[LVD #11] Je ne sais pas par où commencer !

Tu le sais, La Vraie Dose, c'est ton mot doux du début de semaine qui te redonne la pêche entrepreneuriale que tu mérites. Alors, aujourd'hui, j'ai décidé de faire un petit retour dans le passé pour te parler de toutes mes premières angoissesd'entrepreneure, le fameux syndrome du "je ne sais pas par où commencer !".

 La Vraie Dose #11 - Je ne sais pas par où commencer

La Vraie Dose #11 - Je ne sais pas par où commencer

Kikou, je suis l'angoisse de la page blanche

Allez, Viens, avec moi, je t'emmène dans les premiers jours de mon précédent projet entrepreneurial KARMERZ. Nous sommes donc dans cette période soyeuse et délicieuse où tu as ton idée, mais vraiment juste ton petit bout d'idée. Au mieux, tu as un tas de machins griffonnés sur cette enveloppe de la caf, ce bout de magasine, ce ticket de transport... Donc disons-le, à cette heure là, ta boite est une feuille de brouillon.

La magie de l'entrepreneur est de transformer ces quelques mots clés illisibles en une vraie entreprise. Les premiers instants, tu es tout foufou devant le champ des possibles qui s'offre à toi : tu t'imagines construire ton produit, arriver à le vendre, trouver un local, rédiger des statuts, avoir une parution dans n'importe quelle gazette, gagner le concours Lépine (on a jamais trop d'ambition)...

Et puis 6 secondes de kiff plus tard, tu te réveilles. Tu réalises soudain que toutes ces possibilités / toutes ces opportunités cachent une infinité de choix à faire avec comme simple guide de vie... ton bon sens (légèrement amoché par tes petites émotions entrepreneuriales).

Donc, nous voici le premier matin. Le premier matin du reste de ta vie d'entrepreneur. Celui où tu vas devoir dire "je commence par ça". Savoir dans quel ordre tu vas faire les choses, à quelle échéance. Quelles sont les priorités ? Et surtout, quelles sont les méga priorités qui sentent fort fort l'urgence urgente ?

En gros, c'est plutôt bonne ambiance ce premier matin, hein. C'est celui de la page blanche. Tu n'as ni vision claire, ni outil, ni guide, ni beaucoup de bons conseils(leurs cousins les moins bons conseils sont un poil plus dans la place). Pour peu que tu sois la seule personne à croire que tu vas transformer ce bout d'idée en une vraie société et là tu es vraiment l'artiste solitaire devant sa feuille blanche.

Du coup, je commence par créer des statuts ? Nan, parce que ça m'a l'air d'être logiquement le premier truc à faire...

Face à cette grande fête de l'inconnu, mes premières idées étaient, de façon peu originale, de trouver un petit nom tout mignon pour mon projet et de lui mettre des jolis statuts sur le dos, histoire de lui tenir chaud pour l'hiver.

Nan, parce que c'est facile tu vois. Tu crées une société dans ta tête donc tu peux faire d'une pierre deux coups en la créant juridiquement. Au moins, cela rendra les choses tangibles, réelles. Tu seras dirigeant. Dirigeant d'un délire entrepreneurial griffonné sur un ticket de métro mais dirigeant quand même !

Mais là, commence la valse des galères. Car déjà, trouver un nom pour son projet n'est pas d'une évidence absolue (je t'écrirai une petite lettre à propos de ça parce qu'il y a vraiment beaucoup à dire). Surtout car, à l'exception du statut autoentrepreneur qui est plutôt un bon copain (et encore que), incorporer sa société coûte du temps et de nombreuses piécettes (spoiler alert : garde un maximum de piécettes dans ton baluchon car l'entrepreneuriat t'apportera bien plus de richesses intellectuelles que financières).

Et puis surtout, c'est engageant. À partir de l'instant même où ta société existe juridiquement, tu as un certain nombre de choses à faire qui peuvent nécessiter du temps et surtout des compétences juridico-comptables qui risquent encore de mettre à mal ton baluchon de piécettes. 

Alors, du coup, est-ce que j'ai envie de me lancer dans tout cela ? Là, je te préviens, je vais te proposer un vrai parti pris. Je pense que dans la majorité des aventures entrepreneuriales, créer sa société juridiquement est bien la dernière fiesta administrative à rejoindre. Parce que le seul truc que l'état ne te demandera jamais lors de la création juridique est : mais est-ce que mon projet est viable ? Est-ce qu'il y a un marché ? Est-ce que je vais gagner des sous ?

Ah mais c'est donc ça qu'on avait oublié de se demander devant notre page blanche : est-ce que mon idée est une bonne idée ? Et on se met à l'aise tout de suite, même si tonton michel a son opinion sur la question, tu ne sauras pas en 3 secondes si ton idée est bonne ou non. Il faut aller la tester !

Et en fait, c'est en rencontrant ou lisant des entrepreneurs ultra méga chevronnés que j'ai compris le truc : tant qu'il n'y a pas besoin de facturer, il ne faut pas créer de société. Car ton projet va peut-être se faire oublier dans 2 semaines ou changer du tout au tout. 

Et puis surtout, l'existence d'une entreprise, même si tu ne fais aucun chiffre d'affaire (nan mais je sais que toi t'es plus fortiche que ça mais je pose ça là au cas où), cela te coûte bien trop d'argent et tu deviens légalement responsable de pas mal de choses que tu ignores (quoi tu ne savais pas qu'il fallait payer la taxe B32 chaque 3 janvier des années bissextiles ?). 

Moi par exemple, mon premier projet ne verra pas le bout de son nez avant un bon bout de temps (ou jamais d'ailleurs)... Cela m'aurait déjà coûté un ou deux baluchons de piécettes, si je l'avais incorporé... Et l'énergie entrepreneuriale allant avec les balluchons de piécettes... Tu me suis ?

On reprend tout depuis le début : je commence par tester mon idée et c'est tout (c'est déjà pas mal ceci dit)

Je t'avais promis des retours dans le passé grâce à cette lettre. Alors, je te propose de revenir faire un petit bécot à la troisième newsletter de La Vraie Dose "Go, je pars en quête de retours de qualité pour mon projet". Bon je te laisse relire tout le petit paquet sur "pourquoi parler de son idée c'est cool" et "non vraiment on ne va pas te chourrer ton idée nan mais vraiment parce qu'en fait ton projet c'est à peu près tout sauf ton idée (c'est plutôt toi, ton exécution et les gens qui t'entourent)."

Et en fait, c'est vraiment vraiment vraiment (vraiment ?) pas un hasard s'il a s'agit d'un des premiers sujets dont je t'ai parlé. C'est parce que c'est le coeur du réacteur cette affaire du retour : ta seule mission au démarrage de ton projet est bel et bien de comprendre s'il est viable. Et c'est tout. On se casse pas les petits petons avec la paperasse, la compta, les recherches immobilières, etc. On vend notre griffonnage d'idée, qu'il s'agisse d'un petit prototype ou un petit pitch en une phrase !

Selon ton secteur d'activité et les clients que tu penses cibler (on verra plus tard si ton ciblage est bon ou pas), tu vas pouvoir tester ton idée de différentes façons. Dans cette fameuse 3ème Vraie Dose, je t'avais donné pas mal d'astuces pour créer un questionnaire en ligne et créer un prototype en vidéo fait maison pour les gens qui n'y connaissent rien mais qui veulent bien bidouiller (les entrepreneurs quoi). 

En fait, à partir du moment où tu pars en crise de folie au beau milieu de ton salon et que tu décides de te lancer avec ton idée sous le bras dans la merveilleuse java de l'entrepreneuriat, ta seule mission devient immédiatement de comprendre ton produit (bien ou service), tes clients et ton marché. 

Et après ? Nan parce que, j'ai comme qui dirait une to-do list composée de 87 lignes et 33 prios pour hier !

D'abord, j'aimerais que tu te souviennes que tu es génial (ce n'est pas une vanne, souviens-toi toujours de ça). Ensuite que tu es un petit génie c'est certain mais en aucun cas surhumain. Donc je te propose d'apprendre à te dessiner une feuille de route étape par étape. 

On en a déjà parlé, notamment dans la lettre sur mon hypersensibilité et son impact sur ma façon d'entreprendre, il n'y a absolument pas un seul chemin entrepreneurial, bien au contraire. Chaque projet aura ses étapes. Il n'y a pas de recettes mystérieuses et ton instinct te guidera (parfois il se trompera - c'est certain - mais ce n'est pas grave du tout car tu apprendras).

Pour autant, quelques soient tes choix et tes priorités, il y a un petit outil magiquepour savoir ce que tu dois faire et dans quel ordre... Te concentrer sur ce qui a de la valeur pour ton entreprise. Bon là, dis comme ça, on n'a plutôt l'impression d'être en plein café philo.

Alors, même si j'adore philosopher, tu sais que j'aime à la folie, et au delà, les conseils pratiquo-pratiques. Donc, c'est bien moins lointain qu'il n'y parait.

Ce qui apporte de la valeur à ton projet... c'est en gros tout ce qui te permet de : le vendre, comprendre tes clients et designer/améliorer ton offre. Là, j'ai l'impression que tu me suis un peu plus ! Donc ton objectif, après avoir testé ton idée sans investir trop de temps ou d'argent, va bel et bien être de toujours choisir le truc qui te permet le plus de trouver / fidéliser tes clients.

Au début de ton aventure entrepreneuriale, il est ainsi très probable que tu commences par créer des profils sociaux pour ta société avant même de l'avoir incorporer juridiquement. Que tu crées un premier proto à montrer à la terre entière avant de te chercher un local. Que tu apprennes à créer ton produit en faisant une formation avant de créer une charte graphique de l'espace !

Du coup, avec le temps, la réponse a toujours été celle-là : avancer sur ce qui apporte de la valeur à mon projet. Pour La Vraie Dose, cela se résume grandement à écrire mes lettres et faire de longues balades en marketing digital. Cela n'a pour l'heure pas d'intérêt de créer des statuts. Si demain, on me dit "bonjour Sarah, je suis un partenariat sympa" (salut toi) et qu'on propose de me rémunérer pour ça, je serai dans la minute même en train de créer un statut autoentrepreneur car cela aura une valeur de dinguot pour la croissance de mon entreprise !

Ton challenge de la semaine : créer ta to-do list spéciale "je ne me concentre uniquement sur ce qui apporte de la valeur"

Comme chaque semaine, je te propose un petit challenge ! Je ne te le répéterai jamais assez, je suis loin d'être prof ou consultante mais tout simplement apprentie entrepreneure avec des grandes ambitions d'apprentissage collaboratif. Alors vraiment tu peux autant te faire confiance à toi qu'à moi (voire plus), tout cela n'est qu'une proposition pour aller puiser de l'énergie entrepreneuriale là où moi j'ai pu en trouver !

Voici donc les étapes que je te suggère pour te créer ta to-do list spéciale 'je me concentre uniquement sur ce qui apporte de la valeur"

Etape 0 : J'arrête de me mettre la pression et j'avance, pas à pas, tranquillement
Oui, tu as un million d'idées. Des envies infinies, des ambitions de folie. Mais voilà, tu n'as qu'un cerveau, deux mains, un bureau et 24 heures dans une journée. Donc,je te propose de te focaliser sur les choses qui apportent de la valeur (donc de la croissance) à ton entreprise, pas à pas.

Étape 1 : Je choisis mon outil pour ma to-do list spéciale "je me concentre sur ce qui apporte de la valeur"
Alors là, c'est ton coeur qui décidera. Moi personnellement, j'adore Trello car c'est comme un grand tableau blanc en ligne avec des petites cartes qui te permettent de bien t'organiser, sujet par sujet. Mais du coup tu peux aussi utiliser un vrai tableau à mettre au dessus de ton bureau ou des outils de to-do lists web plus classiquescomme Google Keep, To-doist ou Wunderlist. 

Étape 2 : Je structure ma to-do list pour rester ultra concentré sur ce qui apporte de la valeur
Alors là, c'est l'instant magie : la structure de ta to-do, c'est vraiment ce qui est le plus important (1000% plus que le choix de l'outil) puisque c'est ce qui va t'obliger à ne choisir que des tâches qui apportent de la valeur.

Je te propose donc découper ta to-do en plusieurs colonnes / cartes / sous-tableaux

Colonne 1 : "l'actu du moment" : tu ne mets là que ce que tu as à faire en ce moment pour faire grandir ton projet et trouver des clients / partenaires. Normalement, tu ne peux pas avoir plus de 3-4 éléments sinon il y a bien trop de choses et donc plus de concentration.

> Colonne 2 : "les prochaines actus" : tu mets là tout ce qui sera important dans les prochains jours pour ton projet, tout ce qui découle de ce que tu es en train de faire actuellement, tout ce qui est en attente et qui doit être repris sous peu (cette colonne sert à améliorer sa capacité à anticiper)

> Colonne 3 : la boîte à idées : là, il peut y avoir 8000 post-its ou plus puisqu'il s'agit du petit salon de thé sympa où tu vas caser toutes les idées que tu as euesmais qui n'apporteraient pas de valeur à ton projet là maintenant. C'est vraiment ton espace kiff et inspiration (il faut aussi laisser parler son imagination !)

Étape 3 : J'apprends à faire des vrais choix
Si tu ne sais pas ce que tu dois faire en premier, ton seul critère est le suivant : quelle est la tâche qui va apporter le plus de valeur à mon entreprise, c'est à dire, quelle est la tâche qui me permet le plus de gagner des clients / utilisateurs ou de développer mon offre ?
 

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Sarah François