[LVD #39] "Et si mon projet entrepreneurial ne marche pas ?"

J’ai demandé à mes amies - les angoisses nocturnes entrepreneuriales - si elles avaient une idée de thème pour la newsletter de cette semaine. Et assez spontanément, avec un aplomb assuré, elles m’ont suggéré une “super question” : “et si mon projet entrepreneurial ne marche pas ?”. Tu le sais autant que moi, elle est toujours là, celle-ci, prête à surgir à la moindre descente d’ascenseur émotionnel !

La Vraie Dose 39 : “Et si mon projet entrepreneurial ne marche pas ?”

La Vraie Dose 39 : “Et si mon projet entrepreneurial ne marche pas ?”

“J’ai demandé à mes amies - les angoisses nocturnes entrepreneuriales - si elles avaient une idée de thème pour la newsletter. Et assez spontanément, elles m’ont suggéré : ‘et si mon projet entrepreneurial ne marche pas ?’ “

Alors, je pourrais partir dans une grande tirade inspirationnelle en t’expliquant, que “c’est facile, tu enfouies cette question au fond de toi même et tu n’y penses plus”. Voili, voilou, après je te glisse quelques phrases pour répéter la même chose avec d’autres mots en te disant que c'est pas bien dur de tout le temps garder la confiance et zouuuu c’est la fin de cette 39ème Vraie Dose. Boooon, tu me connais, j’adore papoter, je serai donc bien incapable de te rédiger une lettre aussi courte !

Je te propose de l’appréhender cette question. Calmement, en en comprenant les tenants et les aboutissants. Parce que dans le fond, au delà d’une banale séquence d’autoflagelation entrepreneuriale que l’on aime tant, elle dit beaucoup de choses sur l'appréciation que nous avons de nos business !

“Dans une aventure entrepreneuriale, on s’engage tellement : financièrement, professionnellement, personnellement, familialement, que le besoin de remise en question est inévitable. ‘Et c’est ok’"

Déjà, commençons par poser les bases : c’est vraiment pas bien grave de se poser cette question (Nan parce que l’entrepreneur a tellement tendance à culpabiliser que bientôt on risque de culpabiliser de culpabiliser !). Au contraire, il y a juste un tas de choses qui peuvent de temps en temps bousculer notre confiance vis-à-vis de nos projets : un concurrent, une baisse de moral, un souci financier,  un banal email ou rendez-vous…

C’est vraiment pas grave. C’est simplement notre cerveau d’entrepreneur qui relance une phase de “remise en question”, en mode automatique ! Je trouve qu’il y a vraiment une espèce de lourdeur généralisée qui laisse croire que l’entrepreneur doit être sûr de tout sur tout, tout le temps, pour son entreprise. Que même lorsqu’il y a des galères ou des déceptions, bah la fougue entrepreneuriale reste intacte. C’est juste faux en fait. Dans une aventure entrepreneuriale, on s’engage tellement : financièrement, professionnellement, personnellement, familialement, que le besoin de remise en question est inévitable. “Et c’est ok” (depuis que j’ai rencontré une entrepreneure et prof de yoga, c’est devenu ma phrase fétiche). 

D’une certaine façon, se poser cette question, même si c’est douloureux, ça permet d’extérioriser nos angoisses, de mettre des vraies réflexions / mots sur l’avenir de nos projets très souvent flous. Ça va te paraitre bizarre mais de mon côté, je pense qu’il vaut mieux regarder ses angoisses droit dans les yeux pour les apprivoiser plutôt que d’être dans le déni, de jouer les entrepreneurs surhumains qui n’ont jamais peur de rien.

“Déjà, qu’est ce que ça veut bien dire, ‘un projet entrepreneurial qui marche’ ? Si tu poses cette question à une jeune tribu d’entrepreneurs, pas sûre que tout le monde réponde la même chose.”

Alors, maintenant que l’on a réussi à se détendre sur le fait de se poser la question “et si mon projet entrepreneurial ne marche pas ?”, regardons la de plus près (mais non elle ne mord pas je t’assure même si elle a l’air un peu antipathique comme ça). Déjà, qu’est ce que ça veut bien dire, “un projet entrepreneurial qui marche” ? Si tu poses cette question à une jeune tribu d’entrepreneurs en plein café LVD, je ne suis pas sûre que tout le monde réponde la même chose. Certains te diront qu’il s’agit du moment où tu peux en vivre, d’autres te diront que cela voudra dire qu’ils auront pu recruter un salarié, d’autres encore que leur entreprise a une belle notoriété publique. Chacun se fait calmement sa tambouille et décide de la définition qu’il donne à son projet entrepreneurial !

Honnêtement le petit côté binaire avec les “projets qui marchent” et les “projets qui ne marchent pas”, je trouve ça injuste ! D’autant plus que, si on se repositionne deux secondes entre le monde des bisounours et la réalité, l’histoire d’une jeune entreprise est souvent un poil plus compliquée. Je ne compte plus le nombre d’entrepreneurs que j’ai rencontrés et qui n’ont pas porté jusqu’au bout un projet entrepreneurial pourtant potentiellement rentable.

Parfois, ce ne sont pas les clients ou les modèles économiques qui sonnent la fin d’une aventure entrepreneuriale mais la vie personnelle de l’entrepreneur qui le rattrape. Certains projets sont de fait plus couteux ou demandent plus de temps pour être développés. Et les entrepreneurs qui les portent n’ont pas toujours devant eux le temps et / ou l’argent nécessaire. Sans parler du fait que les aléas de la vie peuvent parfois mettre en pause un projet : maladie, grossesse, couple,etc. Du coup, là je pense qu’il manque quelques colonnes dans notre tableau “ça marche” vs “ça ne marche pas”, peut-être qu'une colonne “y’a la vie perso aussi” serait la bienvenue ?

“Si, à cette question, tout simplement, on lui envoyait dans la vue une vraie réponse qui détendrait tout le monde : un bon gros ‘et alors’ ?"

Puis surtout, par rapport à cette question (pas toujours ultra pertinente mais on a complètement le droit de se la poser sans pression quand même hein) “Et si mon projet entrepreneurial ne marche pas”, j’ai pensé à un truc. Si tout simplement, on lui envoyait dans la vue une vraie réponse qui détendrait tout le monde : un bon gros “et alors” ? Bah oui, nos projets ne marcheront peut-être pas ou allons reformulons, les boites que nous avons monté dans nos salon-bureau-siège-social n’intégrerons peut-être pas le CAC 40 (#chuideg)… et alors ?

J’ai envie de te poser une question : quel est selon toi le but d’une aventure entrepreneuriale ? Là encore chacun ira de son idée et ça serait trop bien qu’un jour on en papote entre nous de vive voix. Depuis ma rentrée (il y a 5 jours mais sur l’échelle entrepreneuriale de temps il y a 5 ans donc), j’ai encore fait de nouvelles belles rencontres. Avec à chaque fois à la clé cette réflexion : “C’est juste délirant de voir tout ce que l’on apprend lorsque l’on entreprend !”.

Et si je t’écris cette newsletter, ce n’est pas par hasard (bon ce n'est jamais par hasard que je choisis un sujet pour LVD mais tu vois quoi) et c’est très lié à cette réflexion justement. Il y a quelques semaines, j’ai fêté un anniversaire un peu particulier : il y a un an je lançais publiquement mon précédent projet entrepreneurial KARMERZ ! Pour te remettre dans le contexte, c’était une plateforme collaborative pour apprendre à se créer un réseau professionnel. Une sorte de Linkedin mais dans la vraie vie !

Sur ce premier projet, j’en ai fait des cafouillages : rester des mois à trouver des solutions pour développer une appli mobile trop cool alors que j’aurais pu tester mon idée plus modestement,m’associer avec ma co-fondatrice bien trop rapidement, rester sous mon plaid et donc ne pas m’entourer d’autres entrepreneurs, être incapable de pitcher mon projet en quelques mots pour qu’on en comprenne juste un morceau  … Et je pourrais continuer comme ça sur 10 paragraphes à peu près (les entrepreneurs sont généralement paramêtrés pour être super fort sur le listing de leurs erreurs).

Pourtant, il y a un truc drôle que j’ai compris il n’y a pas bien longtemps : KARMERZ est l’ancêtre de La Vraie Dose. Je t’explique pourquoi je dis ça. D’abord car l’idée de cette plateforme c'était d’inciter les gens à se créer de vraies relations professionnelles solides en se rencontrant autour d’un café. On est clairement là sur l’ancêtre des cafés entrepreneurs de La Vraie Dose. Sans parler du fait que pour maintenir en haleine les préinscrits à KARMERZ, j’envoyais une newsletter bimensuelle dans laquelle je racontais les évolutions du projet et surtout mes aventures d’apprentie entrepreneure. Tiens, tiens, tiens…

“J’ai découvert que pas mal d’entrepreneurs avaient un premier projet. Celui qui essuie les plâtres bien allègrement, celui dont tu as d’abord honte et celui dont tu es finalement très fier.”

Sans KARMERZ, La Vraie Dose n’existerait pas pour mille raisons.C’est grâce à KARMERZ que j’ai compris que je voulais entreprendre oui mais bien davantage en créant du contenu, en créant un média (l’exercice que je préférais était de loin la rédaction de cette newsletter bimensuelle…) qu’en montant une startüüüp qui veut révolutionner Linkedin. Je n’aurais pas compris non plus qu’il fallait sortir, s’entourer (dans la vie et même sur les réseaux sociaux) car, sur moi en tout cas, la solitude physique et psychologique entrepreneuriale a un impact lourd. Et surtout je n'aurais jamais rencontré tous les questionnements qui font aujourd'hui tout l'esprit des newsletters de LVD.

Sans parler de toutes les choses pratiquo-pratiques apprises :choisir un nom que les gens comprennent un minimum (avec “KARMERZ” on n'était pas au max), commencer par une version 0 de son projet puis améliorer les choses après, créer du contenu un poil différenciant sur les réseaux sociaux pour se faire connaître (ouais en fait on a le droit d’être authentique, je n’avais juste pas compris), une communauté ça se construit aussi et surtout dans la vraie vie… breffff

Tu l’auras compris, je suis contente d’avoir galéré sur ce premier projet entrepreneurial parce que j’ai beaucoup appris et je me suis quand même bien battue. J’en suis resortie grandie sur tellement de sujets que j’ai du me limiter pour ne pas t’écrire un pavé sur chaque bout de morceau de tous mes apprentissages… KARMERZ fait partie de ma vie entrepreneuriale et même la vie de La Vraie Dose qui ressemble finalement à sa version 2.

D’ailleurs, j’ai découvert que pas mal d’entrepreneurs avaient un premier projet. Celui qui essuie les plâtres bien allègrement, celui dont tu as d’abord honte et celui dont tu es finalement très fier. Le fameux premier projet qui n’a pas marché, qu’on a lâché ou encore que l’on a complètement recommencé… Celui qui a planté les graines et qui dit qu’un projet entrepreneurial c’est avant tout une belle occasion de se passionner, de vibrer, d’apprendre !

’il se peut que nos projets ne marchent toujours pas comme on le voudrait. Et que ce n’est franchement pas grave. Ce sera dans ce cas là une étape de vie.”

Avec ce recul là (et encore dans 3 ans j’aurai sans doute compris 5 fois plus de choses sur mon premier projet), je me rends compte que le projet entrepreneurial (le premier, le deuxième, le millième) qui ne marche pas et bien il a juste fait partie du chemin. Peut-être que KARMERZ était la version 1 et La Vraie Dose la version 2 du projet entrepreneurial de ma vie qui sera finalement la V5. Seul l’avenir le sait (et bien entendu il ne me dit jamais rien celui-ci) !

Finalement, quand tu vois ça comme ça, et bien tu te dis, qu’il se peut que nos projets ne marchent pas toujours comme on le voudrait. Et que ce n’est franchement pas grave. Ce sera dans ce cas là une étape de vie vers un autre projet entrepreneurial ou alors vers une autre histoire professionnelle complètement différente !

Même si j’ai préféré être honnête avec toi sur cette fameuse question, n’oublie pas quelque chose. Il y a de belles chances que ton projet entrepreneurial marche voire explose. Tu as encore tout en main pour que ce soit le cas. Là je voulais juste te dire que se poser cette question est complètement normal et que même si nos projets ne marchent vraiment pas, ce n’est pas grave. Histoire que l’on se sente un peu moins mal à l’aise en pleine crise d’angoisse à 3h du mat. Mais surtout, mon instinct me dit que franchement, même les entrepreneurs ayant finalement eu le plus de succès ont du se poser cette question plus d’une fois ! Alors, tu vois, y’a pas mal !

💪 Ton challenge de la semaine : faire la liste des apprentissages vécus dans ta vie entrepreneuriale dont tu es le/la plus fier-ère 💪

Que ton projet marche ou pas (selon la vision que tu as de ça), ton aventure entrepreneuriale elle valait, vaut et vaudra toujours le coup d’être vécue pour mille raisons : les rencontres, les victoires, la passion entrepreneuriale,… et les apprentissages !

L’entrepreneuriat est une sacrée école de vie professionnelle et personnelle. Je me demande toujours pourquoi il n’y a pas d’équivalences avec certains diplômes (de type rockstar du dépassement de soi ou soldat de l’ambition contre vents et marrées). On apprend tellement : devenir un pro des internets, bidouiller des business plans, construire des partenariats, créer une marque, prendre la parole en public, rester zen (ou pas)… bref c’est délirant !

Alors, toi dis-moi, est-ce que ça te tenterait de faire le top 3 par exemple de tes apprentissages dont tu es le/la plus fier-ère ?Histoire de se rappeler dans toute cette histoire là que le plus important n’est pas la destination… mais le chemin !

Psssssst : si t’as instagram, n’hésite pas à me partager ta jolie liste en story en mentionnant @La_Vraie_Dose !

Bon, avec tout ça, ça ne te dirait pas de recevoir ta vraie dose hedbo d’énergie entrepreneuriale directement dans ta boite mail chaque lundi ? Histoire de prendre confiance en ton génie d’entrepreneur quoi !

Sarah François