[LVD #12] Je porte un projet "bisounours"

Laisse-moi te raconter une histoire : celle d’une jeune femme de 25 ans qui regarde l’entrepreneuriat avec des yeux légèrement écarquillés et un peu candides. Elle voit l’entrepreneuriat comme une vraie opportunité pour démarrer sa carrière de la façon dont elle a envie. Mais elle le conçoit aussi comme une infinité de possibilités pour rendre la vie des gens au moins un peu plus cool. Bref, c’est miss cucu la praline 2018 !

Donc, si tu as envie de t’arrêter un instant pour clamer haut et fort que derrière ta démarche entrepreneuriale se cache (pas trop trop), de beaux idéaux, et bien suis-moi, on va y croire ensemble :).

 La Vraie Dose #12 : je porte un projet "bisounours"

La Vraie Dose #12 : je porte un projet "bisounours"

"Pourquoi ai-je coché la case “master en entrepreneuriat”, là où tout le monde a prudemment coché la case “master en je trouve un travail bien payé à la fin” ?

Il y a un milliard de raisons qui nous donnent envie de nous lever un matin et de dire “stop, j’arrête tout, je monte ma boîte”. L’idée qui change tout, l'argent, l’envie de liberté, une reconversion professionnelle ou encore un beau gros pétage de câble psychologique en bonne et due forme. Bref, en tout cas, une chose est sûre : ton envie d’entreprendre, pour de vrai, vient de toi,de ton instinct le plus profond.

Alors, je me suis mise, il n’y a pas très longtemps, à enquêter sur la raison pour laquelle j’avais toujours eu ce truc en moi. Pourquoi ai-je coché la case “master en entrepreneuriat”, là où tout le monde a prudemment coché la case “master en je trouve un travail bien payé à la fin” ? Pourquoi ai-je l’insolence de tourner le dos à toutes ces joyeuses histoires de CDI, au moins pendant quelques temps ? Pourquoi j’accepte une délicieuse dose de stress pour un salaire de zéro euro ?

Je ne sais pas si tu t’en rappelles ou si tu faisais déjà la route avec moi mais dans la toute première lettre de La Vraie Dose, on en avait parlé de ce fameux pourquoi : pourquoi j’entreprends ? Pourquoi ce projet ? Pourquoi moi j’entreprends ce projet là ? Et bien, c’est sans doute précieux dans ton cheminement entrepreneurial d’entrer par cette porte là.
 

"C’est bête comme bonjour mais je crois sincèrement que j’entreprends pour kiffer et faire kiffer."

Alors, tu vois, loin des poncifs et banalités que tu réchauffes gentiment 3 minutes au micro-ondes avant chaque entretien ou chaque rendez-vous, j’ai voulu me la poser à moi-même cette fichue question : pourquoi entreprenez-vous Sarah ?

La réponse est… attention… faites rouler les tambours et tambourins … pour le kiff. C’est bête comme bonjour mais je crois sincèrement que j’entreprends pour kiffer et faire kiffer. Pour offrir un projet qui séduit vraiment les gens, un truc un peu solaire qui donne la pêche. Et assez égoïstement car le fait d’entreprendre pour faire kiffer les autres me fait kiffer moi-même.Ouais, c’est plutôt bon esprit.

Alors, partir de ce point de départ, c’est déjà démarrer une belle histoire. Maintenant, le jeu commence et il va être de bon ton d’assumer que ton projet entrepreneurial passe par cette histoire de rendre la vie des gens un peu plus sympa, au moins 10 minutes par semaine.
 

"Ceux qui te diront “ah oui d’accord c’est sympa ça” (comprendre : nan mais tu t’imagines pas monter une boîte là dessus quand même, sérieux ?)." 

Face à cette délicieuse ambition, tu auras en gros 2 types de personnes (ce chiffre relève bien entendu d’une étude scientifique hautement sérieuse menée sur les gens qui m’entourent) : ceux qui y croiront car globalement ils seront utilisateurs de ton futur business et ceux qui te diront “ah oui d’accord c’est sympa ça” (comprendre : nan mais tu t’imagines pas monter une boîte là dessus quand même, sérieux ?).

Tout d’abord, tu es un être merveilleux doté d’une bienveillance infinie et de très belles énergies, si si si je t’assure. Tu ne vas donc pas pouvoir te permettre d’assommer sans vergogne tous les êtres qui appartiennent au second groupe de notre étude que tu croiseras sur ton chemin. En revanche, tu ne vas pas fondre comme neige au soleil non plus en les rencontrant. Ton projet, tu le portes, tu y crois, sans doute plus que les autres et heureusement. Ça prouve bien que vous étiez tous les deux destinés à faire la route ensemble !

C’est en portant un projet un peu bisounourson que tu vas réaliser à quel point l’entrepreneuriat est véritablement l’école de la confiance en soi. Parce que si comme moi je le faisais pour mon premier projet, tu débarques à chaque diner en disant joyeusement que tu veux créer une plateforme collaborative pour que chacun puisse se bâtir le réseau professionnel le plus bienveillant et ambitieux pour sa carrière, et ce quelque soit son milieu socio-économique, tu vas en amener des réactions. Indice du petit génie : tu ne rencontreras pas que madame “soutien infaillible” autour de l’apéritif.

Et ça c’est bien casse pied, nous sommes d’accord. Car il est clair qu’un projet bisounours ne signifie en aucun cas “un gentil petit machin rigolo auquel je songe de temps en temps mais qui ne sert pas l’économie”.Que ton projet soit une entreprise, une association, une installation en tant qu’indépendant ou que sais-je, il est tout aussi porteur !
 

"C’est ça la magie de l’entrepreneuriat. C’est souvent avoir raison tout seul !" 

D’abord, il faut te mettre à l’aise avec le fait qu’en choisissant d’entreprendre, tu choisis par la même occasion de te mettre aux devants des critiques les plus froissantes (j’en reparlerai dans une prochaine lettre parce que ce sujet mérite une petite java pour lui tout seul). Que tu entreprennes un projet bisounours avec de jolies ambitions bien pensantes ou que tu portes le projet le plus viable économique sous 3 jours, tu entreprends. Donc on va te dire que ce que tu fais ce n’est pas bien, que tu comprends, avec tes études un CDI, c’est tout de même plus sympa, que tu as une famille maintenant, que tu devrais plutôt faire autrement, que ceci, que cela.

Aussi, car c’est ça la magie de l’entrepreneuriat. C’est souvent d’avoir raison tout seul. D’être le visionnaire là où personne ne percute encore le truc et où tout le monde (ou presque) te prend pour un illuminé. Souviens-toi, on en avait d’ailleurs parlé dans la 4ème lettre de La Vraie Dose “j’apprends à (di)gérer les retours”. Nous avions réalisé par la même occasion qu’il fallait parfois se faire confiance malgré le brouhaha ambiant et accepter d’aller à contre courant des avis qui nous entourent… Ce qui est certain, c’est que si tu as un projet un poilou idéaliste (en même temps quel projet ne l’est pas), tu seras clairement un vrai de vrai entrepreneur.

Tout cela étant posé, il est grand temps de se le dire. Non, tu n’arriveras pas à convaincre la terre entière en un jour. Non, tu n’arriveras pas à faire comprendre en un diner que ton projet est porteur, répond à un vrai besoin (parce que tu as lu la troisième newsletter et que tu es chaud patate sur tout ce qui est “tester” son idée et t’assurer qu’il répond aux attentes de ta cible) et est viable économiquement. Pour faire simple, vouloir faire comprendre à quelqu’un que ton projet relève plus d’un vrai travail que d’un pur délire, c’est un petit peu comme vouloir réunir 2 français ayant un débat politique autour d’un consensus… c’est impossible !
 

"Ton projet à haute consistance bisounours, tu le fais pour ceux que ça intéresse vraiment."

Malgré tout, qui dit La Vraie Dose, dit qu’on a de l’espoir et que l’on garde ces ambitions bien au chaud sans se démoraliser par tous les petits sourires polis qui ne sont en fait pas si polis que ça. Parce que ce qu’il faut réaliser, c’est que ton projet à haute consistance bisounours, tu le fais pour ceux que ça intéresse vraiment. Pas pour faire plaisir à la terre entière. Mais pour répondre aux besoins de tes clients (pour peu que tu sois l’un d’entre eux).

En terme de bisounoursitude, avec La Vraie Dose, on est pas mal.Clairement, je ne le fais pas pour les sourires en coin mais pour toi, pour tous les autres lecteurs et aussi un peu pour moi car je m’amuse bien en écrivant ces lignes. Et que je constate que ça peut envoyer de l’énergie à d’autres personnes qui entreprennent et qui partageant sûrement une partie de mes questionnements existentiels sur l’entrepreneuriat (merci pour vos adorables mails de réponse qui font chaud chaud chaud au coeur).
 

"Et c’est là où toute la magie de ton projet réside : bâtir un vrai cadre autour de ces douces ambitions plus que choupinettes."

Alors, il va s’agir derrière toutes ces belles ambitions de construire un projet d’une grande solidité pour passer du projet bisounours au projet bisounours qui fonctionne  et qui est méga crédible, oui monsieur, oui madame. Et c’est là où toute la magie de ton projet réside : bâtir un vrai cadre autour de ces douces ambitions plus que choupinettes.

Par là, je veux dire, avoir une vision à au moins quelques années de ce que tu veux pour ton projet (oui, je sais, il va se passer 78 péripéties d’ici là et il y a 100% de chances que rien ne se passe comme prévu mais avoir une vision c’est avant tout s’accrocher à une direction que l’on suit tant bien que mal). C’est également avoir, une compréhension chiffrée de son projet : combien il me coute chaque mois ? Comment gagner de l’argent ? Quel est le seuil de rentabilité et à quel moment vais-je l’atteindre ? (oui je sais il faut 6 ans pour répondre à tout cela mais allez on y croit, on s’en fout)

Franchement, si je suis honnête avec toi, parfois je n’aime pas penser à ça en regardant La Vraie Dose. Parce que, je ne sais pas pour toi, mais lorsque tu portes un projet bisounours de compet’, t’as quand même un peu la frousse de le dénaturer avec toutes ces complexités business que tu aurais sûrement préférées laisser faire un long dodo dans un bouquin de compta.

Alors, oui, c’est difficile, c’est stressant, mais je crois qu’il ne faut pas avoir peur de donner un vrai axe économique à ton projet, même s’il est de nature un peu mignon-tout doux. Car en fait, c’est la seule façon de lui donner vie.

Comme on est entre nous, on se dit tout. Cela fait vraiment partie des points sur lesquels j’ai cafouillé lors de mon premier projet entrepreneurial. J’étais trop loin dans les cieux vois-tu. J’étais dans mes ambitions, mes visions et j’ai un peu oublié de retourner sur terre, et d’atterrir au pays de la rentabilité financière et de l’exécution. Quand je me suis rendue compte de tout cela, le temps avait quand même bien avancé, on peut le dire et le projet ne devenait plus gérable dans ce contexte.

Pas de regret, car avec La Vraie Dose, qui est encore plus au max de la bisounoursitude, je pense que je me suis bien bien corrigée là dessus.Déjà, je suis allée beaucoup plus vite sur les actions de base (2 jours pour sortir mon site) mais surtout car dès le deuxième jour j’avais mon petit tableur excel prêt à lancer des fusées avec tous mes jolis chiffres de croissance dedans. Il me suit toujours aujourd’hui et c’est franchement grâce à lui que j’avance et plus vite, beaucoup plus vite (je te parlerai de ce chouette copainggg dans une lettre dédiée, ça vaut le coup de s’arrêter là dessus aussi).

Et tu veux que je te dise un truc ? Je suis certaine que tu as toi aussi suffisamment confiance en ton projet, dont le caractère bisounoursiste est clairement à assumer, pour le cagoler avec un vrai cadre business qui va lui permettre de prendre son envol vers les cieux de réussite les plus fous !

 

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Mais du coup, voilà ce que je voulais te dire aujourd’hui : tu portes un projet bisounours et c’est tant mieux. Ça ne veut en aucun cas dire que c’est une utopie et que tu n’arriveras pas à en faire quelque chose de viable ni que ce n’est pas parce que tu n’as pas commencé par rédiger un business plan que tu ne sais pas comment lancer ton projet. Ton instinct et ton envie sont des potes bien précieux pour entreprendre, surtout quand il faut se lever le matin face à des journées parfois assombries.

Donc la bisounoursitude de compet’ est une denrée rare qui va te permettre d’entreprendre pour les gens qui auront plaisir à bénéficier de ton projet (et donc pas pour Jean-Michel sourire en coin et son orchestre). L’important dans tout ça est d’avoir confiance en ton projet en lui offrant un vrai cadre business pour passer du rêve à la réalité.

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Sarah François