[LVD #42] "Entrepreneurs, arrêtons de nous mettre la pression !" - Baptiste - Hikwal

Et allez zouplaboum (attention on est lundi, on est en forme), comme je te l’avais annoncé, les newsletters de La Vraie Dose seront désormais très régulièrement co-pensées avec un-e entrepreneur-e invité-e, histoire de diversifier les points de vue, les vécus et les typologies de projets ! LVD, c’est ton média des débuts de l’entrepreneuriat… et des débuts de l’entrepreneuriat, y’en a des tas ! Cette semaine, c’est Baptiste, porteur d’une vision épanouissante et sans stress de l’entrepreneuriat (loin des fausses paillettes), qui vient te parler de/détendre sur la pression entrepreneuriale

La Vraie Dose 42 : “Entrepreneurs, arrêtons de nous mettre la pression”, Baptiste, Hikwal

La Vraie Dose 42 : “Entrepreneurs, arrêtons de nous mettre la pression”, Baptiste, Hikwal

“Pourquoi Baptiste ? Tout simplement car pour avoir déjà partagé un café entrepreneurs ensemble je sais à quel point il défend les valeurs d’un entrepreneuriat épanouissant et humble, loin des clichés et des fausses paillettes.” 

Et allez zouplaboum (attention on est lundi, on est en forme), comme je te l’avais annoncé, les newsletters de La Vraie Dose seront désormais très régulièrement co-pensées avec un-e entrepreneur-e invité-e, histoire de diversifier les points de vue, les vécus et les typologies de projets ! LVD, c’est ton média des débuts de l’entrepreneuriat… et des débuts de l’entrepreneuriat, y’en a des tas !

Pour la partie rédaction, ne t’en fais pas je garde les rênes afin de bien te garantir ta ligne éditoriale LVDienne au fil de chaque newsletter. Et bien sûr, l’idée de La Vraie Dose ne change pas : parler toutes les semaines d’un sujet bien terre à terre, bien “on galère mais on rigole” de l’entrepreneuriat. La newsletter n’a pas vocation a présenter une entrepreneur chaque semaine mais bien le point de vue de celui-ci sur un sujet de la vie entrepreneuriale comme je le faisais toute seule jusque là !

Donc, pour inaugurer ce tout nouveau format, j’ai choisi Baptiste (qui a ensuite accepté mon invitation, c’est un vrai travail d’équipe tu vois), le fondateur d’Hikwal, l’application qui chamboule le recrutement avec un maximum d’humain là dedans ! Grâce à ses diverses expériences professionnelles en grande distribution, Baptiste a compris “de l’intérieur” les gros chantiers qu’il y avait à mener pour rendre le recrutement plus équitable. Il a donc décidé d’en faire un projet entrepreneurial, et plus précisément une application, sur laquelle les recruteurs rencontrent les candidats de façon complètement anonyme.

L’idée ? Que le recrutement de nouveaux collaborateurs d’une entreprise se focalise sur la personnalité, le vécu, l’intelligence de la vie. Au passage aussi, l'envie de bousculer certaines formes de discrimination à l’embauche liée aux noms, aux lieux d’habitation, etc car même si cela tombe sous le coup de la loi, dans les faits… Bref un beau projet qui me touche (c’est bien pour ça que je t’en parle). Pour plus d’infos en tant que recruteur ou candidat, RDV sur le site D’Hikwal ! Et si tu ne te sens pas directement concerné mais que t’as envie d’envoyer du love entrepreneurial à un copain de la tribu LVD, offre-lui donc un like sur Facebook ou Instagram !

Pourquoi Baptiste ? Tout simplement car pour avoir déjà partagé un café entrepreneurs avec lui, je sais à quel point il défend les valeurs d’un entrepreneuriat épanouissant et humble, loin des clichés et des fausses paillettes. Ah oui, je choisirai vraiment les entrepreneur-e-s invité-e-s avec beaucoup d’attention pour que ça coïncide bien avec le style LVD et que le côté “y’aura pas de publi-reportage ici, on est là pour se parler entre entrepreneurs” soit bien clair.

Baptiste est le fondateur d’Hikwal, l’application mobile qui veut rendre le recrutement plus humain et équitable !

Baptiste est le fondateur d’Hikwal, l’application mobile qui veut rendre le recrutement plus humain et équitable !

"Il y a une double lecture. Le “nous”, peut à la fois référence à “nous-même” au sens où nous les entrepreneurs, nous sommes super forts pour nous auto-pressuriser . Le “nous”, peut aussi faire penser au fait que l’on “nous” met la pression fortement dans ce monde merveilleux qu’est l’écosystème entrepreneurial”

Donc maintenant, que le décor est posé (c’était un peu long mais j’y tenais), revenons-en au thème du jour : “entrepreneurs, arrêtons de nous mettre la pression.”. Alors, tu vois dans ce thème, il y a vraiment une double lecture. Le “nous”, il peut à la fois référence à “nous-même” au sens où nous les entrepreneurs, nous sommes super forts pour nous auto-pressuriser le cerveau car nous avons été paramétrés pour cela. Le “nous”, il peut aussi faire penser au fait que l’on “nous” met la pression fortement dans ce monde merveilleux qu’est l’écosystème entrepreneurial (médias bien roses poudrés sur l’entrepreneuriat, entrepreneurs connus assoiffés de story-telling…). Bref, tu me suis !

Et donc, pourquoi, est-ce sujet que nous avons choisi avec Baptiste pour animer ton lundi matin ? Tout simplement car on est tous les deux touchés par ce gros sujet dans nos vies d’entrepreneurs et que j’avais vraiment envie de découvrir une autre vision sur le sujet (pi toi aussi suis sûre hein, ça fait jamais de mal d’apprendre à se dépressuriser le cerveau d’entrepreneur). Du coup, déjà ce qui est agréable, c’est que Baptiste ne se cache pas du tout du fait qu’il se met énormément la pression. Lui aussi, il se fait des phases d’autoflagellation où il se dit à lui même, je le cite “pourquoi t’as fait ça, t’es vraiment nul”, “nan mais tu ne bosses pas assez pour ton projet” (d’ailleurs, tu te souviens on en avait parlé dans La Vraie Dose 36 de cette phase là particulièrement).

Bref, lui aussi se met la pression, comme ça s’est dit, avec toi et moi, on est donc au moins 3. Bon, entre nous, je pense qu’on est nettement plus nombreux mais c’est pas toujours à la mode de le dire quand on est entrepreneur alors…(et c’est bien dommage d’ailleurs). Donc déjà, voilà ne nous mettons pas la pression sur le fait de la pression (oui, c’est possible de faire ça, l’apprenti entrepreneur sait tout faire, il faut le savoir).

“Je suis mon propre patron. Et je peux te garantir que je n’ai jamais eu de patron aussi exigeant et peu indulgent vis-à-vis de moi que… moi même”

On se met la pression parce que l’on a envie de faire les choses bien même avec des petits moyens, parce que l’on met un maximum de coeur dans nos projets, parce que parfois aussi on n’a pas toujours la sensation d’être à leur hauteur (ça aussi on en avait parlé dans La Vraie Dose épisode 30 - mais spoiler alert, sache que tu es largement à la hauteur de ton projet, parce que c’est lui, parce que c’est toi). Parfois, il y a la personnalité qui joue aussi, typiquement, c’est notre cas à Baptiste et à moi : on est déjà au départ des gens qui se mettent un peu la pression sur ce qu’ils font dans la vie en général. Et bizarrement on a choisi d’entreprendre, l’amour des sensations fortes sans doute !

D’ailleurs, tu sais qu’en parlant avec Baptiste, je me suis faite une réflexion assez étrange / éloquente : je suis mon propre patron. Et je peux te garantir que je n’ai jamais eu de patron aussi exigeant et peu indulgent vis-à-vis de moi que… moi même ! Premièrement ça fait peur. Deuxièmement, ça envoie aussi un sacré coup de pied dans la fourmilière du célèbre “nan mais toi t’es ton propre patron, t’as trop de la chance”. Bon puis surtout ça implique donc une grosse introspection d’automangement à mener sur soi même.

“La mise de pression des entrepreneurs, c’est un sacré travail d’équipe. On sait le faire par nous même mais on est aussi bien aidés par les clichés entrepreneuriaux et leurs opérateurs.”

Puis bon, la mise de pression des entrepreneurs, c’est un sacré travail d’équipe. On sait le faire par nous même mais on est aussi bien aidés par les clichés entrepreneuriaux et leurs opérateurs. Les titres des articles mettent la pression (il a une idée de génie et 3 mois plus tard il était millionnaire), les entrepreneurs connus mettent aussi la pression parfois (je monte ma boite mais par contre je ne dors pas hein faut pas déconner). Ah bon, et alors toi du coup t’avances à ton rythme, c’est que t’es pas bon alors ? Nope, nope, nope !

J’adore vraiment la vision de Baptiste sur tout ça. Selon lui (et selon moi aussi d’ailleurs), il y a une part de “communication”/“storytelling” (le fait de raconter l’image / l’histoire de son entreprise). Malheureusement, ça fait chic pour un entrepreneur d’avoir l’air toujours sous l’eau, toujours en train de travailler, toujours avec le cerveau qui carbure. En plus de ça y a la culture franco-française qui dit gentiment que celui qui a l’air de beaucoup travailler en quantité est probablement celui qui travaille le mieux en qualité (voilà voilà). Donc déjà, il y a ce gros phénomène qui dit que pour avoir l’air sérieux vis-à-vis des clients, des partenaires, des investisseurs, des médias, des autres entrepreneurs, il faut avoir l’air tout le temps sous pression parce que ça prouve à quel point tu es une rock star de l’entrepreneuriat.

“Baptiste a une lecture très intéressante de cette ambiance “pour entreprendre bien, mettons-nous la pression” et qui donne à réfléchir : parfois cette grande pression que l’on se met est aussi liée à un souci d’organisation / de priorisation”

Surtout, Baptiste a une lecture très intéressante de cette ambiance “pour entreprendre bien, mettons-nous la pression” et qui donne à réfléchir : parfois cette grande pression que l’on se met est aussi liée à un souci d’organisation / de priorisation. Alors, attention, tu connais La Vraie Dose, pas question ici de se culpabiliser en se disant qu’en plus de se mettre la pression, on s’organise mal. Là je te glisse simplement une piste de réflexion d’un autre entrepreneur qui peut peut-être nous aider à avancer.

C’est vrai que franchement, dans cette histoire de mise de pression automatique de l’entrepreneur, y’a peut-être aussi ce problème de vouloir faire trop de choses, trop de taches, trop de challenges, trop vite, tout le temps. Je ne sais pas ce que tu en penses mais je crois que parfois en tant qu’entrepreneur, on oublie vraiment d’être indulgents à notre égard parce qu’on a des ambitions folles mais on perd de vue nos ressources (temps, argent, nombre d’humain dans l’entreprise, etc).

“Dès qu’on célèbre une jolie victoire, on est déjà lancés sur la prochaine page de to-do. Je t’avoue que j’ai parfois du mal à prendre de la hauteur, du recul."

Enfin, je crois aussi que c’est le côté très “tête dans le guidon” de la vie entrepreneuriale qui nourrit un peu cette mise de pression constante. En tant qu’entrepreneur on est juste dans l’action, tout le temps. Tout ou quasiment est à faire pour hier. Dès qu’on célèbre une jolie victoire (gros contrat / partenariat / mails d’un utilisateur heureux / gos coup de boost de communication), on est déjà lancés sur la prochaine page de to-do. Je t’avoue que j’ai parfois du mal à prendre de la hauteur, du recul.

Là, encore une réflexion intéressante de Baptiste : toujours revenir au “pourquoi” au sens “pourquoi on a décidé de devenir entrepreneur. Par exemple, Baptiste a décidé d’entreprendre déjà pour porter les valeurs d’un recrutement  plus équitable. Aussi, car il veut vraiment construire un équilibre de qualité entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle. C’est très important pour lui voire capital, il veut poser maintenant les règles de sa vie professionnelle / personnelle pour pouvoir plus tard construire une famille. Donc quand il s’impose un rythme trop intense ou qu’il sombre vraiment dans un gros coup de “il faut que je fasse encore mieux à peu près tout dans ma boîte”, il se sonne l’alerte (ou les bonnes fées de sa vie personnelle le font pour lui) et il se rappelle qu’il veut avant tout entreprendre pour être épanoui.

Alors, clairement, chaque entrepreneur à sa définition de l’épanouissement : pour certains ce sera une boite qui croit de façon fulgurante, pour d’autres le plaisir de créer son propre emploi (et celui des autres espérons), pour d’autres encore la liberté d’organiser sa vie à son rythme (bon sachant que le rythme entrepreneurial n’est pas toujours facile mais on a le mérite de pouvoir le choisir). Il y a toujours notre définition de l’épanouissement entrepreneurial qui nous rappelle pourquoi on a décidé d’entreprendre. Faut juste pas la ranger dans un coin trop fermé… sinon on aurait tendance à l’oublier (parole d’experte).

Ça parait un peu lointain / spirituel comme ça le côté “se souvenir de pourquoi j’entreprends quand je m’auto flagelle d’avoir mal répondu à tel client ou bouclé 2 des 10 taches prévues…” mais en fait, il n’y a rien de fou derrière tout ça. On parle tout simplement de prendre du recul, de respirer un grand coup. Encore la semaine dernière, je me suis littéralement faite une montagne d’un truc absolument anodin chaque jour !

Et je te jure que ma conversation avec Baptiste pour te mijoter cette Vraie Dose m’a remise les idées en places : on respire et on se souvient toujours que l’on est là pour s’épanouir (et on met ce qu’on veut derrière ce mot, chacun fait sa tambouille comme toujours). Bien sûr qu’il y aura plein de fois où l’on va continuer à se stresser parce que l’on aura pas assez bien bossé ou mal géré telle situation. Mais essayons, juste essayons, de se rappeler à la base de ce qui nous a amené là à venir entreprendre ?

“Dans la botte magique de Baptiste l’entrepreneur qui apprend à se dépatouiller face à son propre cerveau pas toujours bienveillant, j’ai trouvé une astuce vraiment cool : lorsqu’il sent qu’il sature complètement, il arrête de travailler. Il fait une pause”

Enfin, dans la botte magique de Baptiste l’entrepreneur qui apprend à se dépatouiller face à son propre cerveau pas toujours bienveillant, j’ai trouvé une astuce vraiment cool que je voulais te partager. Alors, comme il le dit lui-même, peut-être que ça te correspondra, peut-être que pas du tout… Tout simplement, lorsqu’il sent qu’il sature complètement, il arrête de travailler. Il fait une pause, une vraie vraie vraie pause pour prendre une grande respiration et recharger les batteries. Il a compris, au fil du temps, que c’est ce qui marchait sur lui. Il s'est autoanalysé.

Ça c’est vraiment un truc que je ne savais pas faire (et mon petit doigt me dit que c’est le cas de plein d’autres entrepreneurs vu le formatage de départ), appuyer sur pause. Nan moi au début, j’étais plutôt dans la team forcing “allez je me mets la pression, j’arrive pas à bosser sur ce truc parce que je suis l’entrepreneur la plus quichasse de France, mais je vais forcer”. Une démarche bien évidemment reconnue en terme d’épanouissement entrepreneurial et de productivité !

Au fil des mois, j’ai appris à écouter mon énergie, à écouter mes coups de fatigue même quand ils tombent un lundi et à trépigner sur mes pics énergétiques même quand ils tombent un dimanche. L’entrepreneuriat, ce terrain merveilleux d’apprentissages de vie dans la douleur, nous apprend pas mal a nous écouter nous-mêmes, nous entrepreneurs ! Et ouaip, parait donc que l’on serait la première ressource de nos projets. Mais nous on est une ressource humaine, tu vois, pas une machine. N’oublions pas de nous arrêter quand la cocotte de pression entrepreneuriale va exploser ! Regarde, même quand ton ordi chauffe trop tu l’éteins, alors tu vois… voilà on va s’arrêter sur ce bel instant philosophie-de-comptoir !

💪 Ton challenge de la semaine : écouter l’entrepreneur épanoui et apaisé qui sommeille en toi ! 💪

Pression entrepreneuriale : situation dans laquelle l’entrepreneur s’auto flagelle et se répète qu’il est de loin l’individu le plus incompétent du monde pour mener son projet à bien !

Là, cette situation je la reconnais mais quelque chose me dit que généralement elle s’entend mal avec l’épanouissement et l’apaisement !

Alors, sur le modèle de Baptiste (qui ne prétend aucunement avoir une recette miracle mais qui essaie juste de dépressuriser comme il peut en tant qu’entrepreneur), je te propose un truc tout bête : quand tu sens que la pression monte vraiment trop, fais une pause. Et genre la pause que tu veux, ça va d’une soirée avec les êtres bienveillants de ta vie personnelle, à une balade en solitaire en passant par une série qui vide le cerveau efficacement. L’idée ? Prendre un bol d’air - réel ou spirituel ! Et si dans la foulée, t’en profitais pour te souvenir, en tête à tête avec toi, pourquoi tu as décidé d’entreprendre à la base ? Tu sais, ce truc là qui t’a fait décrété que t’allais t’épanouir dans l’entrepreneuriat ?

Bon, avec tout ça, ça ne te dirait pas de recevoir ta vraie dose hedbo d’énergie entrepreneuriale directement dans ta boite mail chaque lundi ? Histoire de prendre confiance en ton génie d’entrepreneur quoi !

Sarah François