[LVD #31] "Un business plan, je ne savais même pas ce que c'était !" [Sarah Zerouali - Les Vrais]

Aujourd'hui, je te propose un nouveau format de newsletter pour La Vraie Dose : "Les Vrais". Les vrais ce sont tes vrais bons potes entrepreneurs qui débarquent dans la Vraie Dose et te partagent avec authenticité leurs apprentissages, leurs questionnements, leurs victoires et leurs galères !

Comme je te dis souvent qu’il y a autant de façons d’entreprendre que d’aventures entrepreneuriales, ça vaudrait quand même le coup qu’on découvre plein de jolies histoires nan ? Puis bon, qui dit construire un média, dit varier les points de vue !

J'espère que ce nouveau format va te plaire ! Selon tes retours, je verrai à quelle fréquence il pointera le bout de son nez. On est sur de l'entrepreneuriat, on est sur du test d'un nouveau format, on adore !

La Vraie Dose 31 : “Un business plan, je ne savais pas ce que c’était”

La Vraie Dose 31 : “Un business plan, je ne savais pas ce que c’était”

“J’ai fait des études en lettres modernes et en espagnol donc rien à voir. J’étais pas du tout high tech. J’étais loin de tout ce qui était business en fait” 

Avec Sarah, nous avons commencé par parler de son premier projet : Joy Cuisine ! Projet qu’elle ne mène plus aujourd’hui mais durant lequel elle a beaucoup appris : “Ma première aventure entrepreneuriale c’était Joy Cuisine, une startup qui faisait de la livraison de repas du midi en entreprise, basée à Saint Denis et Saint Ouen. C’était trop cool mais trop dur aussi. Moi je te le dis franchement, j’ai fait des études en lettres modernes et en espagnol donc rien à voir. J’étais pas du tout high tech. J’étais loin de tout ce qui était business en fait, très très éloignée.”

Elle soulève déjà un premier point qui reviendra beaucoup durant notre échange. Elle s’est lancée dans l’entrepreneuriat en y connaissant à peu près rien. Mais du coup, elle ne s’est pas vraiment posé de questions, elle a juste fait les choses. C’est unevraie reine de la débrouillardise, elle a ça dans sa personnalité. Et pour le coup, là il n’y a pas besoin d’école pour être comme ça ! Elle n’a pas cherché à lever des fonds pour construire une équipe. Non, elle voulait le faire alors elle s’est simplement lancée depuis son studio !

J’ai trimé en toute sincérité. Les gens pensaient qu’il y avait vraiment une équipe derrière, un chef de production, un laboratoire de cuisine”. En fait, j’étais toute seule, je cuisinais dans mon 20 mètres carrés à Saint Denis. Je me levais archi tôt, j’étais tout le temps dans le rush”.

Faut savoir que je me suis lancée là dedans sans réfléchir, sans mesurer les coûts, sans savoir comment c’était, à quoi ça ressemblait dans les détails. C’est juste que j’avais envie d’entreprendre. Ça matche bien avec mon caractère. La preuve je continue ! Cet esprit de toujours construire un truc, d’aller au bout, d’avoir la niac, de rien lacher, de casser des portes comme je dis toujours, j'aime ça.”

Elle voit vraiment sa première aventure entrepreneuriale comme une sorte d’école de l’entrepreneuriat : “J’ai kiffé, j’ai appris du jargon du milieu de l’entrepreneuriat tu vois. Genre le business plan, je ne savais pas du tout ce que c’était tu vois. “

“C’était une super belle première expérience qui m’a donnée encore plus l’envie de continuer. Le truc c’est qu’à un moment je me suis dit “je n’ai pas envie de faire un burn out”. Je suis partout c’est pas possible.”

Petit à petit, Sarah comprend que ça ne va pas le faire pour Joy Cuisine. Qu’elle ne peut pas rester seule, qu’elle n’a peut-être pas assez anticipé les choses. Elle commence à paniquer, elle est de plus en plus fatiguée...

“C’était une super belle première expérience qui m’a donnée encore plus l’envie de continuer. Le truc c’est qu’à un moment je me suis dit “je n’ai pas envie de faire un burn out. Je suis partout c’est pas possible. Faut recruter ! Et puis j’étais épuisée, et puis je n’en pouvais plus tu vois. C’était peut-être pas la bonne approche, c’est quelque chose qu’il fallait préparer en fait.”

Il y a eu le déclic, le jour où Sarah a compris : ‘Un jour, il y a une personne qui m’a demandée : est-ce que c’est possible que vous fassiez le traiteur pour un évènement de 60 personnes ?'. Et là, je me suis dit “aïe, bah nan je peux pas en fait. Dans mes 20 mètres carrés, je vais les mettre où ?”.

“Le lendemain, j’ai refusé toutes les commandes ! J’ai dit “désolée on a eu trop de commandes”. J’ai fait ça un jour, deux jours et je me suis dit “c’est bon j’arrête”. Trop de problématiques, trop de logistique. Faut renouveler les recettes. Je suis seule, ce n’est pas possible. Livrer deux villes tous les midis entre 12h et 14h30 quand tu es une seule personne, ce n’est pas possible”.

"Donc là tu peux prendre une pause de quelques semaines et tu recrutes. Mais est-ce que tu as assez d’argent pour recruter ? Toutes ces questions que tu te poses et t’es un peu perdu parce que tu viens de débuter dans le milieu. T’y connais rien, il n’y a pas vraiment quelqu’un pour t’aiguiller, pour t’orienter ou te donner des bons conseils. Je suis le genre de personne qui veut tout faire toute seule aussi de nature, je l’admets !"

Là Sarah réalise pour la première fois quelque chose qui donnera plus tard naissance à une autre aventure entrepreneuriale : pour entreprendre, il faut s’entourer. Il faut avoir un réseau, des retours d’expériences, il faut trouver les bonnes personnes qui pourront nous donner les bons conseils !

“Je veux toujours faire de la food mais ce sera autre chose. Je n’avais pas encore décidé quoi”.

Puis petit à petit, l’idée de son deuxième projet “Les Petits Pöts” commence à grandir :

“Quand j’étais petite, ma mère n’aimait pas les petits pots présents en grande distribution. Elle ne comprenait pas les noms bizarres dessus. Elle voyait des trucs du style “amidon de maïs reconstitué”, “Acide ascorbique”. Elle me disait “écoute une tomate c’est une tomate, du maïs, c’est du maïs”. Souvent, du coup le plat qu’elle cuisinait pour les adultes, elle le cuisinait en purée pour les enfants”. Avec mon dernier petit frère qui a 5 ans maintenant, je me suis vraiment souvenue de tout ça.”

“Moi maintenant, je suis en couple. Imaginons que dans 3 ans, j’ai un enfant. Je suis super active, je finis tard. Il ne faut pas rêver, dans l’entrepreneuriat je ne finirai pas à 18h. Quand j’aurai une vie de famille, j’essaierai de ralentir la cadence mais ce sera toujours un peu le cas quand même. Pourtant, j’ai envie de bien nourrir mes enfants. Puis même d’ailleurs, même si les parents finissent tôt ou sont au foyer, parfois ils ont juste la flemme.”

“Sur les réseaux sociaux, je voyais plein de mamans critiquer d’autres mamans qui achetaient des petits pots. Je peux comprendre la critique mais je trouve ça malgré tout injuste. Donc je me suis dit que j’allais faire des petits pots sains, équilibrés avec des menus variés. Fini le pomme-de-terre-carotte-boeuf qu’on voit partout. Notre priorité c’est vraiment l’éveil des papilles des enfants !”

“Il y a un jargon propre à l’entrepreneuriat que tu ne comprends pas toujours. J’étais toujours là, “ok c’est quoi ça” ? J’allais aux toilettes, je regardais sur Google ce que ça voulait dire." 

Et depuis septembre 2018, Sarah a lancé un nouveau projet entrepreneurial en parallèle des Petits Pöts : Startup Conf. Après plusieurs années à entreprendre dans un univers qu’elle ne connaissait pas avec comme elle le dit elle même ‘un jargon qu’elle ne connaissait pas non plus’, elle a eu envie d’aider les autres entrepreneurs.

“Le nom Startup Conf je ne sais pas d’où je l’ai sorti, c’est très spontané comme toujours. Le but c’était vraiment de créer des évènements autour de l’entrepreneuriat. Les gens me posait plein de questions [Sur instagram] : comment tu t’organises ? Pourquoi tu rentres tard ? À quoi ressemblent tes journées ?”

“Puis il y a un jargon propre à l’entrepreneuriat que tu ne comprends pas toujours. À l’époque quand on me disait “ouais le CMO (directeur marketing) et le CTO (directeur technique) de machin. Moi j’étais toujours là, ok c’est quoi ça ? J’allais aux toilettes, je regardais sur Google ce que ça voulait dire”.

Startup conf, c’est vraiment un projet qui veut aider les gens à entreprendre, à avoir les armes pour affronter l’entrepreneuriat.On fait souvent des prix à -50% pour les évènements pour que les étudiants puissent venir ou les jeunes entrepreneurs car ils ont souvent de petits budgets. C’est une ambition avant d’être un business !

“Moi par exemple je suis super timide ! Combien de fois je me suis inscrite à des évènements d’entrepreneuriat et je n’y suis jamais allée.” 

Donc Sarah a fondé “Startup Conf”, un projet pour démocratiser l’entrepreneuriat au travers d’événements : les pitch datings, les inspiconfs, les ateliers, etc. Mais Sarah, avait aussi une autre idée derrière la tête avec les Startup Confs. Elle est timide et pourtant elle entreprend. Alors, au travers de ces évènements, elle veutaider chaque entrepreneur à s’entourer car c’est essentiel.

“Moi par exemple je suis super timide : j’ai vite les oreilles qui deviennent rouges, je transpire, je parle vite. Combien de fois je me suis inscrite à des évènements d’entrepreneuriat et je n’y suis jamais allée. J’étais très en mode “je reste avec mes copines à Saint Denis. C’est con à dire car c’est à côté mais il y a un vrai clivage entre Paris et Saint-Denis”.

“Et puis, dans les évènements je ne vais jamais vers les gens. J’ai toujours l’impression que tout le monde se connaît.. Du coup, le but de Startup Conf, c’est de lutter contre l’effet “j’arrive à un évènement, je reste collée au buffet toute la soirée, je parle à personne."

“Mon but c’est que sur chaque évènement, il y ait toujours un encadrement. Tu vois avec le pitch dating, c’est un speed dating d’entrepreneurs. Ça te permet de parler à d’autres entrepreneurs facilement. Et après quand tu bois un verre, tu connais déjà les gens tu peux leur parler”.

Du coup, j’ai eu envie de creuser un peu ça. Parce que là comme ça, tu te dis qu’être entrepreneure et être timide, c’est pas ultra évident. Via l’entrepreneuriat, Sarah a aussi grandi sur ça :

“Grâce aux Petits Pöts, je suis rentrée à Station F, le plus gros campus de startups du monde, via le “fighters program” (littéralement : le programme des battants). Programme pour les gens qui ont commencé à monter leur startup sans avoir les mêmes chances que les autres. Je pense que ce qu’ils veulent vraiment savoir c'est si t’as la niac. Je pouvais jouer sur le fait que je viens du 93 mais j’ai surtout parlé de Joy Cuisine, du fait que j’étais seule et que je faisais tout toute seule.

“Pour Station F, Mon mec [entrepreneur également] me disait "tu dois parler à 5 personnes par jour." J’étais là mais attends laisse-moi. C’est pas si facile que ça. Ça a mis un peu de temps, au moins 3 mois. Je suis rentrée via le fighters, je n’y croyais pas du tout. Toujours ce problème de confiance en soi. Je suis arrivée ici toute gênée. Mais je me suis mis un bon coup de pied au … je me suis dit Sarah tu dois parler à tout le monde. Tu dois rencontrer le plus de gens, t’as un an pour ça !"

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💪 Le challenge de la semaine proposé par Sarah Zerouali : 
“Sortir de chez toi” 💪 

Je te promets que je ne lui ai rien soufflé ! Mais Sarah a la même conviction que moi, il est indispensable de sortir de son plaid et son pilou pilou quand on entreprend. Déjà parce que ça donne la pêche et surtout car comme elle le dit si bien “quand on est solo-entrepreneur, il est indispensable de s’entourer sinon on n’y arrive pas !

“Les gens ne réalisent pas l’importance du networking, les conséquences positives. Si tu vas à un évènement, tu peux rencontrer un co-fondateur, un partenaire, un copain de coworking !” Ça te fait autant de cerveaux disponibles pour t’aider sur ton projet et là tu luttes contre la solitude de l’entrepreneur !”

Donc ton challenge est de ; prendre un café avec un autre entrepreneur (si je ne case pas les cafés entrepreneurs à toutes les sauces, qui pourrait le faire ?), participer à un évènementparler à quelqu’un qui est dans ton espace de coworking et lui proposer de déjeuner pour créer du lien…

Allez avant de te laisser, je te glisse tous les liens qui vont bien :
- Tu peux découvrir la startup de Sarah en allant sur le site Des Petits Pöts
- Tu peux suivre toutes les actus de Startup Conf sur le compte Instagram dédié (le site arrive vite)
- Tu peux partager son quotidien d'entrepreneure / sportive / madame blaguounettes en t'abonnant au compte Instagram de Sarah sur lequel elle est méga archi active (d'ailleurs tu peux lui envoyer des mots d'amour si tu as aimé découvrir son parcours aussi !).

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T’as envie de prendre confiance en ton génie entrepreneurial ? Cooool, alors, inscris-toi à la newsletter de La Vraie Dose pour recevoir chaque lundi ton shoot d’énergie et d’assurance entrepreneuriale :

Sarah François