[LVD #13] Je dis stop aux conseils relous !

Aujourd’hui, j’ai décidé de te parler, en mode bienveillance et bonne ambiance, de ces fameuses phrases commençant par au choix : “tu devrais…”, “t’as pensé à…”, “je me suis dit un truc pour ta boîte…” et leurs copainggs les plus proches ! Tu reconnaitras peut-être les délicieux conseils relous qu’à peu près la terre entière vient glisser au coin de ton innocente oreille ! Bien que remplis d’amour et de tendresse, ils n’auront pas oublié d’être insistants, répétitifs et il faut bien l’avouer parfois un peu à côté de la plaque.

Face à ces moments dont l’entrepreneuriat, et pas que, a le secret, il y a, je dirais deux écoles : ceux qui te diront “nan mais laisse, tu leurs dis oui oui oui et tu ne fais pas attention” et ceux qui te diront “nan y’a un moment donné où faut dire un bon gros stop”. Ce matin, je vais oser un parti pris et te proposer de rejoindre la seconde école (ultra bon délire, ne t’en fais pas) et d’apprendre ensemble à mettre fin à ces conseils ayant pour cousine l’expression “l’enfer est pavé de bonnes intentions”.

[TEMPS DE LECTURE ESTIMÉ : 8 MINUTES]

 La Vraie Dose #13 : je dis stop aux conseils relous !

La Vraie Dose #13 : je dis stop aux conseils relous !

Le premier réflexe à avoir lorsqu’on entreprend, c’est d’aller tester son idée !” 

Je ne sais pas depuis combien de temps tu vis ce road trip de l’entrepreneuriat avec moi mais on n’a pas manqué de se parler d’un truc : le premier réflexe à avoir lorsqu’on entreprend, c’est d’aller tester son idée !

Dans les épisodes précédents (oui tu pensais lire La Vraie Dose mais tu es en réalité dans un épisode de ta dernière série netflix), on a vu dans la 11ème newsletter que lorsque l’angoisse du “je ne sais pas par où commencer” pointe le bout de son museau, il est préférable de commencer par aller chercher des retours avant de dépenser des milles et des cents dans un projet qui est encore à ses balbutiements.

Dés la troisième newsletter, on s’était d’ailleurs motivés à partir en quête de retours de qualité pour nos projets, c’est à dire à aller demander leur opinion à l’aide de questions précises à nos clients cibles (même si le ciblage peut-être approximatif au début bien entendu). Donc voilà, j’en remets une couche ici : obtenir des avis constructifs vis-à-vis de nos projets est vraiment indispensable, sans ça on entreprend sans avoir de client. Mais bien entendu, tout est dans l’expression “avis constructifs”
 

“Jouons ensemble au jeu des 7 différences entre l’avis constructif de ton ami “le client cible” et l’avis déconstructif de Jean-Michel conseils relous” 

Je te propose de jouer ensemble au jeu des 7 différences (bon y’en aura peut-être pas 7 quand même) entre l’avis constructif de ton ami “le client cible” et l’avis déconstructif de Jean-Michel conseils relous. Je tiens à signaler que je ne connais personnellement aucune personne s'appelant Jean-Michel mais que je les adore tous et que je suis sûre qu’ils sont bien moins relous que pleins de personnes répondant au prénom de Sarah (c’est important). On notera aussi que Jean-Michel s'appelle tout autant Jeanne-Micheline. 

Première différence : celui qui te donne un conseil un peu relou / insistant / paternaliste aura globalement plutôt tendance à ne pas du tout être concerné par ton offre voire même à ne pas en comprendre la valeur ajoutée. Tu le reconnaîtras à l’aide des phrases suivantes “nan mais ça va pas marcher ton truc”, “nan mais tu veux pas construire une vraie entreprise” ou “oula j’y crois pas du tout à ton machin là” (à-ton-machin-là, le nouveau nom de ta marque, merci Jean-Michel)

Deuxième différence : celui qui te donne ce conseil un peu insistant a un lien affectif avec toi. Il veut donc t’aider, il veut être gentil, il est plutôt de bonne foi. Il se dit “nan mais il / elle (en parlant de toi), à la tête dans le guidon, je vais l'aiguiller car il n’y a sûrement pas pensé, à ce que je vais lui dire”. Globalement le délicieux conseil qu’il s’apprête à te donner va très probablement sponsorisé par l’association nationale des portes ouvertes qui ont été enfoncées mais c'est pas méchant dans le fond.

Troisième différence : notre ami Jean-Michel a une version "Jean-Michel entrepreneur" qui sommeille en lui. De ce fait là, il se peut qu’il s’implique un peu/ bien trop à ton goût dans ton aventure entrepreneuriale car c’est bête à dire mais ça le fait kiffer. Tu sais, dans la 7ème newsletter de La Vraie Dose qui portait sur la fameuse question “alors ça en est où ton projet ?”, on en avait parlé de ces Jean-Michel en manque d’exotisme comptant sur toi pour les faire voyager sur les îles paradisiaques de l’entrepreneuriat. Ah, là tu le reconnais ça y est ?

Quatrième différence : Jean-Michel conseils relous peut parfois, je dis bien parfois, avoir légèrement, mais vraiment un poilou tendance à penser que tu n’es pas forcément capable d’entreprendre et qu’il faut un petit peu te tenir par la main parce que tu comprends, tu débutes. Ce qui est rigolo c’est que notre ami Jean-Michel 4ème différence est pas forcément plus entrepreneur que toi ou alors dans un domaine éloigné à l'infini. Mais, sans doute parce que ta situation personnelle le ramène à ses propres angoisses vis-à-vis de l’entrepreneuriat, il est un peu persuadé que tu as besoin d’un téléguidage 24h/24 7j/7

Cinquième différence : Jean-Michel conseils relous ne sait pas trop de quoi il parle mais il a quand même envie de dire quelque chose parce que tu comprends, c’est Jean-Michel. Celui là c’est quand même le plus casse-bonbon et globalement le moins bienveillant, on ne va pas se le cacher non plus. Mais du coup, c’est peut-être à ses conseils à lui qu’il faut savoir dire stop en premier parce qu’on touche quand même les étoiles de l’inutilité.

Bon donc y’en avait que 5, des différences, mais on s’en fiche car on est entrepreneurs, on fait bouger les lignes voilà. Au moins, là, tu as une petite vision globale de tous les génies-créateurs des conseils relous. Entre nous, si tu as l’impression que tu aurais pu écrire cette description, ça ne me surprend pas trop trop !!
 

“Les personnes qui t’offrent ces conseils relous ne se rendent pas forcément compte d’être casse-pieds […] Le problème est que, si tu leur dis merci, elles entendent “j’en veux encore” “ 

Maintenant que le décor est plus que planté, on passe donc à l’action et on se dépatouille de ces conseils relous qui contrairement à de délicieux avis constructifs de tes clients cibles, ne vont pas forcément faire grandir ton entreprise. Ils auront en revanche la douce caractéristique de te pomper une énergie que tu aurais adorée mettre ailleurs.

C’est d’ailleurs pour ça que je ne fais pas partie de la première école dont je te parlais dans l’intro : ceux qui pensent qu’il faut juste ignorer les conseils relous et répondre par un sourire poli accompagné de son petit merci. Parce qu’il faut bien comprendre une chose : les personnes qui t’offrent ces conseils relous ne se rendent pas forcément compte d’être casse-pieds. Ou au moins se disent que leurs conseils te servent. Souvent elles agissent, à découvert, par bienveillance

Le problème est que si tu leur dis merci elles entendent “j’en veux encore”. Elles vont ainsi persévérer dans cette démarche de te donner des idées que tu as déjà eues et testées il y a 6 mois. Et pendant ce temps là, si tu as une petite tendance à la sensibilité comme moi (je t’en parlais dans la 9ème newsletter de La Vraie Dose), ça risque de te bouffer un peu. En plus, tu vas peut-être au passage t’agacer de personnes que tu apprécies et qui pourraient t’offrir un soutien bien plus utile si seulement tu les guidais.
 

“Jouer la carte de l’honnêteté en expliquant clairement à tous ces êtres pleins de bonnes intentions pourquoi leurs conseils ne sont pas indispensables là, tout de suite" 

Disons-le tout de suite : ce n’est pas simple de dire stop à ces fameux conseils sans passer pour quelqu’un qui n’est pas à l’écoute et donc en gros de pas super bon pour entreprendre (comprendre : j’ai bien foiré là dessus). Il va donc s’agir d’être ferme mais subtile. Enfin, je pense, tu trouveras bien entendu ta façon de faire les choses à toi et ce sera top puisque ça vient de toi, donc tu vois…

En fait, il faut jouer la carte de l’honnêteté en expliquant clairement à tous ces êtres pleins de bonnes intentions pourquoi leurs conseils ne sont pas indispensables là, tout de suite.

Retrouvons nos différents Jean-Michel pour mieux comprendre cela. À celui qui t’avouera avec plus ou moins (surtout moins) de douceur, qu’il ne comprend pas l’intérêt de ton projet, tu pourras simplement lui expliquer que c’est tout à fait normal car il ne fait pas partie de tes clients cibles.Le top du top si tu as déjà fait ton petit questionnaire auprès de tes clients cibles est de t’appuyer sur les chiffres qui sont ressortis de ton étude pour lui expliquer que des gens y croient (pas par politesse mais par intérêt) et que ce n’est juste pas lui quoi.

À celui qui te donne des conseils par affection pour toi (et parfois par inquiétude face à tout ce qui t’attend), tu pourras plus facilement lui expliquer qu’il faut ralentir un peu sur les conseils. Généralement, lui c’est le plus bienveillant, donc il comprendra facilement que son soutien est ailleurs !

Ça marche aussi très bien pour celui qui a envie d’exotisme et qui te donne des conseils relous seulement car il aimerait tellement être impliqué dans ton projet. L’idéal est donc de toujours lui expliquer que, là, comme ça, les conseils ne sont pas au max de leur utilité mais qu’en revanche, t’adorerais qu’il joue les petites mains pour t'aider (en transmettant ton questionnaire pour ton étude de marché, en te donnant un bon contact, en t’aidant pour les travaux de ton futur local ou en partant à la chasse des coquilles sur ton site internet).

À celui qui ne te croit pas capable, je ne vais pas te le cacher, ça va être bien plus compliqué de lui dire quelque chose car il va rester malgré tout campé sur ses convictions personnelles. Je pense que dans ce cas le mieux est encore de l’éloigner tant que possible de ton projet, de ne pas lui en parler, de lui dire “nan j’ai envie de parler d’autre chose là” et même d’ignorer ses conseils de façon peu dissimulée.

À celui qui veut juste donner un conseil pour donner un conseil, bon c’est pareil, ce n’est pas simple de lui faire comprendre qu’il est casse-bonbon. On est là sur un Jean-Michel qui a à coeur de toujours ramener sa fraise et tout ce que tu veux donc de toute façon il aura envie de parler. Dans ce cas, selon mon expérience, le plus simple est de détourner l’attention et de faire parler notre ami Jean-Mi de lui même. Un petit “et toi, si tu montais une boîte, ce serait quoi ?” est toujours de saison !
 

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Quoi qu’il en soit, mon conseil, qui vaut ce qu’il vaut, nous en sommes bien d’accord, c’est d’essayer de te débarrasser de ces - un peu trop fameux - conseils relous. Car s’il faut toujours toujours toujours challenger son projet avec les retours de tes futurs clients, il faut aussi savoir mettre des écouteurs quand le brouhaha d’avis dé-constructifs se fait trop bruyant! Toute la magie du truc repose donc sur ta capacité à expliquer, avec subtilité à Jean-Michel conseils relous que même si tu es très à l’écoute de ses conseils, tu serais très reposé s’il ralentissait un peu la cadence !

Cela fait partie de ces moments entrepreneuriaux qui au delà même de te faire progresser professionnellement vont représenter un vrai défi de développement personnel. Et c’est vraiment top car tu vas autant apprendre à affirmer ta posture d’entrepreneur (le mot “affirmer” est bien entendu à adapter à chaque personnalité, tu fais les choses comme tu sens, à ton rythme avec ta façon d’être) qu’à affirmer tes ambitions ! C’est qu’ils auraient du bon ces conseils relous ?!

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Sarah François