[LVD 57] "J'ai pu me reconstruire grâce à l'entrepreneuriat !" - Céline - Atelier Gabrielle

La Vraie Dose 58 : “J’ai pu me reconstruire grâce à l’entrepreneuriat !”

La Vraie Dose 58 : “J’ai pu me reconstruire grâce à l’entrepreneuriat !”

“Je suis très sensible mais je suis une sensible qui refoule tout. Les gens qui me connaissent très bien te diraient que je suis à fleur de peau. Les gens qui ne me connaissent pas bien te diraient que je suis froide et distante”

La première fois que j’ai rencontré Céline, c’était évidemment autour d’un café (y’a une ligne éditoriale LVD à tenir bon sang). On a donc siroté un vrai papotage entrepreneurial il y a une ou deux vies entrepreneuriales, en octobre dernier, j’avoue qu’en ce moment je reviens pas mal à mes premières amours pour te dégoter des entrepreneurs de La Vraie Vie qui viennent se trémousser dans ta newsletter. À l’époque, elle était légèrement (tout est dans le légèrement) sur tous les fronts avec à la clé : une grossesse (l’entrepreneur-e est un être résilient), une campagne de crowdfunding en pleine croissance (mais qu’il fallait bien aider à grandir quand même), une entreprise qui se construisait de jour en jour, une reconversion à digérer, des ambitions à assouvir, une vie de maman et globalement de Céline à mener. J’ai bien craqué pour son côté wonder woman sans prétention : elle a les ambitions professionnelles et personnelles qui lui plaisent, elle tente mais en assumant autant les forces que les failles. Sans surprise, lors de notre entretien pour te mijoter cette newsletter, c’est exactement ça qu’elle a fait jaillir, phrase après phrase ! Sacré exemple entrepreneurial pour tous et qui ne met pas la pression !

Voilà maintenant que je suis passée par la présentation avec un maximum de chamallows et de violons, je vais la laisser se présenter en tant qu’humaine avec ses mots à elle (je me sens mieux avec mon paragraphe d’intro où je ramène ma fraise) : “Qui je suis ? Vaste question d’ailleurs un peu en lien avec notre sujet du jour ! J’ai un peu le sentiment d’évoluer donc il y a le ‘qui j’étais’, ‘qui je suis maintenant’ et ‘qui je vais être’”. Ça sent bon la croisée de plein de déclics avec l’entrepreneuriat au milieu tout ça. “J’ai fait mes études de droit comme on me l’a un peu demandé. J’ai intégré un cabinet d’avocat tout de suite. J’ai vécu 25 années d’ascension professionnelle et j’ai consacré vachement d’énergie à ça car ça faisait partie de mon éducation. J’ai été un peu élevée avec la philosophie : ‘si ta vie professionnelle va bien, tout va bien’ “. Je ne sais pas ce que tu en penses mais on sent le moment où on va glisser de la phase “ce que les autres veulent de moi” versus “ce que je veux être moi”.  “J’ai suivi la route qui était devant moi. Quand j’y repense, aller en droit, est-ce que ça a été une vraie réflexion pour moi, je ne m’en souviens plus vraiment. Si elle a eu lieu, ça n’a pas du tout être une réflexion très profonde [rire] !”

“D’ailleurs, je n’ai pas trop aimé mes premières années de droit, j’ai commencé à m’amuser quand je suis arrivée en droit des affaires et en fiscalité. Aujourd’hui, j’y vois un peu un lien avec ma vie d’aujourd’hui, c’est très pratiquo-pratique, y’a des chiffres. J’ai toujours été intéressée par le monde de l’entreprise” Tout doucement, voici que voilà que l’on se rapproche de l’entrepreneuriat, gentiment mais surement. “C’était assez détaché de l’humain. J’aurais été incapable de faire du droit de la famille ou du droit du pénal car ça amène à vraiment s’impliquer dans la vie des gens, ton travail a une influence sur la liberté physique et psychique des individus”. Elle sent déjà qu’il va falloir faire équipe avec son affect alors que ce n’est pas trop l’ambiance dans son espace de vie professionnelle.

À ce moment là, j’ai envie d’aller creuser un peu plus loin, de comprendre ce qu’il se cache derrière cette humaine qui ne veut pas trop que sa vie professionnelle implique de l’humain justement : “Je suis très sensible mais je suis une sensible qui refoule tout. Les gens qui me connaissent très bien te diraient que je suis à fleur de peau. Les gens qui ne me connaissent pas bien te diraient que je suis froide et distante”. Et, à force de faire des rencontres un peu magiques avec pas mal d’humains-entrepreneurs sensibles, je réalise que c’est parfois bien plus douillet de ranger tout ça bien au fond du tiroir aux chouineries là haut dans le cerveau. Entre la société (ne parlons même pas de l’environnement professionnel) qui ne comprend pas forcément le concept des émotions et toi même qui n’a pas trop envie d’aller farfouiner là dedans non plus… “Il faut que tu te protèges un peu. Comme tu es sensible, beaucoup de choses te touchent. Si tu laisses tout le monde rentrer dans ta coquille, on te bouffe quoi”.

Dans sa spirale, “j’étais, je suis, je serai” dont elle te parlait au début, Céline évolue, y compris sur son rapport à sa sensibilité “Je pense que ma sensibilité est au contraire quelque chose que je dois laisser ressortir car ça fait partie de ma personnalité. Surtout, refouler ma personnalité, ça ne m’a pas servie. Quand je fais un bilan de pourquoi j’ai changé de vie et comment j’en suis arrivée là, il y a une grosse partie qui est liée à ça. J’ai trop gardé de choses pour moi, j’ai trop intériorisé et on se rend malade”. Sans rentrer dès à présent au coeur du sujet choisi par Céline, lorsqu’elle parle de se rendre malade, elle en parle au sens 1er du terme. Laisser parler ses émotions va être un outil assez canon pour elle “Maintenant je suis plus dans la communication, je laisse parler mes sentiments. Je pleure et ce n’est pas grave. On a tous besoin de pleurer ou de rire”.

Céline, fondatrice d’Atelier Gabrielle, est l’entrepreneure invitée de La Vraie Dose 57

Céline, fondatrice d’Atelier Gabrielle, est l’entrepreneure invitée de La Vraie Dose 57

“Pour l’entrepreneuriat, Il faut un déclic. La plupart du temps, ce sont des gens qui ont ça en eux, qui se sentent contrariés dans leur vie et qui ont désir refoulé de l’entrepreneuriat. Sinon, tu as les gens comme moi qui se retrouvent à un moment donné face à un mur et l’entrepreneuriat est une porte de sortie”.

Maintenant que le cheminement humano-émotionnel est posé, partons donc à la rencontre du projet de Céline. L’avocate en droit des affaires est devenue entrepreneure portant un projet qui sent bon le concret. Ça ne s’est pas fait en un jour, il faut bien le dire. “Pour l’entrepreneuriat, Il faut un déclic. La plupart du temps, ce sont des gens qui ont ça en eux, qui se sentent contrariés dans leur vie et qui ont désir refoulé de l’entrepreneuriat. Sinon, tu as les gens comme moi qui se retrouvent à un moment donné face à un mur et l’entrepreneuriat est une porte de sortie”. J’aime bien cette idée d’aventure entrepreneuriale comme médicament à une vie qui ne colle pas. L’entrepreneuriat, ce n’est pas forcément le rêve de quelqu’un qui veut monter son entreprise (ce qui est tout aussi douillet) mais aussi de quelqu’un qui veut entreprendre sa vie professionnelle, tout simplement. Dans ce cadre là, ça passe par la création d’une entreprise. “Durant mes 10 années de vie professionnelle en droit, j’ai passé 7 années hyper chouettes, j’ai beaucoup appris sur moi. Puis, j’ai eu 3 années d’enfer. Ces 3 années m’ont obligée à me poser : ‘si je continuais comme ça, c’était la ‘mort’ dans tous les sens du terme. Tu dépéris, ton couple ne va pas forcément bien car tu n’es pas bien, ta santé va mal, ton moral est au plus bas. Même professionnellement, continuer comme ça, c’est un peu se tuer car l’image que les gens sont en train de se faire de toi n’est pas bonne. Tu n’arrives plus à prendre de la hauteur et tu entres dans un système d’autodestruction. Je pense que j’ai arrêté à ce moment là”.

Si Céline a eu besoin de te raconter ce périple là pour te présenter son projet, c’est tout simplement car il a créé de toute pièce son déclic entrepreneurial. “Comme je ne me sentais pas prête à redémarrer dans un système assez normé dans un autre cabinet ou une autre entreprise, je me suis dit que j’avais besoin de temps pour moi, pour savoir où j’en suis. L’entrepreneuriat est venu comme ça, j’ai réalisé que j’avais besoin de créer quelque chose qui me ressemble”. En pleine recherche d’elle même, Céline créé donc un terreau entrepreneurial très fertile. Manquait plus qu’à trouver la bonne idée, au bon moment, celle qui allait lui parler vraiment. “Cette période là où ça ne se passe pas bien au boulot coïncide avec ma première grossesse. Je recherche des objets pour ma fille. C’est un peu la première fois d’ailleurs que je me pose la question de comment bien consommer. Jusqu’à présent, j’étais plutôt dans une optique de surconsommation. Plus tu travailles dans ce type de milieu, plus tu gagnes de l’argent et plus tu le dépenses des choses sur des critères esthétiques et compulsifs. La grossesse t’aide à prendre un peu de recul là dessus. Assez vite, je me suis dit que je n’avais pas envie de consommer pour ma fille comme je consommais pour moi à cette époque là”. C’est sûr que quand tu mixes la quête de sens du jeune cadre qui en a marre d’être dynamique avec la quête de sens liée au fait de donner la vie, tu obtiens un cocktail plutôt propice à un projet entrepreneurial qui veut changer la donne.

En cherchant des choses pour ma fille, je me suis dit tiens c’est marrant, un vrai produit made in france avec une traçabilité assurée et des éléments sains, je ne trouve pas trop. Du coup, j’ai commencé à bricoler des choses pour ma fille pendant ma 1ère grossesse. Ça m’a ramenée à mes souvenirs d’enfance lorsque je bricolais avec mes grands parents dans leur maison. J’ai réalisé que j’adorais ça à nouveau même si je n’avais pas bricolé depuis des années. Ton esprit s’échappe quand tu travailles avec tes mains, c’est fabuleux. Notamment quand on débute, je trouve qu’il y a beaucoup de choses manuelles qui ne te font penser à rien d’autre car tu es parfaitement concentré-e. À la fin de la journée, j’avais l’impression d’être accomplie. Ce sont ces journées hyper sereines qui m’ont donné envie de travailler le bois”. C’est fou comme en prenant une grande respiration, on peut se retrouver soi-même et trouver nos ressources évidentes pour donner vie à un projet entrepreneurial que l’on aime déjà fabriquer. “Au fur et à mesure, je me suis dit que ça me plaisait et en regardant à droite à gauche, j’ai réalisé qu’il y avait peut-être un créneau. Je suis revenue bosser 5-6 mois après mon congé mat’ et je me suis dit que finalement, j’avais vraiment envie de me lancer dans ce projet, que je voulais essayer”.

Il est donc grand temps d’avoir droit, au vrai, au grand, au fameux pitch : “Atelier Gabrielle ce sont des objets en bois éco responsables conçus au départ pour les petits mais qui sont également en train de devenir des objets pour les grands. L’idée est de se dire que le bois est un matériaux noble, esthétiquement beau et écoresponsable si l’on est capable de sourcer son approvisionnement. On fabrique à partir de bois français issus de forêt gérées durablement. On ne changera pas de feuille de route même s’il s’agit d’une matière plus chère. On veut ramener la nature dans le milieu des enfants et proposer un circuit court”. Petit clin d’oeil au nom de sa marque : Gabrielle, est le deuxième prénom de Céline. C’est son deuxième prénom, qu’elle apprécie tout particulièrement, qui lui ressemble peut-être davantage, une autre facette d’elle même, une autre étape d’elle même qui se concrétise grâce à ce projet. L’Atelier Gabrielle, cet espace où Céline se construit sa deuxième vie en laissant exprimer un peu plus la personne qu’elle a envie d’être & les valeurs qu’elle veut transmettre à ses enfants et tous les autres... (ça c’est complètement mon interprétation mais j’avais bien envie de poser ça là).

Céline parle de l’engagement d’Atelier Gabrielle dans La Vraie Dose

Céline parle de l’engagement d’Atelier Gabrielle dans La Vraie Dose

“Je vois vraiment l’entrepreneuriat comme une reconstruction hyper saine. Ta première construction est très déterminée par le cadre social, tes parents, le milieu dans lequel tu grandis. Il y a tellement de choses qui nous impactent que repartir d’une page blanche est très compliqué. Quand tu comprends que tu peux exécuter de mille façons différentes, tu rentres dans une reconstruction permanente”.

Il est désormais grand temps de mettre les pieds dans le plat du sujet choisi par Céline. “J’ai choisi pour sujet : l’entrepreneuriat comme outil de reconstruction ! C’est un peu le fruit de mes réflexions après d’un an d’entrepreneuriat. Je me rends compte d’à quel point, me lancer dans l’entrepreneuriat, a été la meilleure décision que j’ai pu prendre”. Et comme Céline fait les choses sérieusement (elle est venue avec des jolies notes imprimées en hommage à sa carrière juridique), elle a même autoanalysé son propre sujet : “En préparant l’entretien, réflex d'une ancienne avocate, je me suis dit que j’allais regarder le sens d’entreprendre et de reconstruction dans le Larousse. Pour entreprendre, la 1ère définition proposée est ‘commencer à exécuter une action, en général longue et complexe. J’ai trouvé ça génial : entreprendre une action que l’on ne connaît pas encore vraiment, de façon longue ou complexe, c’est marrant que ça fasse partie de la définition car on a toujours envie que ce soit hyper rapide”. À ma prochaine crise de “oh mais de toute façon mon projet, il ne grandit pas, ça ne va pas assez vite, j’arrête tout, ça ne me plait pas”, j’irai donc me référer à la définition du Larousse pour me rassurer sur le petit côté “éternité” de mon aventure entrepreneuriale ! “Pour la reconstruction, on envisage déjà le côté 2ème construction, tu défais et tu refais. Quand tu tapes ‘reconstruction’ sur google, il te parle de post rupture ou post blessure. Ça m’a confortée dans le choix de ce sujet car l’entrepreneuriat m’aide à me relever d’une blessure assez profonde, tout aussi physique et psychologique”.

Entreprendre, c’est donner de soi, c’est sortir une partie de ta personnalité, de tes atouts et de tes faiblesses, les mettre sur la table et se dire ‘j’en fais quoi de tout ça’. Avant de mettre tout ça sur la table, il faut déjà comprendre qui tu es, ce que tu as en toi et ce que tu n’as pas en toi mais que tu as envie de développer”. De café entrepreneurs en cafés entrepreneurs, je réalise à quel point les déclics entrepreneuriaux naissent souvent d’un voyage, d’une découverte du développement personnel, de tout un cheminement où le futur entrepreneur apprend à se comprendre lui même pour ensuite comprendre ce qu’il veut faire (au sens large) dans / pour ce monde. Tu choisis toujours ton projet en ayant l’impression d’avoir eu l’idée par hasard, au détour d’un déclic. En fait, ce déclic vient chercher énormément qui viennent de jaillir en toi. “On en parlait un peu en introduction, j’ai eu l’impression d’avoir suivi une feuille de route toute tracée depuis ma naissance et de ne m’être jamais demandée là où je voulais aller. L’entrepreneuriat m’aide vachement là dessus car tous les jours, j’essaie des choses. Je vois ce qui m’intéresse, ce qui ne m’intéresse pas, ce que j’arrive à faire, ce que je n’arrive pas à faire mais que j’aimerais pouvoir faire”.

À ce moment là, je me fais justement la réflexion que cette logique d’apprentissage constant, le fameux “test & learn” (tester & apprendre” très à la mode dans l’entrepreneuriat que ce soit en marketing ou en création de produits, est bien aux antipodes de la vie professionnelle d’avant de Céline, très normée et digée. “Quand tu entreprends en partant de rien, tu te cherches. J’ai un peu l’impression que mon entreprise est mon avatar finalement, qu’elle évolue avec moi. T’en avais parlé dans une newsletter (“La Vraie Dose 43 - J’ai bien le droit de donner une nouvelle direction à mon projet” avec Caroline de Coeur de Louves), il faut accepter de faire bouger les choses au fil du temps”.  J’adore l’idée d’entreprise comme un avatar, je la trouve très apaisante en fait. Tu réalises que tu peux autant t’autoriser à façonner ton projet que ta personnalité. Dans les deux cas, il y a un vrai droit à l’essai et le développement personnel croise le développement de l’entreprise, voire agit en parallèle. “Je vois vraiment l’entrepreneuriat comme une reconstruction hyper saine. Ta première construction est très déterminée par le cadre social, tes parents, le milieu dans lequel tu grandis. Il y a tellement de choses qui nous impactent que repartir d’une page blanche est très compliquée. Quand tu comprends que tu peux exécuter de mille façons différentes, tu rentres dans une reconstruction permanente”.

“J’ai eu de la pudeur là dessus et ça fait partie de mes résolutions de ne plus en avoir dessus, du coup on peut en parler en toute liberté. Il y a des mots médicaux pour décrire ce qu’il s’est passé dans ma vie et après il y a tout un cadre autour. Au delà du terme médical, j’ai vécu une espèce de surchauffe. Mon corps a arrêté de suivre”

Depuis le début, Céline nous parle de ce besoin de reconstruction, de panser des blessures. Alors, j’ai eu envie de mieux comprendre ces blessures, celles qui l’ont finalement amenée jusqu’à l’entrepreneuriat “J’ai eu de la pudeur là dessus et ça fait partie de mes résolutions de ne plus en avoir dessus, du coup on peut en parler en toute liberté. Il y a des mots médicaux pour décrire ce qu’il s’est passé dans ma vie et après il y a tout un cadre autour. Au delà du terme médical, j’ai vécu unes espèce de surchauffe. Mon corps a arrêté de suivre” Sans rentrer inutilement dans son intimité médicale, Céline a voulu parler de ce qu’elle a vécu pour transmettre un message aux autres et finalement à elle aussi. “Le corps est un équilibre, t’as plein de vecteurs qui fonctionnent à l’intérieur et qui font tout pour que tout tienne debout. Tu as un certain équilibre car tu manques bien, tu dors suffisamment, etc. Il y a un moment donné où j’ai demandé tellement à mon corps sans rien lui donner en retour”.

“Ce qui gère l’équilibre de ton corps, c’est notamment la thyroïde. Elle envoie des hormones un peu partout et elles sont là pour équilibrer ton état d’esprit, ton rythme cardiaque, ta digestion, etc. Ma thyroïde s’est mise en surchauffe et a envoyé des messages à tout mon corps de type ‘il faut aller hyper vite, il faut aller hyper vite’. Mon coeur s’est mis à battre hyper vite comme si j’étais en plein sprint alors que j’étais au repos, je digérais les aliments en 2 heures.” À ce moment là, la vie en avance rapide de Céline a également mis son corps dans un mode “avance rapide”, impossible à suivre “Tout s’est mis à accélérer, ce qui fait que ton corps ne tient pas car il va à un rythme auquel il n’est pas fait pour fonctionner. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée à ne plus pouvoir me lever, à être épuisée au moindre effort physique (monter un étage par exemple)”.

“J’ai mis du temps à aller voir un médecin, à ne pas dire que j’étais seulement fatiguée mais que j’avais un problème. Là, les médecins te disent que c’est une maladie. La seule solution que l’on te donne est de changer de vie. Là ton corps ne supporte plus le cadre dans lequel tu vis, la surcharge émotionnelle, de stress, faut tout changer”. Céline met du temps à accepter de justement tout changer, elle commence par faire un peu la sourde oreille car il y a aussi tout un défi qui implique de prendre conscience de son propre état “Ça m’a pris un peu de temps. Je me suis quand même retrouvée au pied du mur et j’ai réalisé qu’il fallait que j’arrête tout. Physiquement, ça n’allait plus. Émotionnellement, j’étais au bout du rouleau constamment. Au boulot, ça n’allait pas non plus car j’avais honte d’être malade à cause du stress, j’avais du mal à communiquer là dessus alors qu’en fait je n’y étais pour rien”.

J’ai eu envie de rebondir précisément sur ce point car Céline vient de clamer tout haut ce que beaucoup vivent tout bas : accepter ses faiblesses et par là, les faiblesses de la santé. Globalement, lorsque tu es quelqu’un de déterminé-e, d’ambitieux et que ton corps ne suit plus, tu commences à lui en vouloir à lui comme s’il ne faisait pas partie de toi. Avant de comprendre, que lui aussi, ce corps qui dit stop, il est toi et il t’envoie presque un signe salvateur. “Ma maladie est auto immune donc cela signifie que c’est une maladie que ton corps crée lui même sans facteur extérieur ou presque. Développer une maladie à cause du stress, c’est aussi un facteur malchance. On est tous pas égaux face au stress. Ce qui est difficile c’est que les autres gens jugent”.

“Parfois, même si c’est encore difficile je me dis que, cette maladie, c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Je te disais plus tôt qu’il y a les gens qui ont l’entrepreneuriat en eux et qui finissent par se lancer. Moi, je pense que j’aurais fait partie des gens qui auraient été malheureux toute leur vie”

La dernière année a été vraiment difficile. Plus je prenais sur moi, plus j’étais malade alors qu’en fait, il aurait fallu que je lâche prise. Le déclic final est venu d’un rendez-vous chez un médecin. Là, j’ai compris qu’il fallait que j’arrête de déconner, que ce n’était plus possible, que je ne pouvais plus”. Ce jour là, Céline apprend qu’elle est sur le point d’avoir un très grave souci de santé si elle ne dit pas stop maintenant, un souci aux conséquences définitivement. Lors de notre entretien, elle s’est sentie libre de me parler de ce diagnostic. Malgré tout, je ne suis pas certaine que c’était indispensable d’en discuter ici, je préfère laisser ça à l’intimité de son cheminement humano-émotionnalo-sanitaire. J’ai senti qu’elle était à l’aise mais qu’à la fois ça relevait encore de quelque chose de très personnel. Ce qui certain, c’est qu’il a vraiment s’agit de point de non retour, de l’alerte rouge qui a définitivement incité Céline a changé de vie.

Parfois, même si c’est encore difficile je me dis que, cette maladie, c’est la meilleure chose qui pouvait m’arriver. Je te disais plus tôt qu’il y a les gens qui ont l’entrepreneuriat en eux et qui finissent par se lancer. Moi, je pense que j’aurais fait partie des gens qui auraient été malheureux toute leur vie, qui n’auraient jamais eu le courage de changer. Cette histoire là m’a donnée le courage de changer”. Finalement, c’est peut-être le corps de Céline qui avait déjà envie de cette autre vie, cette vie d’indépendante, bien en avant son cerveau (bon qui fait certes partie de son corps en soi mais son esprit quoi).

Aujourd’hui, je suis entrepreneure donc bien sûr que j’ai du stress car l’argent ne tombe pas tous les mois, mes réussites sont mes réussites mais mes échecs sont aussi mes échecs à 100%. Pourtant, ma maladie est vachement moins développée et je ne suis plus du tout dans la zone rouge dans laquelle j’étais”. Je trouve, et c’est peut-être là où le cheminement de Céline pourra totalement faire écho dans le cheminement entrepreneurial de tous les lecteurs de la LVD family, que cette pensée de Céline amène à réfléchir, notamment à la pression que l’on s’inflige parfois en montant sa boîte (je me fustige moi même là). Il y a parfois ce côté où en tant qu’entrepreneur-e, tu commences à subir à nouveau ta vie entrepreneuriale comme tu subirais n’importe quelle autre vie professionnelle. Tout simplement car là aussi il y a un rythme parfois excessif que l’on s’impose, des objectifs de tous ordres à tenir, l’ambition qui se mélange parfois en surpressurisation. Malgré tout, si on en revient à la définition d’entreprendre dégotée par Céline, entreprendre c’est avant tout choisir son action et l’exécuter de la façon dont on en a envie. On reste maître du jeu et on se crée son aventure entrepreneuriale. Il y aura toujours du stress puisque l’entrepreneuriat est le parc d’attraction de cet odieux personnage qu’est l’imprévu. Contrairement à d’autres vies professionnelles, on peut cependant construire le cadre de travail que l’on souhaite. Je n’ai pas vraiment de réflexion définitive sur ce sujet là, je voulais juste te l’écrire à toi et me l’écrire à moi.

“Il faut accepter de réaliser ce que chaque étape t’a appris justement. Il faut être hyper indulgent avec soi en tant qu’entrepreneur-e, il faut faire des pas même si l’on a l’impression qu’il n’a servi à rien, en fait chaque pas sert toujours. C’est un peu ce que j’essaie de me répéter à chaque fois que j’ai la tête dans le guidon. Le succès tapis rouge en une nuit n’existe pas”

En écho à ça, j’ai eu justement envie de demander à Céline, comment elle avait pu se reconstruire grâce à l’entrepreneuriat. “Je me suis retrouvée au jour 1 de mon entrepreneuriat avant le sentiment que je ne savais rien faire, que j’avais tout à apprendre. En même temps, on a beau arriver en se disant que tout part de zéro, on a toujours nos démons. J’ai encore des moments où je veux aller trop vite mais je trouve que j’arrive à prendre le temps de réapprendre. Chaque petite étape est une étape de reconstruction”. Peut-être que finalement, en te lançant dans l’entrepreneuriat (dans le prisme de l’entrepreneuriat comme outil de reconstruction), tu appréhendes finalement ta capacité à apprendre de toi même de mieux en mieux ?

Je trouve que l’entrepreneuriat aide aussi à trouver ta place dans ton couple. J’ai rencontré mon compagnon lorsque j’étais avocate, j’avais ma vie, ma situation. Quand tu ne vois pas les gens grandir, ce que tu perçois des gens est forcément biaisé. Finalement, quand tu te mets à entreprendre en cherchant quelle route tu veux emprunter, au fur et à mesure tu te construis dans ça et tu perçois si ton partenaire adhère ou non à tes idées”. Voilà encore un thème que j’adorerai aborder lors d’une newsletter : l’influence de l’entrepreneuriat sur la personne que tu es dans ta vie personnelle. On ne peut pas se cacher à quel point un parcours entrepreneurial forge complètement une personnalité, remet un peu en causes les déterminismes et laisse parler ses valeurs fondamentales. “Je n’ai pas l’impression de reconstruire mon couple car il était en parfait état mais de le faire évoluer dans un sens qui est hyper intéressant. En dehors d’une démarche entrepreneuriale, tu ne peux pas construire ton couple comme ça, je trouve ça génial comme expérience”.

Clairement, au travers du questionnement ‘quel-e entrepreneur-e j’ai envie d’être’, tu appelles beaucoup plus de choses sur la personne que tu es. Là aussi, tu te reconstruis !  “Aujourd’hui, je sais que je réfléchis autrement. Quelle femme j’ai envie d’être pour mon mari ? Quelle mère j’ai envie d’être pour mes enfants ? Quelle amie j’ai envie d’être pour mes amies ? Je trouve que même là dessus on se reconstruit, je vois mes relations d’amitiés différemment. Tu ne vas plus boire un verre pour décompresser mais pour être là, pour papoter, parce que tu es une amie”. L’amitié et l’entrepreneuriat, voilà encore un sujet à explorer le temps d’une lettre, qui me tient à coeur. Encore une fois, tu te testes toi même au coeur de ton écosystème. Ça appelle beaucoup de choses dans ton rapport aux autres, tu as souvent l’impression de ne plus être à la hauteur depuis ton aventure entrepreneuriale, tu es rappelée par des grands moments de vie qui te font revenir au rôle d’ami-e que tu as envie d’endosser. Tu as les soutiens indéfectibles ceux qui résistent à ton emploi du temps bien rempli et ton porte-monnaie pas assez, à ta manie de parler de ton projet même au petit déj alors qu’on t’a juste demandé si tu voulais un café, tout ceci alors que toi même on ne te parle pas de ton projet parce que tu en as marre, bref ils résistant à ton “toi” le plus insupportable parce qu’ils sont là pour toi justement …

Puis tu as aussi les soutiens inattendus qui t’arrivent aussi en plein coeur pour te faire fondre ou ceux que tu aurais aimé avoir... “Par exemple, le financement participatif est un excellent exercice. Là aussi, tu vois les gens qui t’encouragent, qui te suivent, qui te jalousent. Tu as du soutien que tu n’attendais pas et tu attends toujours du soutien que tu aurais aimé avoir. Les gens qui gravitent autour de moi après 1 an et demi d’entrepreneuriat sont quand même moins nombreux qu’avant. Tu reconstruis ton cercle de manière hyper saine”. Finalement, avec l’entrepreneuriat, Céline s’est reconstruite elle-même mais elle a aussi reconstruit son entourage.

J’ai proposé à Céline de te glisser une conclusion, un apprentissage global pour ponctuer la première phase de cette reconstruction infinie. “Il ne faut pas avoir peur des étapes. Tu en parlais dans une newsletter (La Vraie Dose “Je me suis émancipé grâce à l’entrepreneuriat” avec Anthony de ZCrea © - PS : je te jure que c’est Céline qui a placé si spontanément les newsletters qui l’ont le plus marquée, on est dans la LVD family ou on ne l’est pas que veux-tu), je suis complètement d’accord avec l’idée qu’il n’y a pas de rupture dans une reconversion, il a en fait une vraie continuité. Pour voir les choses comme ça, il faut accepter de réaliser ce que chaque étape t’a appris justement. Il faut être hyper indulgent avec soi en tant qu’entrepreneur-e, il faut faire des pas même si l’on a l’impression qu’il n’a servi à rien, en fait chaque pas sert toujours. C’est un peu ce que j’essaie de me répéter à chaque fois que j’ai la tête dans le guidon. Le succès tapis rouge en une nuit n’existe pas”. C’est sûr ces mots doux que notre papotage s’est achevé avec Céline. J’ai été assez époustouflé par le cheminement de Céline, que ce soit dans la nature de ce qu’elle a vécu ou dans tout le recul qu’elle a su saisir. Elle a su nous raconter une histoire si précieux, elle qui lit avec amour pas mal de newsletters chaque lundi. Alors, au nom de toute la LVD family, je pense qu’on peut la remercier fort fort fort fort d’avoir osé nous confier cette histoire précieuse, presque intime, ce déclic entrepreneurial loin des clichés, cette vie complètement bouleversée pour le plus grand bien ! Alors si tu as craqué pour la philosophie entrepreneuriale de Céline ou pour les valeurs canons de son projet, tu peux aller te trémousser sur le site de l’Atelier Gabrielle et lui glisser un mot doux sur instagram au pseudo @AtelierGabrielle !

Atelier Gabrielle, objets en bois responsables dans La Vraie Dose

Atelier Gabrielle, objets en bois responsables dans La Vraie Dose

🔥LE CHALLENGE DE LA SEMAINE PROPOSÉ PAR CÉLINE : "Franchir le prochain pas qui te fait peur"


On est bon-ne entrepreneur-e, si on teste, si on chute, si on apprend, si on se relève. Il faut oser franchir le prochain pas. C’est paradoxal mais déjà aller dans l’entrepreneuriat, c’est un sacré coup d’audace, une fois que l’on est là dedans on se sent un peu perdu. Dans l’audace, il faut continuer l’audace.”

Alors : tu hésites à envoyer ce mail ? À tester ce nouveau design ou cette nouvelle fonctionnalité ? À répondre à cette interview ? À postuler à cet incubateur ? Bah fais plaisir à Céline et fonce franchir ce prochain pas. Tous les gagnants ont tenté leur chance comme dirait l’autre. J’ajouterais aussi que tous les participants ont gagné un apprentissage de fifou !

💖 LA VRAIE PÉPITE DE LA SEMAINE 💖

La Vraie Pépite de Céline, qui a changé son aventure entrepreneuriale, c'est un moment-déclic : oser aller jusqu’au bout d’une crise d’angoisse spéciale “je veux redevenir salarié-e” pour mieux aimer sa vie entrepreneuriale

Pourquoi cette pépite ? 

Le moment : “Je viens d’accoucher, je ne sais pas où je vais, je n’ai pas ma feuille de route. Là une ancienne ma collègue m’appelle pour me proposer le poste. J’ai postulé, je passe la sélection, je vais à l’entretien, j’ai su que j’allais avoir le job et là je me suis dit que je n’avais pas du tout envie de ça”.

Tu connais cette phase où tu te mets à penser à une vie salariée (l’herbe du voisin vachement plus pimpante, tout ça, tout ça). Souvent, on refoule jusqu’à la prochaine crise d’angoisse (voilà pourquoi les entrepreneurs ont étonnement souvent un CV prêt à être envoyé dans leur ordi). Céline te propose de soigner le mal par le mal en allant jusqu’au bout du processus et en envoyant ton CV, en postulant pour de vrai. Juste histoire de voir cette vie de salariée pour de vrai afin d’arriver à faire la différence entre une crise entrepreneuriale du dimanche ou un besoin de prendre un nouveau pli professionnel !

“La première fois, j’ai eu l’impression d’arriver à l’entrepreneuriat un peu forcée car j’étais au bout de ma vie professionnelle d’avant, qu’il fallait que je me renouvelle. Là je me suis enfin dit que c’était le projet de ma vie, que j’étais bien là où j’étais. Ça m’a fait un bien fou.”

Merci à Céline fondatrice d’Atelier Gabrielle d’être venue papoter entrepreneuriat et parcours de vie le temps d’une newsletter de La Vraie Dose

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Sarah François