[LVD #33] Je ne dirai plus "ma PETITE entreprise" !

Si tu fais la route de l’entrepreneuriat avec moi depuis quelques temps déjà, tu te souviens que je t’ai envoyé, il y a deux mois une lettre qui me tenait fort à coeur : “nan mais je construis une vraie entreprise en fait”. Ça y est, on se l’était promis officiellement, le mot “entreprise” allait bel et bien définir toutes nos ambitions entrepreneuriales ! Simplement, parce que utiliser les vrais bons gros mots pour définir nos projets entrepreneuriaux, ça change littéralement tout. Pour les autres. Et pour soi !

La Vraie Dose #33 : Je ne dirai plus “ma PETITE entreprise”

La Vraie Dose #33 : Je ne dirai plus “ma PETITE entreprise”

“Bah oui, tu comprends, c’est vachement plus humble et ça implique clairement moins d’attentes, un petit projet. Du coup, ça nous détend.”

Pourtant, on l’a ce fichu réflexe, celui qui veut que l’on soit ultra timide et que l’on préfère parler de “petits projets”. Bah oui, tu comprends, c’est vachement plus humble et ça implique clairement moins d’attentes, un petit projet. Du coup, ça nous détend. En parlant d’une petite entreprise (et encore déjà faut dire "entreprise"), je prends absolument zéro risque. Donc si demain j’arrête tout ou si mon entreprise plante, ça ne marquera pas trop les esprits ! Ça c’est sûr.

C’est ainsi que j’ai fièrement parlé de ma “petite newsletter” voire allons-y gaiement de mes “petits emails d’entrepreneuriat du lundi” pendant des mois. Là, tu peux être tranquille : personne n’avait aucune attente vis-à-vis de mon projet. Moi la première d’ailleurs. Un petit projet avec un petit adjectif qualificatif et des tous petits mots derrière. On ne les voyait pas trop venir là comme ça, mes ambitions de créer le média des débuts de l’entrepreneuriat 100% newsletter. En tout cas, moi, je peux te garantir, que vraiment je ne voyais pas du tout le truc arriver !

“Des fois que quelqu’un vienne te violenter avec une batte de base-ball en te disant “nan mais ça va pas bien de parler avec autant d’ambitions, parle plutôt de petite entreprise, c’est plus poli”, vaut mieux ne pas prendre de risque.”

Mais finalement, je n’ai rien vécu de foufou, j’ai juste traversé la douce phase d’imposture du jeune entrepreneur qui veut bien admettre qu’il est entrepreneur mais pas trop quand même. Des fois que quelqu’un vienne te violenter avec une batte de base-ball en te disant “nan mais ça va pas bien de parler avec autant d’ambitions de ton projet, sois gentil, parle plutôt de petite entreprise, c’est plus poli”, vaut mieux ne pas prendre de risque. C’est qu’il ne faudrait pas être trop insolent de détermination tu sais !

Et puis, à force de partager des cafés entrepreneurs à tout va (j’en parle beaucoup sur la page Instagram de LVD), j’ai réalisé qu’on était tellement dans ce cas. Parfois d’ailleurs, j’entends les entrepreneurs face à moi utiliser quelques minorateurs : “petit”, “vague”, “jeune”, “incertain”. Et le pire dans tout ça c’est qu'ils ne manquent pas d’ambition, non. Mais ces petits mots, qui viennent quasiment automatiquement refroidir nos ardeurs, nous échappent littéralement.

D’ailleurs, j'ai eu l'idée de cette newsletter grâce à une jeune créatrice, Elysabeth, avec laquelle j’ai eu le plaisir de partager la semaine dernière un bon gros papotage philosophico-entrepreneurial. Elle se reconnaitra clairement car on a bien eu une conversation de 20 minutes rien que sur l’importance de choisir les bons mots lorsque l’on communique sur nos projets. Elle m’a confié mener une lutte contre elle même pour cesser de parler de ces “petites créations”, de son “petit projet” ou encore de ses “petites ventes”. Alors que pourtant elle a déjà des rêves et de solides ambitions pour son entreprise. Mais rien de bien simple. J’ai tout de même envie de te dire que réaliser la persistance de ces minorateurs dans notre discours entrepreneurial, c’est déjà avoir résolu le gros du problème !

“Le mot “petit”, dans la tête du commun-des-mortels-non-entrepreneurs il est comme assorti à ton projet d’entreprise. C’est peut-être parce que ça lui donne bonne mine finalement ?”

Puis, bon, je vais enfoncer une porte ouverte mais au moins comme ça on prendra un peu d’air : le mot “petit”, dans la tête du commun-des-mortels-non-entrepreneurs il est comme assorti à ton projet d’entreprise. C’est peut-être parce que ça lui donne bonne mine finalement ? Tu vois où je veux en venir : aux fameuses QQPMCE(questions qui piquent mon coeur d’entrepreneur) que l’on adore, sorte de relations amoureuses un peu toxique. “Alors, ça en est où ton petit projet” ? “Alors, ça avance ton petit site” ? “Ça se développe un peu tes petites ventes ?”. D’ailleurs, si tu veux leur mettre un petit coup de pied au popotin, la 8ème Vraie Dose t’attend les bras ouverts pour t’aider à mieux y répondre !

Le pire dans tout ça, c’est ce qu’elles impliquent ces QQPMCE garanties 100% réductrices de ton projet et de tes espoirs. Même si tu y réponds avec vigueur, y’a toujours un petit coin de ta tête qui enregistre l’info comme ça sans que tu ne te rendes trop compte “tiens oui mon projet est perçu comme petit”. Ton projet est perçu comme petit. Et ça, je ne voudrais pas un peu trop spoiler mais cette foutue perception, elle vous fait vraiment pas du bien à ton entreprise et à toi. Merci tonton Jean-mi, merci le réveillon de Noël, merci la dinde, merci vraiment merci.

Ouais mais nan en fait, nous on est dans la team “vraie dose d’énergie entrepreneuriale”. Alors, on va se le redire à nouveau (et on va jurer fidélité à cette phrase pour l’éternité) : personne ne croira plus en nos projets que nous même ! Mais franchement, c’est bien normal et même rassurant. Ce serait quand même hyper bizarre que ce soit tonton Jean-Michel relou qui y croit plus. Puis bon, entre nous, vu la qualité de ses pronostiques économico-politiques du dimanche midi, on se gardera bien de ses dons de voyance entrepreneuriaux !

Donc, va falloir qu’une bonne foi pour toutes, on s’y mette sérieusement à utiliser des bons gros mots ambitieux pour parler de nos entreprises. D’ailleurs, je ne sais pas si tu t’en souviens mais c’était le challenge de La Vraie Dose 29 “Tu fais quoi de tes journées d’entrepreneurs ?”. On avait justement fait tout un travail pour trouver de bons gros mots qui font ultra sérieux pour expliquer de quelles tâches sont faits nos quotidiens d’entrepreneurs. Tant pis si certains mots ne sont pas ultra palpitants, clairement il n’y a que ça de vrai pour crédibiliser le travail que l’on exécute chaque jour ! Comme je le dis toujours, la crédibilité d’un projet entrepreneurial se cache dans les détails !

“Il y a un vrai truc dont il faut parler et qui n’aide pas à oublier la “petite” entreprise : au début d’un projet, on ne peut pas toujours accorder toutes les ressources (temps / argent / énergie) que l’on aimerait.”

Mais supprimer tous ces minorateurs, c’est un peu plus profond que simplement faire attention à ce que l’on dit lorsque l’on parle de son entreprise. Sans faire de la psychologie de comptoir (oui bon en même temps c’est La Vraie Dose quoi), répéter le mot “petit” à toutes les sauces, ça dit quelque chose de notre confiance en nous et surtout en nos projets. Et oui, on ne sait pas trop où l'on va avec nos projets alors ces petits minorateurs, ils nous protègent un peu ! J’ironisais au début de la lettre là dessus mais dans le fond ces vilaines voix qui nous souffleraient “nan nan ce que tu fais, c’est simplement un petit projet”, elles existentDans notre tête. Et elles sont vraiment en nombre quoi, c’est un délire ! Clairement plus nombreuses dans notre tête que dans la réalité en revanche.

Sur ça, il y a un vrai truc dont il faut parler et qui n’aide pas à oublier la “petite” entreprise : au début d’un projet, on ne peut pas toujours accorder toutes les ressources (temps / argent / énergie) que l’on aimerait. Ce n’est vraiment pas rare qu’une entreprise naisse en parallèle d’un job salarié bien prenant (oui oui il peut parfois bien prendre bien le chou). Pourtant, même si ton entreprise ne recueille pas l’essentiel de ton temps, tu lui accordes déjà tellement d’énergie et tu oses la rêver tellement plus grande. En peu de temps, toutes les activités qui occupent ton quotidien peuvent sembler moins importantes que ton entreprise même si plus chronophages. Alors, pourquoi prétendre qu’il s’agit d’un petit projet si ton énergie entrepreneuriale est grandissante pour ne pas dire bondissante ? Rien de petit là dedans, tu le sais au fond de toi !!!

Ce n’est pas l’ampleur d’un projet, le temps que tu peux lui accorder, la taille de son marché potentiel (sachant qu’au début on n’est jamais sûr de rien) ou mille autres choses qui en font ou non un grand projet. D’ailleurs, même si tu ne peux travailler sur ton projet entrepreneurial que le dimanche pour l’instant, ça n’en fait pas forcément un petit projet du dimanche. C’est à toi de choisir la taille de tes ambitions entrepreneuriales. Et dis-toi que petit à petit, les autres se laisseront convaincre aussi ! À force de répéter que l’on construit une entreprise et non pas un petit truc, ils finiront par comprendre (un ou deux coups de fourchettes pourront aider - nan je rigole - quoi que ?).

"Il y a vraiment des gens qui ont des bébés projets et qui parviennent à convaincre les foules. Toi t’es là “mais pourquoiiiiii franchement c’est une vanne ou quoi ?”.

D’ailleurs, je pense que tu as du te faire la même réflexion que moi : il y a vraiment des gens qui ont des bébés projets (mais genre vraiment) et qui parviennent à convaincre les foules en un rien de temps qu’il s’agit d’une entreprise qui va changer le monde. Oui, même les Jean-mi relous sont enivrés, faut y aller quand même. Toi t’es là “mais pourquoiiiiii franchement c’est une vanne ou quoi ?”.

Bon déjà, j’ai envie de te dire qu’entre entrepreneurs quoi qu’on en pense, vaut mieux se serrer les coudes et croire tant que possible aux projets des autres. Parfois ça fait bizarre mais je te jure que pour ton karma ça fait vraiment du bien (puis bon entre nous on ne sait jamais où les projets vont alors autant rester copains). Surtout, ces enchanteurs de l’entrepreneuriat, il faut clairement s’en inspirer car ils ont compris un vrai truc : ils sont super fort au fameux “fake it until you make it” (feins-le avant de l’avoir fait comme dirait Molière mais c’est peut-être pas aussi swaggy).

Oui, parce que le jeune entrepreneur qui se respecte, il est là assis sur sa chaise, vacillant entre timidité et gêne en train de se dire “nan mais eux ils en font vraiment des caisses avec leur projet”.Mais oui, justement ils en font des caisses et c’est ça qui fait que ça marche ! Tu n’entendras pas ces enchanteurs parler de petit projetmais seulement d’entreprise. Rien ne dit dans leur tête qu’ils y croient à 100% mais en tout cas leurs interlocuteurs eux oui.

“Le secret ne dit pas si les entrepreneurs qui démontrent une confiance absolue en l’avenir de leurs projets d'entreprise sont vraiment confiants intérieurement. Moi je reste persuadée qu’il y a un mix de tout, une sorte de cercle vertueux de la confiance entrepreneuriale.”

Le secret ne dit pas si les entrepreneurs qui démontrent une confiance absolue en l’avenir de leur projet entreprise sont vraiment confiants intérieurement. Moi je reste persuadée qu’il y a un mix de tout, une sorte de cercle vertueux de la confiance entrepreneuriale. À force de ne plus parler de quoi que ce soit de petit quand on présente notre entreprise, l’auditoire finit par prendre le truc plus sérieusement. Puis un jour, on se surprend nous même à réaliser qu'en ne parlant plus de “petite entreprise”, on voit beaucoup plus grand !

Je ne vais pas te cacher que si je n’avais pas répété pendant plusieurs mois que je créais une petite newsletter, il y a fort à parier que je n’en serais pas du tout au même stade aujourd’hui.Je serai surement 3 mois plus loin niveau nombre d’inscrits, identification d’un modèle économique, communication, etc. Mais ce n’est pas bien grave. Déjà parce que ça m’a fait un sujet pour La Vraie Dose de cette semaine (et il est très probable que dans quelques mois je t’écrierai des newsletters pour t’expliquer tout ce que j’aurais pu faire différemment aujourd’hui). Surtout, car quand j’ai eu ce fameux déclic en septembre dernier, que je me suis mise sérieusement à parler d’entreprise, ça a tout changé. J’ai réalisé que chaque “petit” mot avait un impact immense dans ma façon de communiquer mon projet auprès des autres… et de moi même

💪 Ton challenge de la semaine : 
Je me débarrasse du mot “petit” dans chaque phrase que j’énonce à propos de mon projet ! 💪 

Un petit pas au quotidien mais un grand pas pour ton projet : le mot “petit”, on va le déloger ! Parce qu’il est temps que le monde entier, et toi en premier, soit bien au courant du fait que tu vois grand. Tu ne sais pas trop ce que tu vois, et ce n’est vraiment pas grave #magiedelentrepreneuriat mais ce qui est certain, c’est que tu vois grand.

Pour commencer, une excellente façon de se dépatouiller de ce mot “petit” est de s’entrainer à parler de son projet, voire à apprendre par coeur son discours / son “pitch”. Tu peux reprendre deux challenge de La Vraie Dose et ainsi t’organiser des petits rdv galants avec ton miroir histoire de trouver la confiance :

Puis, de façon plus quotidienne, il faut que l'on se trouve des points de rappel pour ne jamais rien lâcher et zapper le mot “petit” de toutes nos conversations entrepreneuriales :

  • Un fond d’écran de téléphone avec une grosse phrase bien sympa du style “rien de ce que je fais n’est petit”

  • Un stylo que tu vois tous les jours et auquel tu vas lier l’idée que “tu as une entreprise (avec rien de petit dedans)” histoire de t’en rappeler pour toujours !

  • Demander à quelqu’un de bienveillant de ton entourage de t’aider là dessus et de te corriger dès que le mot “petit” sort de ta bouche (100% des français - étude LVD - aiment plus que tout reprendre les autres, je suis donc sûre que tu trouveras des volontaires !).

Quoi qu’il en soit, souviens-toi d’une chose : rien de ce que tu fais n’est petit, tu accordes une grande énergie, beaucoup de temps et sans doute pas mal de sous à ton entreprise. Alors, personne ne doit parler de “petite” entreprise et surtout pas toi. Tout simplement car elle est tout sauf petite ! Et clairement, la crédibilité de ton projet se cache dans les détails, y compris dans les “petits” mots. ;-)

Sarah François