[LVD #26] "Être fait pour entreprendre" : ça veut dire quoi ?

Tu les connais ces gens qui ont l’entrepreneuriat dans le sangdepuis toujours ? Tu sais, à 7 ans et demi ils montaient leur premier stand de limonade dans leur quartier. Et à 9 ans, ils diversifiait l’offre avec des crêpes et des bonbons. En gros, ils étaient déjà chauds patate, à l’aube de l’adolescence pour faire la une des journaux “faits pour entreprendre”.

La Vraie Dose 26 : “être fait pour entreprendre” : ça veut dire quoi ?

La Vraie Dose 26 : “être fait pour entreprendre” : ça veut dire quoi ?

“Tu les connais ces gens qui ont l’entrepreneuriat dans le sang ? Tu sais, à 7 ans et demi ils montaient leur premier stand de limonade, à 9 ans, ils diversifiait l’offre avec des crêpes” 

Mais, en fait, qu’est ce que ça veut dire “être fait pour entreprendre” ? Tu vois, depuis que je me suis lancée dans l’entrepreneuriat (cette folie exotique), on a vachement envie de me parler d’entrepreneuriat (surpriiiise) quand je déboule quelque part. Je ne sais pas si c’est de la politesse ou de la curiosité, mais à force je commence à avoir un joli petit échantillon de la perception de l’entrepreneuriat par le monde hors de l’entrepreneuriat justement (oui ce monde existe). Je déclare le grand retour des études scientifiques de La Vraie Dose avec panel non représentatif et analyse subjective garantis !

Souvent, la discussion commence par une fougue intense pleine d’idées et de petites phrases du style “moi j’ai grave un concept en tête faut que je t’en parle”… et puis petit à petit elle débarque : l’autocensure. “C’est pas pour moi”, “C’est pas le bon moment”, “même juste pour tester le concept… pfff je le sens pas”. En gros, là, selon leur positionnement exact dans l’univers, ils ne sont pas prêts pour se lancer sur la voie de l’entrepreneuriat, ils ne sont pas faits pour entreprendre.

“Je prends conscience seulement maintenant que j’ai été bercée pendant des années par un espèce de mythe de l’être entrepreneurial, ce grand, ce génie.” 

Ce que je réalise lors de chacune de ces discussions, c’est à quel point il y a un mythe autour de l’entrepreneur. Et laisse tomber, l’effet miroir que ça a par rapport à ma propre histoire. Je prends conscience seulement maintenant (entrepreneure mais lente à la détente hein) que j’ai été bercée pendant des années par un espèce de mythe de l’être entrepreneurial, ce grand, ce génie.Spoiler alert : je n’avais bien entendu pas du tout les mêmes fonctionnalités que lui (même si je ne suis pas peu fière de mon premier business en 5ème : un bracelet de perles fait par mes soins contre un malabar - Rentabilité zéro mais belle expérience).

Observons un petit peu cet individu entrepreneurial. D’abord il sait vendre. Autant un projet que lui même. Parce que de fait, il a une confiance en lui époustouflante. Mais attention, pas dans le “too much”, il est subtile, il a simplement ce truc qui fait que depuis la préadolescence il a des capacités oratoires sans égales. D’ailleurs, lui il a toujours su là intérieurement qu’il était fait pour entreprendre. Il le savait tu comprends.

Et puis bien sûr, c’est un moulin à idées et qui retombe toujours sur ses pattes. Il est sur 5 projets en même temps (rappelons qu’il ne dort pas la nuit pour des raisons évidentes de capacités énergétiques et de gestion de la fatigue hors du commun) jusqu’à ce que l’un d’entre eux cartonne. Oui, parce qu’ayant la fibre entrepreneuriale de nature, il sait qu’il faut répartir les risques, ne surtout pas mettre d’affect et ainsi disposer un peu d’oeufs dans chaque panier disponible.

“C’est à force de rencontrer des entrepreneurs que j’ai réalisé à quel point l’entrepreneuriat n’a jamais été une évidence absolue ou presque, pour qui que ce soit.” 

Mais qui est cet individu ? Allez je vais oser un parti pris (bon tu commences à me connaitre) : je crois qu’il n’existe genre vraiment pas du tout. Tel un mythe, il anime les passions autour de l’entrepreneuriat mais honnêtement je pense qu’il n’est pas. Pour moi, c’est avant tout le travail de beaucoup de storytelling saupoudré ici et là dans les médias (classiques ou mêmes réseaux sociaux). Attention pour moi le mot “storytelling” n’est pas du tout un gros mot et veut dire ce qu’il veut dire : raconter une histoire - mais pas forcément exhaustivement, c’est bien le gros sujet.

Sincèrement, c’est à force de rencontrer des entrepreneurs de tous âges, de tous secteurs, de toutes ambitions et de toutes personnalités que j’ai réalisé à quel point l’entrepreneuriat n’a jamais été une évidence absolue ou presque, pour qui que ce soit. Une possibilité, un rêve certes mais certainement pas une évidence. En tout cas, inversons un peu les choses, qu’une grande partie des entrepreneurs n’était juste pas faite pour ça tel que le portrait robot mythique de l’entrepreneur le décrivait. Et finalement, il y a pas mal d’entrepreneurs pour lesquels l’entrepreneuriat leur est tombé dessus par chance ou après un long cheminement.

“Ces cases du formulaire “portrait robot de l’entrepreneur idéal”, même avec tous les crayons du monde, je ne les coche juste pas.” 

Et moi la première en fait. Moi, tu vois, ma confiance en moi, j’en pose à peine les graines là maintenant, une fois devenue entrepreneure justement. J’ai pas non plus un talent fou pour le pitch (tu m’aurais vu pitcher mon premier projet, ça valait franchement le détour). Je mets toujours de l’affect dans ce que je fais (le sel de ma personnalité sans doute). Je résiste honnêtement pas bien au stress. Je suis pas une hystérique de la prise de risque. Clairement, ces cases là du formulaire “portrait robot de l’entrepreneur idéal”, même avec tous les crayons du monde, je ne les coche juste pas.

Pourtant, comme tu le sais, j’entreprends. Et le plus drôle dans tous ça, c’est que j’ai fait de mes petites galères et mes défauts, nan pardon mes traits de personnalité, la pierre angulaire de mon aventure entrepreneuriale. Wah je l’avais pas vue venir celle-la ! Et pourtant, ce n’est en fait pas si surprenant…

Plus j’explore le doux monde de l’entrepreneuriat, plus je réalise que les projets entrepreneuriaux sont quand même très souvent dans une parfaite continuité des personnes qui les portent. Par exemple, si tu réfléchis à ton entreprise (ou à ton idée d’entreprise), tu vas très probablement réaliser (si ce n’est pas déjà clairement le cas) que tu ne t’es pas lancé dans ce projet par hasard.

“Personne n’est fait pour entreprendre tous les projets du monde. Chacun est potentiellement fait pour entreprendre un ou quelques projets en particulier" 

Et c’est là où vraiment je me dis que toute l’histoire autour des gens qui sont faits pour entreprendre et ceux qui ne le sont pas (ouais de façon bien binaire là comme ça), c’est juste une bonne blaguounette. Personne n’est fait pour entreprendre tous les projets du monde. Chacun est potentiellement fait pour entreprendre un ou quelques projets en particulier (je dis potentiellement car tout le monde n’a pas envie d’entreprendre et c’est très bien comme ça). Même les entrepreneurs en série ne s’attaquent pas aux projets qu’ils adressent par pur mystère, ce sont des choix mesurés et souvent un peu instinctifs aussi.

Tu vois, et tu me diras ce que tu en penses, mais le mythe lointain de l’entrepreneur avec “juste le goût d’entreprendre” me semble irréel, cela va forcément plus loin. L’entrepreneuriat, c’est tellement de travail, d’énergie, de motivation, de conviction… que ça me parait fou de considérer chaque entreprise, chaque aventure entrepreneuriale comme un torchon interchangeable que l’entrepreneur pourrait manipuler sans plus d’intérêt que ça…

D’autant plus que chaque entreprise va opérer une stratégie différente, sur un marché différent et des régulations différentes, avec des clients différents. Pour moi, on est avant tout fait pour un projet, le notre (je ne referai pas cette semaine la blague sur nooootre projet - ah bah si c’est fait du coup !).

“Je réalise à quel point je suis contente d’avoir encore plein de progrès à faire sur moi pour mener à bien mon aventure entrepreneuriale" 

Tu veux que je te dise ? Il m’a fallu beaucoup de temps pour en arriver à ce cheminement (comprendre beaucoup de séances de “ah mais je suis pas paramétrée pour entreprendre c’est foutu j’annule toutes mes ambitions bisous”) mais je réalise à quel point je suis contente d’avoir encore plein de progrès à faire sur moi pour mener à bien mon aventure entrepreneuriale. Comme je te le dis souvent : l’entrepreneuriat est vraiment l’école de la confiance en soi. C’est que quand on n’a plus le choix que de sortir de sa coquille pour déplacer deux trois montagnes et rendre son rêve d’entreprise réalité : on finit par le faire (à son rythme entendons-nous bien, à son rythme, tranquille, on respire !).

D’ailleurs grâce à l’entrepreneuriat, je commence à assimiler une belle leçon de vie (qui étonnement vient bousculer tout le mythe du “être fait pour entreprendre”), toutes les phrases du type “je suis une personne qui” / “je ne suis pas une personne qui”, c’est du carton moisi ! Franchement, on évolue, rien n’est immuable et on grandit en tant que personne (encore plus avec l’entrepreneuriat d’ailleurs). Ça parait improbable de penser que l’on est tous programmés comme ça dès le départ, tels des ordinateurs (d’ailleurs sur un ordi on peut installer / supprimer des programmes donc même lui tu vois… il peut évoluer).

“Là quand je faisais mes crises de panique, j’avais juste oublié de percuter que j’étais finalement faite pour entreprendre, mon projet !” 

Et tu sais ce qui est cool dans toute cette affaire (La Vraie Dose de coolitude entrepreneuriale) ? Aller chercher tous les traits de caractère qui font qu’on est carrément fait pour entreprendre… nos projets. Oui, oui, là quand je faisais mes crises de panique, j’avais juste oublié de percuter que j’étais finalement faite pour entreprendre, mon projet, depuis le début dans mes paramètres d’usine !

Nan parce que, je ne sais pas pour toi, mais ayant un niveau d’exigence plutôt élevé vis-à-vis de moi même, j’avais juste oublié pendant toutes ces années de “j’y vais / j’y vais pas”, toutes les raisons pour lesquelles l’entrepreneuriat pouvait carrément être pour moi ! Je parle pas seulement de mes traits de personnalité mais aussi de mes expériences de vie, de mes apprentissages, de mes ambitions… tu vois, tous ces trucs utiles que j’avais déjà sous le coude pour entreprendre.

Ce qui est très drôle d’ailleurs, c’est que tu vas peut-être avoir en tête un tas de super bonnes raisons justifiant le fait que t’es parfait pour entreprendre ton projet… alors que pour un tout autre projet entrepreneurial, ton vécu / ta personnalité / tes évolutions ne feraient pas autant sens… la boucle est bouclée ! On est tellement faits pour entreprendre… nos vrais projets dans lesquels on croit à 2000% (bon pas tout le temps mais presque hein !).

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💪 Ton challenge de la semaine : la liste de toutes les raisons pour lesquelles tu es fait-e pour entreprendre ton projet  ! 💪

Allez, je te propose de dire tchao tchao à tous les mythes de l'entrepreneur qui nous rendent un peu timides. Au contraire, assumons nos personnalités, nos vécus, nos apprentissages et regardons à quel point ils ont nourri notre façon d'entreprendre rien qu'à nous (loin des storytellings à la une des magazines économiques) !

Alors, je te propose de lister (et d'y aller vraiment généreusement tu vois) toutes les raisons pour lesquelles tu es fait-e pour entreprendre ton projet entrepreneurial. Tu sais, pourquoi lui... pourquoi toi...

L'objectif ? Quand tu auras une petite crise de panique genre "je ne suis pas fait pour entreprendre" (ou que sait-on jamais quelqu'un te glisse cette petite crise au coin de l'oreille), tu auras toujours cette liste sous le coude pour te rappeler à quel point tu es fait pour entreprendre ton projet !

 

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Sarah François