[LVD 56] "Le jour où j'ai osé demander de l'aide pour développer mon projet !" - Daphné - Seconde Peau

La Vraie Dose 56 : Le jour où j’ai osé demander de l’aide pour développer mon projet

La Vraie Dose 56 : Le jour où j’ai osé demander de l’aide pour développer mon projet

"Au cours de mes stages, je n’ai travaillé que sur des projets très différents à des postes différents. J’ai eu plein d’expériences différentes, je ne voulais surtout pas me spécialiser dans un seul métier. Ça a du positif et du négatif. L’avantage est que je sais m’adapter à toute situation. La difficulté est que je n’ai pas une compétence experte dans un domaine"

En septembre dernier (il y a donc 2-3 vies entrepreneuriales à peu près), j'ai commencé un peu par hasard à rencontrer d’autres entrepreneurs de la LVD family (enfin à l’époque je disais plutôt quelque chose comme “les gens qui lisent mes emails”). Par une suite de papotages instagramiens, on se donne donc rendez-vous avec une certaine Daphné, elle a été mon 3ème café entrepreneurs je crois. Et nous nous sommes bien trouvées : réflexions existentielles sur l’entrepreneuriat, allergie aux “questions qui piquent mon coeur d’entrepreneur-e” (avec en tête de fil “mais ça existe déjà ton projet nan ?” par tonton Jean-Mi et son orchestre), quête ambitieuse d’un alignement entrepreneuriat-vie perso à peu près correct (même de loin). On s’offre toutes les deux une bouffée d’oxygène de compet (que ça fait du bien de se féliciter ensemble de nos bébés victoires d’apprenties entrepreneures et de mettre aussi les pieds dans le plat des joyeuseries entrepreneuriales pour retrouver de la force).

À ce moment là, je ne vais pas te le cacher : elle m’inspire, je me dis que ça me plairait bien d’inviter des gens comme elle pour qu’ils racontent leurs débuts-déboires-victoires. Par exemple, elle a réussi sa campagne de financement participatif et je me suis dit que ça vaudrait le coup de lui donner la parole parce qu’elle sortait clairement des évidences et conseils bateaux. À ce moment là, je pense à créer un podcast LVD en mode interview, je me voyais toujours rédiger seule les newsletter et ne pas avoir d’invités par là (parce encore une fois quand il s’agit d’être visionnaire, l’entrepreneur a "piscine" et puis parce que j’ai un peu cru que c’était facile la vie des entrepreneuriats et que je pouvais créer 2 contenus hebdomadaires, au prix d’un, tout en gagnant pas 1€ parce que l’endettement c’est rigolo). Finalement, nous voilà très calmement 7 mois plus tard pour te proposer à l’écrit, une conversation avec Daphné, l’une des muses qui m’a inspirée l’arrivée des entrepreneurs de la vraie vie dans LVD ! Allez, je te laisse faire connaissance ?

Comme d’habitude, j’ai proposé à Daphné de se présenter en tant que personne humaine (le génie entrepreneurial n’étant pas convié de suite parce que bon les projets entrepreneuriaux… ce sont surtout des bouts de vécus et de cerveaux des entrepreneurs qui les portent) : “Je ne savais pas trop ce que je voulais faire quand j’étais jeune, j’ai trouvé ma voix tardivement. Quand j’étais petite, je voulais travailler dans la police scientifique car j’adorais les enquêtes, les livres policiers et puis finalement je me suis dit que je n’avais clairement pas envie de rester dans un laboratoire toute la journée”. C’est que l’ADN entrepreneurial en pleine construction adolescente, ça donne des ambitions professionnelles avec de la bougeotte dedans. “Peut-être médecine mais pareil ça voulait dire garder le même métier dans sa vie. Je sentais que je n’allais pas avoir le même métier toute ma vie.”

“En fin de lycée, j’ai finalement voulu m’orienter vers la mode. J'intègre une école de commerce plus généraliste mais j’ai pu faire pas mal de stages dans la mode en France et à l’étranger. En dernière année, c’est très naturellement que j’ai intégré la majeure entrepreneuriat car je sentais que j’avais vraiment la fibre de me lancer, d’avoir mes propres projets.”. Spoiler alert : on commence à avoir les ingrédients de la future aventure entrepreneuriale de Daphné qui se mélange avec en bonus la créativité et le besoin de bougeotte bien nourri. “Au cours de mes stages, je n’ai travaillé que sur des projets très différents à des postes différents. J’ai eu plein d’expériences différentes, je ne voulais surtout pas me spécialiser dans un seul métier. Ça a du positif et du négatif. L’avantage est que je sais m’adapter à toute situation. La difficulté est que je n’ai pas une compétence experte dans un domaine. Dans un sens, ça m’a quand même permis de me lancer dans un ecommerce aujourd’hui” (bon là y’a du spoiler, je l’admets volontier). À ce moment là de la conversation j’interroge Daphné (la thérapie LVD commence) : j’ai l’impression qu’elle a surtout développé la “compétence d’apprendre” au fil du temps. Ça a amené du rire et de la réflexion, je trouve qu’il y a dans tous les cas encore un style entrepreneurial dans tout ça, celui qui s'entraîne à aborder plein de sujets en mode impro.

J’ai une soeur jumelle. Du coup t’es toujours 2. Quand t’es plus jeune, tu cherches des éléments pour te différencier. Moi ça a été la mode ! J’avais cette volonté de chercher mon style, j’adore mettre des couleurs, oser se différencier”. Et là cette fois, c’est une nouvelle compétence indispensable à “l’imparfait-e entrepreneur-e qui fait bien ce qu’il veut à sa sauce” : l’audace. Et ça Daphné le doit cette fois non pas à sa personnalité mais donc à son vécu entrepreneurial (allez vlà qu’elle ressort les violons du projet entrepreneurial qui se dessine grâce à toute l’histoire de son entrepreneur). “Le mot audace il intervient beaucoup. Du coup, j’osais faire des choses que ma soeur ne faisait pas. Disons que j’ai jamais été une suiveuse, j’ai toujours voulu définir mes propres choix, ne pas me laisser influencer, être guidée par mes envies, mon instinct quitte à être parfois un peu égoïste car j’ai une vraie volonté d’indépendance”. Cette envie d’écouter ses intuitions (encore un super outil que Daphné s’est offerte toute seule pour son kit de future entrepreneure), va à la fois être sa meilleure alliée et l’un de ses plus gros challenges d’entrepreneure (on fonce tête baissée vers la thématique de la vraie vie entrepreneuriale choisie par Daphné).

Avant ça, encore une chose à savoir sur Daphné qu’elle voulait partager avec toi (je l’ai laissée choisir ce qu’elle voulait dire d’elle en tant qu’humaine entrepreneure sans trop influencer les questions car je sais très bien qu’elle n’a pas abordé ces points par hasard). “Ah oui, je suis très sportive aussi, j’ai fait plus de 10 ans de gym, j’ai fait de l’équitation, du volley. J’ai toujours couru, ça a toujours été mon échappatoire”. Et encore une fois, on y est : Daphné aime prend soin d’elle et “donner le meilleur” à travers le sport. D’ailleurs, elle vient de participer au semi-marathon de Nantes et exploser son record personnel. L’esprit de compétitrice doublé à l’envie de faire attention à son corps, sa santé : on fonce droit vers un projet entrepreneurial qui tourne autour de la mise en valeur du corps.

Daphé est l’entrepreneure de la vraie vie invitée de La Vraie Dose 56

Daphé est l’entrepreneure de la vraie vie invitée de La Vraie Dose 56

“Seconde peau, c’est la nouvelle et 1ère boutique en ligne de lingerie de créateurs. La mission de l’entreprise est vraiment de sublimer le corps de la femme”.

Manquait plus qu’un déclic, le déclic : “En dernière année, j’ai intégré l’association [étudiante] de mon école. L’ancienne présidence m’a nommé présidente à mon tour tout simplement. C’est cette expérience là qui m’a vraiment donnée envie de travailler dans la mode”. Et là c’est un sacré déclic, une sorte de version 0.0 de son projet entrepreneurial actuel qui lui a permis de s’essayer en tant qu’humaine entrepreneure / entreprenante. “Ça a été 1 an de gestion de projets, de découvertes, d’appréhensions, de relations. Pour moi ça a été l’année révélatrice”. Mais alors pourquoi l’ancienne présidente de cette association (qui du coup a eu un sacré rôle de bonne fée dans l’histoire professionnalo-entrepreneuriale de Daphné) a eu cette intuition, que la prochaine présidente devait être elle ? “Je pense que les gens voient rapidement de moi que je suis quelqu’un de passionnée, que je m’investis à 100%. Elle a pu déceler que j’allais mener à bien les projets !”.

Du coup, il est grand temps de faire connaissance avec Seconde Peau, l’entreprise créée par Daphné et ses quelques déclics : Seconde peau, c’est la nouvelle et 1ère boutique en ligne de lingerie de créateurs. La mission de l’entreprise est vraiment de sublimer le corps de la femme”. On est donc là sur un nouveau projet made in LVD family qui veut offrir sa vraie dose d’énergie à l’économie française : “on travaille avec des jeunes marques qui ne sont pas forcément encore assez connues. Dans ce secteur, il y a donc une vraie résistance à l’achat”.

“On veut aussi valoriser les différents corps de femme en développant un guide morphologique”. Allez, on va donc pieds joints sur le point info de la semaine : qu’est ce donc que ce guide morphologique ? “C’est un guide qui va faire de la recommandation de produits en fonction des mensurations de chacune. Moi je le fais car pour moi c’est important d’aider les femmes à choisir des sous-vêtements dans lesquels elles se sentiront bien. Il y a encore des gens qui ne connaissent pas leurs tailles de lingerie”. Daphné est bien déterminée à créer une vraie proximité entre les femmes et leur lingerie même si elle mène à l’origine un projet en ligne. D’ailleurs pas complètement en fait. “On développe un projet en “phygital”, c’est à dire à la fois en digital, via internet, et en physique avec notamment des pop-ups stores [magasins éphémères]. À terme, l’idée est d’ouvrir des showrooms connectés”.

Mais alors, quel est donc le grand pourquoi de Seconde Peau ? Et surtout pourquoi le ce projet et Daphné se sont ils-rencontrés ? “Pour commencer, j’adore la lingerie. Je trouve que c’est vraiment un vêtement qui permet de reprendre confiance, de se sublimer.” Une jolie histoire d’amour a donc commencé entre Daphné et le secteur de la lingerie. Mais pourquoi passer de l’idée à l’action ? “J’ai commencé à regarder ce qu’il se faisait. J’ai découvert qu’il y avait de nombreuses marques de lingeries peu ou pas connues. Je me suis dit qu’il y avait une place à se faire sur ce secteur. Aussi bien pour aider les créateurs à se lancer que pour permettre aux consommateurs qui le veulent de s’éloigner des produits de grande distribution en allant vers des produits plus éthiques, de meilleure qualité”. Et quand Daphné dit qu’elle s’est penchée sur ce secteur, elle ne fait pas semblant, elle était clairement déterminée à se lancer pour de vrai : “Je suis allée voir des créateurs, des créatrices pour leur demander ce qu’ils en pensaient, s’ils étaient potentiellement intéressés. Ça a été un oui assez rapide, assez franc. Depuis je me suis lancée. J’ai démarré la boutique avec 10 créateurs et aujourd’hui j’en suis à 18 créateurs”.

La question que l’on se pose, enfin clairement moi en bonne “jeanne-micheline aimant les projets humains” je suis partie là dessus, comment Daphné choisit-elle les créateurs présents sur sa boutique en ligne ? “Les valeurs de seconde peau, que l’on retrouve aussi chez moi d’ailleurs, ce sont : l’audace, la liberté, la sensualité, le plaisir et le côté prescripteur. On les retrouve aussi chez les marques de créateurs présentes sur Seconde Peau, ces valeurs”. Une boutique en ligne finalement forgée sur la loi de l’attraction entre être humains entrepreneurs créatifs. “Chaque marque de créateur est signée par son créateur, ça c’est très important. Il dessine lui même seule sa collection et propose des produits qui vont dans notre quotidien : il y a aussi bien de la lingerie confortable qu’audacieuse”. Daphné est bel et bien déterminée à offrir aux consommatrices de la vraie vie (peut-être plus tard consommateurs aussi mais elle m’expliquait que ce sont deux marchés très différents et donc elle préfère se concentrer dans un 1er temps sur du féminin), ce dont elles ont envie au fil de leur vie et des évolutions de leurs corps. “Seconde Peau ne propose pas encore de marques en très grande taille mais c’est vraiment une volonté pour moi de représenter tous les corps de toutes les femmes. C’est vrai que je n’ai pas une seule copine qui se ressemble. D’ailleurs si des lectrices de LVD veulent participer au prochain Shooting de Seconde Peau à Paris, faites-moi signe ?”.

“À un moment donné, j’ai eu le sentiment que je ne pouvais plus rien faire pour avancer dans mon projet, que j’étais bloquée.”

Maintenant que le cheminement humano-entrepreneurial est bien posé, il est temps que l’on découvre ensemble le sujet qui a enfin permis à Daphné de se présenter à LVD Family sur l’estrade inspirationnelle du lundi. C’est Daphné qui a choisi son sujet (là encore sur un coup de déclics) ! “C’est un sujet que tu n’as pas encore abordé dans LVD [s’adressant à moi Sarah]. À un moment donné, j’ai eu le sentiment que je ne pouvais plus rien faire pour avancer, que j’étais bloquée. Par exemple, je n’avais pas accès au code de mon site internet, mon développeur n’était pas dispo et je voulais changer des éléments du site. J’ai jamais travaillé dans l’e-commerce avant donc je ne connaissais pas tous les outils spécialisés comme Google Adwords, Google Analytics. J’aurais pu me former pendant deux mois, je l’ai d’ailleurs un peu fait mais tu ne peux pas non plus faire ça tout le temps pour tous les domaines. Arrive un moment donné où tu te poses la question : comment je vais faire pour tout faire toute seule”.

Du coup là tu commences à énumérer tous les postes des personnes dont tu aurais éventuellement besoin. À la fois, c’est hyper chouette car tu te dis que ce serait génial de travailler avec autant de personnes. À la fois tu te dis que tu es vraiment nulle car tu ne sais pas faire ça, ça, ça, ça, ça, etc”. Mais alors : quel a donc été le déclic de cette merveilleuse crise existentielle dont seule les dieux des entrepreneuriats ont le secret : “Je n’avais plus de stagiaire, je me suis retrouvée seule devant une quantité de choses à faire. D’un seul coup, je n’avais donc plus créativité”. La fameuse solitude de l’entrepreneure qui s’autonourrit parce que c’est bien plus sympa comme ça : tu es seul donc tu te sens seul donc tu te vis comme abandonné face à l’infini de ton projet jusqu’à avoir vraiment besoin de souffler.

En parallèle de ça, car les déclics entrepreneuriaux un peu extrêmes dans leur apparition non sollicitée, Daphné a vécu un autre moment bien intense émotionnellement : elle a essuyé un refus temporaire sur un financement sur lequel elle misait pourtant beaucoup. Ce qui est donc très pratique comme concours de circonstances : elle se sent trop seule aux manettes de son projet et bien entendu dans la foulée, elle manque un financement qui aurait pu l’aider à s’entourer. “L’entrepreneuriat, ce sont quand même les montagnes russes. Là j’effleurais clairement le sol, je ne pouvais pas tomber plus bas. Enfin, j’en avais le sentiment car j’aurais pu tomber plus bas évidemment”. On se le dit assez souvent dans la LVD family, l’entrepreneuriat, c’est un peu comme une journée forcée à Disneyland © sauf que tu ne fais pas une heure de queue pour te préparer psychologiquement et surtout tu ne choisis pas spécialement ni les attractions ni le sens dans lequel elles vont aller.

“La solution a donc été d’appeler au secours. J’avais l’impression que jusqu’à présent, rien ne pouvait m’arriver, que le non était impossible. Et, j’ai eu ce non et c’est à ce moment là que tu te poses des questions en fait !”.

Bon alors, dans un moment entrepreneurial de Daphné, comment fait-elle pour rafistoler le wagon et remonter vers les plus grands sommets : “je pense qu’à ce moment là, tu dois prioriser encore plus : quels sont les éléments qui vont faire avancer ton business maintenant ? Réflexion que tu dois poser à tout moment, surtout au démarrage”. Ah oui, parce que par contre l’attraction “dispersion”, elle est bien partout, partout, dans le merveilleux périmètre de réflexion d’un projet entrepreneurial. “La solution a donc été d’appeler au secours. J’avais l’impression que jusqu’à présent, rien ne pouvait m’arriver, que le non était impossible. Et en fait, j’ai eu ce non et c’est à ce moment là que tu te poses des questions en fait !”. Alors oui parfois ce sont des bonnes remises en question bien toxiques offertes encore une fois par la féérie des montagnes russes émotionnelles. Souvent, ce sont en réalité de vraies bonnes questions que l’on a un peu oublié de se poser car pas spécialement envie de s’attarder sur des points qui chatouillent le présent ou le futur.

Du coup à ce moment là j’ai appelé l’un de mes mentors pour lui expliquer. Là il m’a dit ‘enfin c’est normal avec un business plan pareil que tu n’aies pas eu le financement. Pourquoi tu ne m’as appelé à l’aide ?’. Et là il t’expliquent la vie en fait, des choses sur l’e-commerce que je n’avais pas comprises”. En décembre dernier, Daphné a gagné le concours “Trophée Startup Numérique” qui lui a permis d’inégrer l’IMT starter, incubateur des écoles publiques Institut Mines-Télécom Business School, Télécom SudParis et ENSIIE. Et une des pépites assez coolos de cet incubateur, c’est justement l’accès pour de vrai à des mentors avec de solides expertises et expériences surtout. Mais bon, quand tu es entrepreneur, ce n’est pas parce que tu as la possibilité d’avoir de l’aide que tu frétilles à l’idée d’en demander (tout ceci allant sur l’échelle de “je n’ai pas du tout envie” à “j’ai bien bien peur de demander l’aide et surtout de connaître les vraies réponses). Daphné ose dire ce que l’on est nombreux à ressentir pendant quelques temps mais qu’on n’ose pas dire car ce n’est pas joli : “je crois que je me sentais invincible. Dans la constitution du dossier de financement, je me suis trop reposée sur mes lauriers. Le business plan n’était pas bon. Ma chargée de mission pour le financement me posait beaucoup de questions et moi je disais tout le temps ‘ça va aller, ça va aller’”

“Puis peut-être que j’avais peur aussi de me plonger dans tous ces chiffres, d’avoir la réalité devant les yeux. ‘Pour avoir ça comme résultat, il faut que je fasse ça comme chiffre d’affaire. Pour avoir ça comme chiffre d’affaire, il faut que je fasse autant de ventes par mois. Aujourd’hui, mon prévisionnel sur 3 ans me semble inatteignable !”

J’avais au préalable eu mon prêt bancaire donc je me disais qu’il n’y avait pas de raison que je n’obtienne pas ce prêt d’honneur”. Le financement dont parle Daphné est un prêt d’honneur donc à taux zéro octroyés aux porteurs et repreneurs de projets par Initiative France et Réseau Entreprendre notamment. “Puis peut-être que j’avais peur aussi de me plonger dans tous ces chiffres, d’avoir la réalité devant les yeux. ‘Pour avoir ça comme résultat, il faut que je fasse ça comme chiffre d’affaire. Pour avoir ça comme chiffre d’affaire, il faut que je fasse autant de ventes par mois. Aujourd’hui, mon prévisionnel sur 3 ans me semble inatteignable !”. Au début Daphné parlait beaucoup du fait d’avoir comme elle le disait trop confiance en soi pour demander de l’aide. Mais en réalité, on ne demande pas d’aide aussi car très paradoxalement, on manque cruellement de confiance sur plein d’autres sujets. “Je savais que je repoussais un peu les choses mais autant je ne pensais pas autant”.

À ce moment là, je me suis posée une question (toujours dans mon affaire “d’un début projet est avant tout égal à des bouts de vécu et de personnalité de son entrepreneur”) : est-ce que Daphné, dans son caractère, est plutôt du genre à demander de l’aide ? “Hmmm non pas trop. J’aime faire les choses par moi-même. Par exemple, j’adore cuisiner et je n’aime pas quand il y a quelqu’un dans ma cuisine”. Et à ce moment là, Daphné soulève un paradoxe sur elle-même “à l’inverse, j’adore rencontrer des gens car j’aime apprendre de tout le monde. C’est un peu contradictoire”. C’est une contraction que j’ai voulu tenter de percer avec Daphné, tout simplement car j’ai eu l’impression de voir un miroir (moi Jeanne-Micheline “j’ai piscine pour le lâcher prise” mais j’adore rencontrer plein de gens pour m’aider de leurs expériences) : on adore s’inspirer mais on aime garder notre libre arbitre.

“Quand j’ai décidé que c’était le moment de rencontrer des gens, de demander de l’aide, là c’est le moment. Par contre, quand quelqu’un vient me chercher pour me poser des questions sur mon projet et que ce n’est pas le moment, je suis là ‘oui oui ça va, on n’en parle pas ?’”

Et au delà d’un souci de curseur sur la confiance, Daphné a identifié une très belle explication au fait qu’elle ne demande pas toujours de l’aide : “Parfois je ne sais même pas que j’ai besoin d’aide. Je me suis lancée dans l’ecommerce alors que je n’avais pas de connaissances précises. C’est juste que je n’ai même pas conscience que j’ai besoin d’aide”. Et encore une fois, elle met le doigt sur un vrai sujet : ne pas demander d’aide non pas car on ne pense en avoir besoin mais parce que l’on ignore tout simplement qu’il existe une zone trouble où l’on aurait besoin d’être aidé. On ne la voit même pas cette zone d’ailleurs.

Alors comment faire pour gérer ces zones blanches du besoin d’aide ? “Aujourd’hui, j’essaie de rencontrer des gens dans différents départements en leur disant : ‘voilà c’est ça mon business, qu’est-ce que tu penses que je pourrais faire d’autre ?’ “. C’est assez contre-intuitif mais finalement, ne pas faire une demande d’aide trop précise et peut-être un excellent moyen d’avoir l’aide la plus pertinente !

Et puis, cette façon là de solliciter de l’aide plus stratégique colle bien avec la personnalité de Daphné : “J’aime bien demander de l’aide de cette façon là car je sais que les gens ne seront pas trop intrusifs. J’aime bien d’abord écouter mais ensuite prendre des grappes et faire ma tambouille !”. On en revient toujours à cette même règle de vie que toutes les prétendues bonnes fées improvisées tendent à oublier : un conseil non sollicité n’aura très probablement de valeur tout simplement car la personne visée (oui bien entendu c’est un conseil pour un projet dont on parle là mais si on ne prend pas les choses personnellement, on n’est pas apprenti entrepreneur) ne sera pas prête à l’écouter. “Quand j’ai décidé que c’était le moment de rencontrer des gens, de demander de l’aide, là c’est le moment. Par contre, quand quelqu’un vient me chercher pour me poser des questions sur mon projet et que ce n’est pas le moment, je suis là ‘oui oui ça va, on n’en parle pas ?’ “.

Chaque semaine, je me reconnais d’une façon ou d’une autre dans les cheminements individuels des entrepreneurs invités. Typiquement, la réflexion de Daphné sur le côté parfois trop intrusif / poussif de certaines personnes qui insistent pour te donner leur aide fait terriblement écho. J’en ai encore assez peu parlé mais allons-y c’est le moment : je suis parfois fatiguée par ma ligne éditoriale (que j’aime pourtant d’amour) tout simplement car elle met en avant mes vulnérabilités, mes questionnements, bref ma réalité. Si je parle d’une grande partie de mes vulnérabilités entrepreneuriales, c’est avant tout pour permettre aux autres entrepreneurs de la LVD family de libérer les leurs. Ce n’est pas un référendum sur l’intégralité de ma vie entrepreneuriale ! Ce n’est pas parce que j’exprime mes faiblesses à haute voix que j’attends une main tendue. J’ai besoin de faire mon propre cheminement, j’ai besoin d’avoir créé du lien réellement avec mes bonnes fées (les vraies).

Encore aujourd’hui (le vendredi 3 mars), j’ai posté une story instagram pour faire part d’une de mes crises existentielles du moment (je ne suis pas loin de créer une insta-chronique hebdomadaire). Beaucoup y ont vu la dérision, le réalisme. Certains ont cru que c’était un appel à conseils. Se posent là deux principaux problèmes. D’abord le fait qu’une story instagram ne permet pas d’avoir une vision globale d’un business et surtout d’un humain, ce qui maximise les chances de donner un conseil bien à l’ouest. Aussi, car une aide qui arrive trop tôt, sans que la personne ne fasse son propre chemin est parfois contreproductive car elle braqueDans les deux cas, on consomme une énergie négative assez phénoménale qui fait que l’on aime de moins en moins l’aide reçue et que l’on court tout droit vers le fait d’oser encore moins demander de l’aide. C’est une vraie réflexion à laquelle je tiens, sur laquelle je réfléchis en tant qu’humaine parfois un peu casse bonbon et comme entrepreneur qui se lance dans l’accompagnement.

Ça a beaucoup résonné avec le vécu de Daphné : “Dans l’incubateur de Showroom privé, les mentors sont des experts dans un domaine. Donc ils te donnent une vision précise sur un sujet donné alors que dans un autre incubateur on pourrait très bien avoir quelqu’un de non spécialisé qui dit plutôt ‘ah bah moi à ta place, je ferais plutôt comme-ci, comme ça. Ces gens là il faut les écouter avec des pincettes”. Ce n’est pas parce que tu as besoin d’aide et que tu choisis de demander de l’aide qu’il faut écouter l’aide de tout le monde. “C’est un vrai problème quand tu ne connais pas un domaine car tu as des vents contradictoires tout le temps”.

“Je pense que je n’ai jamais autant douté de ma vie. Je ne suis pas une personne stressée et là j’ai été clairement très stressée. J’ai tenu et c’est quand même une preuve en soi que je suis faite pour ça et que mon projet va continuer d’aboutir”.

Daphné a appris au fil du temps à comprendre à qui elle devait demander de l’aide. Elle sait par exemple qu’elle a besoin de conseils proposés par des experts sur un axe très technique. Dans le fil de notre réflexion, je pose cette question à Daphné : “t’as besoin de demander de l’aide à des gens crédibles à tes yeux, nan ?”. Et là, elle m’a regardée tout interloquée : “Complètement ! Comment tu as su ça ?”. Tout simplement parce que je suis pareille et je pense que toi aussi tu te reconnaitras là dedans. Entre tonton Jean-mi qui s’improvise spécialiste en business autour de l’apéro et les experts autoproclamés, il faut arriver à faire un vrai tri ! Et justement, ce tri pour nous deux s’effectue sur une vraie confiance dans la personne qui les profère. Comme on le disait plus haut, il y a toujours des vents contradictoires, des torrents d’aide bienveillante et sûrement pertinente. Pourtant il faut choisir une direction et s’y fixer sinon on fait du sur place pour satisfaire tous nos conseillers. Il y a plein de critères possibles et on te propose notre vision : allez vers le conseil de la personne que tu admires le plus ?

Pour clôturer le bal, après quelques semaines de recul, j’ai eu envie de demander à Daphné ce qu’elle avait retenu de ce moment de vie entrepreneuriale, de façon très personnelle et subjective. “Je pense que je n’ai jamais autant douté de ma vie. Je ne suis pas une personne stressée et là j’ai été clairement très stressée. J’ai tenu et c’est quand même une preuve en soi que je suis faite pour ça et que mon projet va continuer d’aboutir”. Et Daphné a été récompensée pour sa prise de recul et sa force de caractère : elle a finalement obtenu le prêt d’honneur tant espéré ! Elle comprend maintenant que cette aide autour d’elle est une jolie clé : “je réalise que j’ai beaucoup de chance d’être si entourée. Je savais que j’avais cette chance mais quand tu traverses un moment difficile, c’est là que tu le comprends vraiment !”. Je te propose donc d’entourer Daphné de love entrepreneurial comme jamais pour cette réflexion qu’elle nous offre. Elle a été très honnête sur certains challenges de sa personnalité et de son chemin entrepreneurial, ça mérite bien un soutien bien emballé de la LVD family pour son projet aux valeurs bien canons. Tu peux donc retrouver Daphné sur Instagram via le compte @Daphne_SecondePeau et @SecondePeau_Paris ! Tu peux également lui faire un joli coucou sur le site internet de Seconde Peau !

🔥LE CHALLENGE DE LA SEMAINE PROPOSÉ PAR DAPHNÉ : "Faire le point en listant toutes les personnes & compétences qui t'entourent"

Cette semaine Daphné te propose d’oser demander l’aide en y allant un peu comme elle le fait : aller chercher des experts pour des sujets précis. Et des experts, des gens inspirants de confiance, on a souvent plus autour de soi que l’on ne le pense. Alors, pour le présent et le futur, autant se faire une liste très concrète des personnes dont on a envie de recevoir de l’aide et pourquoi. Mieux vaut faire cela à tête reposer qu’en plein questionnements existentielles entrepreneuriaux bien anxiogènes !

💖 LA VRAIE PÉPITE DE LA SEMAINE 💖

La Vraie Pépite de Daphné, qui a changé son aventure entrepreneuriale, c'est la naturopathie

Pourquoi cette pépite ? 

"La découverte de la naturopathie m'a beaucoup aidée ! J'avais des soucis de santé clairement liés au stress et ça m'a permis de mieux comprendre mon métabolisme ! Et puis aussi... de mieux prendre soin de moi !"


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Sarah François