[LVD #35] J'ai un job à côté de mon projet entrepreneurial !

Parmi les joyeux tabous de l’entrepreneuriat, le fait d’avoir un job à côté de sa boîte détient franchement une place de choix. Bah oui, ce n’est pas trop sexy d’oser dire que nous sommes obligés de gaspiller quelques (parfois nombreuses) heures de notre emploi du temps pour faire un truc qui n’a rien à voir avec la choucroute histoire de payer ses factures. Sauf que dans la réalité, nombreux sont les entrepreneurs, y compris de mon entourage qui ont, ont eu ou auront un job à côté de leur entreprise !

La Vraie Dose 35 :J’ai un job à côté de mon projet entrepreneurial !

La Vraie Dose 35 :J’ai un job à côté de mon projet entrepreneurial !

“Ce n’est pas trop sexy d’oser dire que nous sommes obligés de gaspiller quelques (parfois nombreuses) heures de notre emploi du temps pour faire un truc qui n’a rien à voir avec la choucroute histoire de payer ses factures.” 

D’ailleurs, j’en parle souvent, je suis moi même freelance en création de contenu / rédaction à côté de La Vraie Dose. Et oui, pas de mystère, je ne gagne pas de sous pour l’heure avec ce projet et la tirelire cochonou s’est vidée depuis le temps que je me suis lancée dans la folle aventure entrepreneuriale. Je t’avoue que cette opportunité s’est un peu présentée par hasard (y’a-t-il vraiment des hasards dans la vie ? - Je crois surtout que j’ai envoyé le bon mail au bon moment) à l’époque où justement je cherchais un job à mi-temps.

Entreprendre, ça prend du temps. Loin des rêves de Tonton Jean-Mi, non même l’idée du siècle ne se développe pas en 6 mois (tu vas jeter un pavé dans la marre si tu lâches l’info au prochain diner de famille). De ce fait, la case “job à côté” se présente à pas mal d’entrepreneurs comme une nécessité. Par exemple, tu peux démarrer ton projet en mode side project (Molière dirait “projet à côté”) et garder ton activité salariée principale ou inversement prendre un job au bout de quelques mois d’entrepreneuriat pour pouvoir poursuivre (comme je l’ai fait du coup).

Loin des prétendues paillettes de l’entrepreneuriat, personne n’a encore réussi à traduire la fougue entrepreneuriale en pièces d’or à fournir à EDF, Bouygues Télécom, La Société Générale et consoeurs… Du coup, pas trop le choix que d’accepter un job à mi-temps voire plein-temps, du freelance, des missions en intérim. Ça c’est une réalité ni très rose ni très poudrée que connaissent pourtant beaucoup d’entrepreneurs, sois tranquille là dessus. Même si un moment tu as réussi à passer par la case chômage (tu connaissais les tendresses de la rupture conventionnelle, bravo à toi) ou les économies, le job “alimentaire” finit souvent par pointer le bout de son nez !

“Entre ton job et ton entreprise, tu es un peu schizophrène et tu ne sais plus vraiment ce que tu fais dans la vie ni comment l’expliquer.”

Psychologiquement parlant, ce jeu d’équilibriste n’a rien d’évident, notamment niveau communication. Entre ton job et ton entreprise, tu es un peu schizophrène et tu ne sais plus vraiment ce que tu fais dans la vie ni comment l’expliquer. À la fois tu veux parler de ton entreprise parce que c’est ce qui t’anime et à la fois c’est ton job à côté qui paie les factures. Parfois même nous, avons du mal à y voir clair là dedans alors va l’expliquer à d’autres humains…

Sans compter que dans 90% des cas (étude LVD sur un panel pas du tout représentatif comme toujours), le commun des mortels non entrepreneurs comprendra 1000 fois mieux en quoi consiste ton “activité rémunérée” que ton projet entrepreneurial. Du coup, il y a fort à parier que l’on va très rapidement considérer ton job comme ta principale et unique activité professionnelle. Le petit côté double casquette c’est un peu trop novateur pour tonton Jean-Mi ! Puisqu’on te dit que ton travail c’est avant tout le truc qui te ramène des sous enfin, écoute un peu !

Si tu veux qu’on s’arrête 20 secondes là dessus, je me suis fixée un principe (à force) : ne pas parler de mon job de freelance en premier lieu pour laisser toute la place à ce que je fais avec La Vraie Dose. De toute façon, ne t’en fais pas, la question “alors tu gagnes des sous avec ton entreprise” va t-être posée, c’est certain. Alors autant garder deux trois gourmandises pour la suite de la conversation. Là encore, j’explique à chaque personne (c’est plus ou moins bien compris) que je préfère qu’elle n’évoque pas du tout mon freelance si elles sont amenées à parler de mon projet pour X ou Y raison. Rien ne garantit qu’elle le fasse (vraiment pas à mon avis) mais au moins le message est passé !

“Un truc pour lequel le cerveau d’entrepreneur est super fort : faire la liste de toutes les choses que tu pourrais faire pour ton projet entrepreneurial si tu n’avais pas ce job alimentaire à côté !”

Au delà de la bonne compréhension de ta vie professionnelle par tonton Jean-Mi, un autre challenge se présente à toi quand tu es entrepreneur et que tu as un job à côté : organiser ta double vie. Là tu découvres très vite que tu n’as aucunement besoin d’être ministre pour avoir un agenda de ministre. Google Calendar est devenu un vrai bon pote. La règle “tout ce qui n’existe pas dans l’agenda, n’existe pas” l’est aussi. C’est sévère mais c’est une façon d’assurer toutes les obligations de tes deux jobs ! La grande ronde de “ça part dans tous les sens”, ce sera pour l’année prochaine sans doute. Pas facile tous les jours pour la “madame dernière minute que je suis”. Je suis encore loin d’être la reine de l’organisation mais la seule chose que je pourrais te conseiller est de découper ton emploi du temps bien comme il faut !

Malgré cette organisation, y’a vraiment un truc pour lequel le cerveau d’entrepreneur est super fort : faire la liste de toutes les choses que tu pourrais faire pour ton projet entrepreneurial si tu n’avais pas ce job alimentaire. Ça, il va vraiment te faire le coup tous les jours ! Et il va en trouver des choses à ajouter à la liste. Quoi, mais bien sûr que oui, si tu n’avais pas ce job à côté tu pourrais sans difficulté mettre en place un partenariat avec Michèle Obama, c’est une certitude !

Je t’avoue que cette frustration, elle n’est pas toujours facile à gérer. Encore moins d’ailleurs quand on vient te poser la délicieuse question “mais t’as pas peur que ce job t’empêche de te consacrer à ton projet comme tu le voudrais ?”, qui se rajoute donc automatiquement au bal des QQPMCE (questions qui piquent mon coeur d’entrepreneur). Est-ce qu’on s’arrête pour y répondre ? Allez, on enchaine ! Je disais donc que pour moi, le plus gros challenge dans le fait d’avoir un job à côté est de ne pas avoir l’impression de “perdre mon temps” ou encore “d’oublier mon projet”.

“Je te jure que quand tu réalises que c’est grâce à ton job que ton entreprise commence à être sur pieds et / ou l’est toujours, ça va vachement mieux !”

Alors, j’ai essayé de voir les choses sous un autre angle : en réalité,sans ces missions de Freelance, La Vraie Dose n’existerait plus. Je ne pourrais tout simplement pas vivre d’amour et d’eau fraiche(enfin moi je voudrais bien mais la société n’est pas trop chaude). Donc, maintenant, même lorsque je travaille sur mon Freelance, je considère que cela fait pleinement partie de La Vraie Dose, que c’est son activité rémunératrice (même si je n’en parle pas à Tonton Jean-Mi car il ne comprendrait pas la subtilité du schmilblik). Je te jure que quand tu réalises que c’est grâce à ton job que ton entreprise commence à être sur pieds et / ou l’est toujours, ça va vachement mieux !

Sans compter qu’adopter cette vision globale selon laquelle ton job est une partie de ton projet entrepreneurial va t’aider sur un gros sujet. Je l’avais évoqué à la fin de la newsletter “T’es à 100% sur ton projet ou tu as un vrai travail à côté ?”, je veux parler de tout le défi de se sentir réellement entrepreneur. Oui, j’ai bien dit le gros mot “entrepreneur”. Et oui, rien de très évident lorsque parfois toutes nos journées sont occupées par un travail salarié à temps plein. Est-ce qu’on a vraiment une vraie entreprise lorsque l’on ne peut pas y consacrer 100% de son temps par choix ou contrainte ? La réponse est un GRAND OUI !

Ce job il fait véritablement parti de ton aventure entrepreneurial, il joue le rôle d’investisseur. Tu lui offres de ton temps et en contrepartie il t’aide à vivre et parfois à alimenter financièrement ton projet. Puis, au delà de ça, il t’apporte plein d’autres choses auxquelles tu n’aurais pas pensé : du réseau, de l’inspiration, de l'expérience professionnelle, une vie sociale, etc plein de trucs coolos quoi ! Et ce, même si tu n’entreprends pas du tout dans le même secteur que celui de ton job. J’ai déjà entendu de bien jolies histoires autour de moi (notamment sur la partie réseau). !

💪 Ton challenge de la semaine : 
Faire la liste de toutes les belles choses que t’apportent ton job rémunéré !💪 

Cette semaine, je te propose de voir le verre pas seulement à moitié plein mais bien rempli et d’aduler amoureusement ton job rémunéré. Sans lui, ton projet entrepreneurial, tu ne pourrais pas ou plus le mener à bien et / ou tu prendrais des risques que ta vie personnelle ne te permet pas ! Alors, comme on l’a dit au dessus, je te propose de le voir comme un véritable investisseur !

Du coup, faisons la liste ensemble de tout ce que t’apporte ton job rémunéré, partie intégrante de ton aventure entrepreneuriale.Voici quelques suggestions largement pas exhaustives :

  • Argent (bon ça tout le monde dira oui je pense)

  • Inspiration

  • Expérience professionnelle

  • Connaissance d'un marché

  • Réseau professionnel / contact clé

  • Partenariat

  • Vie sociale

  • Clientèle supplémentaire potentielle

  • Etc 

 

Ensuite, ce que je te propose, c’est qu’à chaque fois qu’une pensée de type “ah mais si j’avais pas mon job, je pourrais envoyer mon projet sur la lune demain matin”, on se la relise en boucle. Tout simplement pour se rappeler à quel point ce job rémunéré, il a déjà le mérite d’exister et il apporte énormément à nos projets entrepreneuriaux !—

Bon, et au fait, ça ne te dirait pas de recevoir ta vraie dose hedbo d’énergie entrepreneuriale directement dans ta boite mail chaque lundi ? Histoire de prendre confiance en ton génie d’entrepreneur quoi !

Sarah François