraie vie invitée de cette vraie dose 62

“J’ai tout refondu, refait un site hyper coloré, punchy, beaucoup plus à mon image. J’ai créé le branding coaching qui est une offre avec coaching, design, communication dedans. J’y ai cru dur comme fer alors que c’était une offre un peu différente, un prix plus élevé mais je me suis accrochée. Je me suis lâchée en fait et ça a été le début du vrai IIWAB studio”

Et alors, allons-y gaiement et découvrons ce parcours de vie de Lisa concrétisé en un projet entrepreneurial. “J’ai créé IIWAB studio, c’est au départ un studio de graphisme et de webdesign. Ça a un peu évolué car maintenant je fais également du coaching pour aider les entrepreneurs à se lancer. On part du projet et on construit pas à pas l’entreprise. Il y a un côté spirituel dans mon accompagnement car tout commence de la personnalité de l’entrepreneur, y compris pour le webdeisgn, l’identité visuel, le site etc”. Là, j’ai eu envie de m’arrêter sur le “au départ”... “et maintenant” car je sais que l’une des newsletters de La Vraie Dose préférée de Lisa, c’est LVD 43 “J’ai carrément le droit de donner une nouvelle direction à mon projet”(avec Caroline en rockstar humano-entrepreneuriale). J’aime d’amour cette newsletter mais je crois que si elle a particulièrement parlé à Lisa, c’est parce qu’elle a débarqué dans sa boîte mail à un moment où il fallait réaligner deux trois planètes après quelques mois de vie de son projet. “Au départ, je me suis lancée pour devenir graphiste freelance en me basant sur l’idée et les exemples que j’avais de ce qu’était un graphiste freelance. Tu fais des logos, des identités visuelles, t’es plus dans l'exécution. Je n’avais pas anticipé que la relation client se passerait comme cela en fait, que je serais “juste” prestataire de service, que l’on m’appelait pour une prestation et puis après tchao. Là j’ai senti la solitude, l’absence de relations sociales. C’est vraiment sommaire, impersonnel, pas très intéressant”. Lisa traverse donc ce délicieux moment où tu réalises que même si tu trouves ton projet bien sympa, lui et toi ce n’est pas encore vraiment ça. Il y a le fait d’aimer son projet, l’idée qu’il transmet. Puis après, il y a le fait de se sentir épanoui en tant qu’entrepreneur qui porte ce projet et là clairement ça devient un projet dans le projet.

Dès mes 1ers clients, j’ai compris que je n’allais pas tenir 10 ans comme cela, que je ne pourrais pas juste être l’exécutante. À ce moment là, je me suis dit ‘ok mais qu’est ce que je vais faire ?’. J’ai compris que ça venait de moi, que j’avais aussi besoin de me développer personnellement pour comprendre ce que je voulais faire en tant qu’entrepreneur”. Lisa se lance alors dans un coaching avec une entrepreneure de la LVD family (que j’aimerais très fort te présenter dans la newsletter) Élodie d’Objectif Lune Coaching(d’ailleurs elle aussi adore parler de money money et décomplexe le sujet comme jaja). “J’avais vraiment besoin d’aide car à tout ça est venu s’ajouter le fait que je sortais d’un burn out et qu’il n’était pas vraiment résolu. J’avais aussi des restes de cette période, un manque de confiance que je n’avais pas avant et qui est apparu”. Cette confiance offerte par le salariat dont elle te parlait plus tôt n’a pas fait long feu face à ce doux challenge de développement personnel permanent qu’est l’entrepreneuriat. “Quand j’ai arrêté le salariat pour devenir entrepreneure, j’étais encore dans le déni de mon burn out. Les gens le voyaient autour de moi mais moi je ne m’en rendais pas compte”. Parfois, les aventures entrepreneuriales se croisent avec un burn out lié à une précédente vie professionnelle. La leçon que Lisa a pu en tirer c’est que l’entrepreneuriat n’est pas un pansement pour le burn out, mais la suite de l’histoire.

À la fin de ce 1er coaching, Lisa a beaucoup avancé. Elle repense ses offres en proposant des packages plus complets, elle ne fait plus de logos seuls, elle veut vraiment travailler sur l’identité globale des projets. Elle commence à savoir ce qu’elle veut, elle apprend à cadrer ses clients. Malgré tout, elle sent que ce n’est pas encore tout à fait ça, elle attire encore des clients qui ne sont pas ses clients idéaux. Alors, elle a envie d’aller encore plus loin et démarre un second coaching, toujours avec Élodie. “Là, j’ai tout recommencé depuis le début, je suis partie d’une page blanche. J’avais mon métier, je savais ce que je voulais faire. On a notamment repensé mes personas (clients cibles), ce que je fais finalement avec mes clients mais je n’arrivais pas à le faire pour moi, un grand classique”. Sombre histoire de cordonnier mal chaussé que l’entrepreneur connaît bien. Dans les faits, il n’y a rien de plus sain qu’un coach qui a l’humilité et le recul de se faire lui même coacher.

Pendant cet accompagnement, j’ai eu des déclics, notamment un déclic. Ça vient encore d’une histoire toute bête. Je prends rendez-vous chez un tatoueur pour un tatouage que je voulais faire, des phases lunaires. Je cherche sur quelle partie du corps, je veux le faire mais ça ne me convient jamais. Jusqu’au moment où je réalise que j’ai envie de me le faire sur le bras sauf que je me dis que ça va être trop voyant”. Là, sa co-fondatrice psychologique (aka Nath, sa compagne dont elle parle souvent car elle fait clairement partie de l'aventure IIWAB studio... au point même que je l'ai déjà rencontrée) intervient et lui fait réaliser à quel point elle voulait avant tout entreprendre pour être libre, faire ce qu’elle voulait, ne plus être bridée. “C’est débile hein, c’est un déclic de dimanche matin mais je me suis dit qu’elle avait raison en fait. Je me suis dit qu’elle avait raison, qu’il fallait que je construise une offre complète de chez complète, qu’il fallait que je sorte vraiment des sentiers battus. Pourquoi un graphiste ne devrait être qu’un graphiste ? J’ai tout refondu, refait un site hyper coloré, punchy, beaucoup plus à mon image. J’ai créé le branding coaching qui est une offre avec coaching, design, communication dedans. J’y ai cru dur comme fer alors que c’était une offre un peu différente, un prix plus élevé mais je me suis accrochée. Je me suis lâchée en fait et ça a été le début du vrai IIWAB studio”.

Le jour où Lisa a créé le vrai IIWAB studio, celui qui lui ressemble vraiment et qu’elle porte fièrement

Le jour où Lisa a créé le vrai IIWAB studio, celui qui lui ressemble vraiment et qu’elle porte fièrement

"Dès les 1ers clients, j’étais heureuse d’avoir signé mais frustrée, je savais que je n’avais pas fait payer assez cher. Sans être capable en même temps de vendre plus. Dans ta tête, il y a ce clivage qui fait que tu es frustré-e mais que tu ne te sens pas capable d'assumer des prix plus élevés !"

Et c’est sur cette histoire d’enfin assumer, dans son aventure entrepreneuriale notamment au travers de son image et de ses prix que la transition est toute trouvée pour aller droit vers notre sujet du jour, le sujet que Lisa a souhaité aborder avec la LVD family ! “Moi j’ai envie de parler d’argent, de ces fameux prix haut-de-gamme, qui font peur et qui sont mal vus. Mal vus par les gens qui n’y connaissent rien ou par ceux qui n’ont pas le budget et surtout mal vus parfois pas toi même”. Avec Lisa, on a décidé de s'arrêter sur le "toi-même", de te parler de la relation que l’on a avec l’argent, nous chers entrepreneurs pleins de croyances que nous sommes. “Je pense que tu as des étapes dans ta vie d’entrepreneur. Au début de mon aventure entrepreneuriale, tu m’aurais donné IIWAB studio tel que c’est aujourd’hui, je n’aurais pas été capable d’assumer les prix. Du coup forcément ça n’aurait pas marcher. Si je fais une grimace en annonce les prix, la cliente va évidemment trouver ça trop cher. C’est dans l’énergie que tu renvoies, si toi tu as peur en annonçant tes prix, ça n’est pas du tout convaincant. J’avais des angoisses nocturnes en pensant à la date de fin de mon chômage. Le problème de ça, c’est que le lendemain quand tu as un appel avec un prospect, tu respires le manque !”. J'aime beaucoup la réflexion abordée par Lisa ici. On nous martèle souvent avec l'idée qu'il faut assumer des prix élevés pour démontrer toute la qualité de notre travail. Sauf que, augmenter ses prix, ce n'est pas simplement aller dans le code HTML de son site internet et rajouter un 0, c'est véritablement adopter une posture vis-à-vis des autres et de soi-même qui inspire une totale assurance, qui démontre à quel point on positionne nos prix en haut de la fourchette car en choisissant un positionnement premium, notre travail l’est tout autant. Ce cheminement prend beaucoup de temps, ce n’est pas une histoire de commercial mais avant tout de confiance en soi.

“Au tout début, je n’ai pas fixé des prix trop bas, je m’étais alignée au milieu de l’échelle on va dire. Si je voulais vivre de mon activité, je savais que ce n’était mathématiquement pas possible de proposer les prix les plus bas. Dès les 1ers clients, j’étais heureuse d’avoir signé mais frustrée, je savais que je n’avais pas fait payer assez cher. Sans être capable en même temps de vendre plus. Dans ta tête, il y a ce clivage qui fait que tu es frustré-e mais que tu ne te sens pas capable d'assumer des prix plus élevés”. L’histoire de prix trop bas par rapport au produit ou service fourni peut avoir pas mal de racines. Certains auraient pu tirer leur prix vers le bas pour une sombre histoire de syndrome de l’imposteur (comme si les entrepreneurs étaient du genre à sous estimer la qualité de leur travail, je suis choquée parce que j’écris). Dans le cas de Lisa, c’est son rapport à l’argent qui a voulu torturer son cerveau d’entrepreneure ambitieuse. “Le coaching m’a aidée ça c’est sûr. Puis peut-être aussi le fait de me fixer des objectifs financiers. J’ai toujours eu des objectifs financiers que ce soit dans mon ancien travail dans la vente ou même dans ma vie personnelle. Par exemple, je m’étais dit qu’à 30 ans je gagnerais 3000€. Je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que j’ai arrêté mon école de commerce en cours de route et que j’étais très frustrée de ne pas être prise au sérieux, que l’on me regarde ‘t’as arrêté ton école de commerce pour être vendeuse’. Ça m’a pas mal énervée. Finalement, j’ai largement atteint mon objectif puisqu’à 30 ans, je gagnais 5000€ mais ça ne m’a pas rendue heureuse pour autant. J’ai fini par démissionner, être épuisée et j’ai laissé les 5000€ sur le côté”. L’atteinte de son ultime objectif financier n’a pas offert la joie immense dont Lisa rêvait, peut-être que ça lui a fait perdre le goût des objectifs ?

Finalement quand je me suis mise à mon compte, je ne sais pas pourquoi mais je n’ai pas eu cette vision structurée. Je me suis que ça ne servait à rien de fixer des objectifs, que ça allait mettre du temps, que le plus important était déjà de signer des 1ers clients. C’est une erreur en fait car même si tu te fixes des petits objectifs, ça te fait évoluer quand même”. À ce moment là, j’ai envie de creuser le rapport à l’argent de Lisa. Dans le fond, elle parle librement de son salaire, elle est fière d’avoir atteint de beaux objectifs financiers dans la vente, ce qui fait d’elle déjà une OVNI par rapport à la culture française. Alors pourquoi son arrivée dans l’entrepreneuriat a signé le début d’un jeu de cache-cache avec l’argent. “En magasin, c’est vraiment valorisé de gagner de l’argent, d’exploser les objectifs. Ce n’était pas mon argent, c’était le chiffre des ventes. Personnellement, je n’ai jamais eu de problème de rapport à l’argent jusqu’au jour où j’ai gagné ces fameux 5000€. Je me suis vachement culpabilisée, autoflagellée. Je travaillais en Suisse donc je me disais que si je gagnais cet argent, c’est parce que j’avais dépassé la frontière mais à 20 km près, je ne gagnerais pas cet argent. En réalité, en Suisse tu n’as pas non plus les mêmes conditions. J’ai eu ce syndrome de l’imposteur, tu te dis limite que tu ne me le mérites pas. Quand, j’ai pris le poste au dessus et que j’ai eu encore une augmentation, j’avais carrément des complexes, l’impression de ne pas bosser assez. Alors que je travaillais énormément et que j’avais d’excellents résultats, tangibles”. En regroupant tous les morceaux du puzzle, on réalise que finalement Lisa n’était pas si à l’aise que ça avec l’argent. Elle a donc eu le plaisir d’emporter dans son baluchon d’entrepreneure de belles croyances liant argent et légitimité. “Au début, quand j’ai lancé ma boîte, mon but n’était pas de faire de l’argent mais d’être tranquille. Je voulais m’éloigner des responsabilités. Au début de mon coaching, mon objectif était de vivre à 1500€ par mois car je voulais vivre avec moins, l’argent ne m’avait pas rendue plus heureuse”.

En fait, ce rapport à l’argent était juste un noeud parmi tant d’autres, dont la joyeuse case des “problèmes irrésolus de l’entrepreneure qui démarre” et que Lisa avait laissé dans un coin sans trop (vouloir) y faire attention. “Ça s’est débloqué parce que j’ai travaillé sur moi, parce que j’ai vraiment guéri de mon burn out. J’ai repris du poil de la bête. J’ai réalisé qu’avec de l’argent, je vis plus confortablement, je fais des voyages, je profite de la vie. Surtout, je choisis mes clients, ceux avec lesquels je ne veux pas travailler!”. À ce moment là, avec Lisa on pense à cette réflexion que pas mal d’entrepreneurs se font souvent (j’ai l’impression de m’autoviser, c’est très fustigeant) : moi ce qui compte pour moi, c’est juste de gagner ma vie en payant mes factures, je n’ai pas besoin de plus. “Ce n’est pas la bonne stratégie. Au début, je disais ça, que je voulais en vivre mais tranquillement. J’ai sorti le chiffre de 1500€ à Élodie pendant le coaching un peu au pif, car elle me l’a demandé. Ce n’est pas pertinent car sans objectif, tu n’as pas de stratégie, tu ne sais pas combien de clients tu dois signer ni quel montant.” Tu ne veux pas te faire peur donc tu n’oses pas te dire concrètement quelle est la somme à atteindre. Donc tu n’atteins forcément pas grand chose et … finalement ton aventure entrepreneuriale te fait encore plus peur. “Puis, ça veut dire quoi ‘juste en vivre’ ? Ça veut dire que tu vas gagner le minimum, ne jamais partir en vacances, que tu restes chez toi contraint-e à bosser des heures, tu n’es pas vraiment libre en fait’. Ce truc là vient de la peur. Tu as peur de ne pas atteindre tes 1ers objectifs car potentiellement tu ne vas pas signer assez de clients. C’est de l’échec en fait. Et du coup, t’as l’impression de te mettre toi même en échec en te fixant des objectifs”.

Finalement, Lisa va connaître un vrai déclic : “Les nouveaux services que j’avais créés dans un 2ème temps me convenaient mieux mais comme je te le disais, je n’avais pas trouvé mes clients idéaux. J’ai fait un bon mois de décembre à 2500€. C’était la 1ère fois que je faisais 4 chiffres, que j’allais vraiment me payer. Là j’ai réalisé que c’était possible, que si je l’avais fait une fois, je pouvais le refaire. Maintenant, il faut le refaire avec les bons clients et le refaire différemment car j’ai fait ces 2500€ avec des contrats avec lesquels je me suis sentie overbookée. T’as atteint un plafond et ce n’est pas possible”. Et mettons les pieds dans le plat, 2500€ par mois de chiffre d’affaire en autoentreprise c’est à la fois une belle nouvelle (on est d’accord qu’on est pas mal à en rêver la nuit). Et en même temps, ça reste très serré même pour juste vivre car là c’est le plafond que Lisa atteignait sur un mois plein, sans vacances ni maladie. Tu coches les super cases de l’entrepreneur dévoué mais dans les faits tu ne peux pas assumer ce train de vie éternellement.

IIWAB studio, l’entreprise fondée par Lisa, studio de webdesign et coaching pour entrepreneurs

IIWAB studio, l’entreprise fondée par Lisa, studio de webdesign et coaching pour entrepreneurs

“Il y a ce mythe que quand tu montes ta boite, les 2 premières années tu ne te payes pas. Il y a cette idée que si tu ne galères pas, c’est que c’est bizarre, c’est que tu n’es pas un bon entrepreneur”.

En parlant d’entrepreneur dévoué, Lisa a mis les pieds dans le plat d’un vrai gros sujet : la perte de revenu du salarié devenu entrepreneur et la difficulté à l’assumer “J’étais au chômage mais disons-le, j’ai quand même diminué mon train de vie par deux. Au début la chute est raide. Et là j’ai réalisé que je ne voulais pas vivre avec 1500€ par mois. Puis, j’ai compris aussi que j’avais envie de faire du travail de qualité avec des gens de qualité, qui investissent et s’investissent, qui ne négocient pas les devis. Quelqu’un qui négocie, ça te dit déjà dès le départ que le client ne te prend pas pour toi mais comme un prestataire, que tu n’es pas sa priorité. Tu n’as pas envie d’accepter tous les clients en vrai”. Je crois qu’en écoutant Lisa, je réalise à quel point, comme pas mal d’entrepreneurs je pense, je me suis enfermée dans un schéma étrange. En salariat, on déplore souvent des jobs vides de sens, manquants d’intérêts et on perçoit pour celui-ci un salaire, quelqu’il soit. Le jour où on devient entrepreneur, on vit une vie professionnelle plus alignée avec nous-mêmes, plus passionnantes (bon en vrai c’est un chemin avec des tours et des détours qui mériterait une newsletter mais tu vois ce que je veux dire). À ce moment là, comme par magie, il deviendrait scandaleux d’au moins aussi bien gagner qu’avant en travaillant parfois beaucoup plus, tout bonnement parce que notre travail nous plaît. Comme si on avait envie de ne pas en demander trop, d’avoir de l’humilité “trop” placée (la charge mentale de l’entrepreneur devrait suffir pour cette affaire d’humilité). “Il y a ce mythe que quand tu montes ta boite, les 2 premières années tu ne te payes pas. Il y a cette idée que si tu ne galères pas, c’est que c’est bizarre, c’est que tu n’es pas un bon entrepreneur”. En écrivant ce paragraphe, je te jure qu’il y a des cases qui se débloquent là haut, je crois qu’il faut une newsletter rien que sur le thème de l’entrepreneur qui doit montrer il galère pour mériter son statut, et ce y compris sur l’aspect financier. Moi-même je me suis enfermée là dedans.

Et là Lisa pense avec humour à une phrase prononcée à son égard lors d’un repas de famille (attention tonton Jean-mi gentil est de sortie) : “Là, la personne me dit : ‘On en parlait, on est super content pour toi. On ne pensait pas que ce serait aussi facile’. C’était plein de bienveillance, ils étaient hyper contents pour moi. J’avais envie de dire que c’était tout sauf vite ou de la chance puis j’ai laissé tomber [rires]. Je me suis dit ‘tiens c’est La Vraie Dose comme phrase ça’.’ (Si tu as manqué les newsletters spéciale ‘questions qui piquent mon coeur d’entrepreneur, tu peux notamment savourer à nouveau La Vraie Dose 27 “Mais tu gagnes ta vie avec ton entreprise ?” avec tonton Jean-Mi et son orchestre). “Moi j’ai pris la parti de ne pas trop expliquer ce que je fais à ma famille. Je dis simplement que je fais des sites internet et que ça marche, tout ceci en souriant. Par exemple, pour mes investissements, je ne dis pas que je me suis fait coacher car les gens sont déconnectés de la réalité du marché, de la réalité de mes prix”. Est-ce que là je prends vraiment le temps de partir sur le couplet qu’en plus de nos propres croyances liées à l’argent, il y a souvent autour de nous le gang du “tout ton chiffre d’affaire il va dans ta popoche” et qui enfonce bien le clou sur le fait que tu ne mérites pas de gagner le plus ? Mmmmh metton-nous en mode Lisa je fais mon CA, j’investis et je me verse mon salaire tranquillou bilou et enchaînons.

Pour boucler, cette discussion, j’ai proposé à Lisa de te dévoiler ses solutions, celles qui l’ont aidée elle, peut-être que cela pourra t’inspirer. “Ce qui m’a beaucoup aidée, c’est déjà voir l’activité de copine entrepreneure décoller. Tu te dis que c’est possible, que ça marche. Il faut s’entourer de gens inspirants y compris sur l’argent même si tu n’as pas forcément les mêmes ambitions. Un jour, sans t’en rendre compte, tu vas changer tes objectifs”. C’est bête à dire mais l’entrepreneuriat c’est juste un autre espace de vie dans lequel il faut se mijoter un entourage aux petits oignons, notamment un entourage d’entrepreneur qui ont un rapport à l’argent ambitieux. Alors, on ne dit pas de trainer avec Jean-Mi des instagrams mention “je passe ma journée assis sur une Lamborghini ® avec une liasse de billets dans chaque chaussure” mais simplement d’entrepreneurs quelque soit le secteur (d’ailleurs avoir des copains entrepreneurs de tous secteurs, ça enrichit le cerveau - selon une étude LVD basée sur un panel non représentatif) qui respire un peu de confiance dans leur rapport à l’argent, qui ne sont pas plaintifs ou persuadés qu’un entrepreneur galérera financièrement à tout jamais.

Un autre outil qui m’a beaucoup aidée, c’est l’énergétique, notamment les exercices EFT”. C’est ce dont Lisa te parlait plus haut : changer ses prix, c’est avant tout changer sa posture vis à vis de ses prix. Quand tu vibres le manque et que tu sens bon l’insomnie financière tu ne vends pas. Pour ne serait-ce qu’assumer des prix plus élevés, le travail commence sur la confiance en soi, sur sa propre énergie. “Aussi, je me suis conditionnée à me dire sincèrement que si je voulais gagner plus, il fallait que j’augmente mes prix. Là, je suis en train de packager une super offre et forcément il faut que le prix soit à la hauteur du service que je veux fournir. Après, c’est vrai qu’il ne suffit pas de décider d’augmenter ses prix pour que ça marche. Il y a un cap à passer. Au début les 1ers clients auxquels tu annonces ton nouveau prix ne signent pas même si tu es moins gêné d’annoncer le prix. Puis un jour tu ne sais pas pourquoi, ça dit oui et là...t’es vachement plus à l’aise ! Faut fixer des prix avec lesquels on est à l’aise, à l’inverse il ne faut pas fixer des prix où tu te dis par exemple que toi même tu ne signerais pas.” Finalement, le jeu c’est bien de travailler les deux variables : les prix que l’on fixe et l’aisance que l’on a vis à vis d’eux !

C’est cette réflexion qui est venu clôturer notre joyeux papotage pieds dans le plat avec Lisa. Encore un sujet qui me tenait à coeur, encore un sujet qui fait peur, encore un sujet qui avait besoin d’une entrepreneure de la LVD family pour définitivement déméler tous les noeuds. J’ai vraiment hâte de savoir ce que tu as pu penser de cette newsletter. Étant mon propre cobaye, je peux t’assurer que l’entretien avec Lisa et ensuite la séance de rédaction-digestion ont fait surgir quelques évidences droit vers ma bouille. J’ouvre une grande réflexion sur mon rapport à l’argent, à la quête de mon modèle économique, mon droit à enfin gagné de ma vie avec LVD et d’arrêter de faire mumuse avec des bouts de chandelle… Alors, j’espère que toi aussi, tu réaliseras au travers des mots de Lisa toute la valeur de ton travail, y compris financière mais aussi tout ton droit à fixer les prix et gagner pas à pas les revenus que tu veux atteindre même si tu vis un vrai entrepreneuriat-passion. Il y a je crois pour nous encore de belles croyances à déloger mais clairement aussi un cheminement ouvert grâce à Lisa. Si tu veux aller plus loin, je te conseille d’écouter le podcast de Lisa sous le nom (oh suspens) “IIWAB studio”. Tu peux aussi suivre les aventures de Lisa sur le site internet d’IIWAB studio et la page Instagram dédiée !

🔥LE CHALLENGE DE LA SEMAINE PROPOSÉ PAR LISA : “Se fixer des objectifs financiers trimestriels atteignables”. 🔥

 

Lisa se fixe des objectifs trimestriels (elle juge pour l’heure que son activité n’est pas suffisamment régulière pour que des objectifs au mois soient pertinents). L’idée est bien entendu de ne pas fixer des objectifs pour se dire “youhou j’ai écrit sur un post-its”. Lisa te suggère donc de poser de vrais objectifs pas à pas et de les faire grandir avec le temps. “L’idée est de se fixer des objectifs ambitieux mais réalisables. Il ne faut pas non plus se traumatiser avec ses objectifs financiers mais vraiment entrer dans une logique de progression”.

Pourquoi des objectifs financiers ? “Ces objectifs trimestriels te permettent d’y aller crescendo, de voir les choses un peu plus comme un jeu. Tu le subis beaucoup moins”. Et comme tout objectif, n’oublie pas de te souvenir que s’y mettre, c’est déjà un bout de l’objectif accompli. Et que … dans la LVD family, on célèbre ses jolies victoires alors n’oublie pas de prévoir dès maintenant le cadeau à t’offrir quand les objectifs financiers seront atteints !

💖 LA VRAIE PÉPITE DE LA SEMAINE 💖

La Vraie Pépite de Lisa, qui a changé son aventure entrepreneuriale, c'est une méthodologie : "Le Human Design"

Pourquoi cette pépite ? 

Le human design, c’est une méthode qui met en lumière les différences entre les personnalités et qui du coup te permet d’orienter ta communication en fonction de qui tu es”. Ça peut notamment être une jolie source d’inspiration pour mieux te comprendre toi en tant qu’humain-e entrepreneur-e et ainsi construire une stratégie commerciale en pleine adéquation avec ta personnalité et ta façon de communiquer avec les autres !


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Sarah François